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Que proposent les partis politiques ?

Nada Al-Hagrassy , Mercredi, 22 juin 2022

Les partis politiques ont présenté leurs propositions pour le dialogue national. De l’économie à la réforme politique en passant par l’analphabétisme et la lutte contre la pauvreté. Les priorités divergent. Tour d’horizon.

Que proposent les partis politiques ?

Parti Mostaqbal Watan (avenir d’une patrie) : Un nouveau modèle de développement

« Le dialogue national instaure la Nouvelle République », affirme Hossam Al-Kholy, vice-président du parti Mostaqbal Watan, majoritaire au parlement. Il explique que ce dialogue arrive au moment propice. « Le conflit en Ukraine a eu des répercussions très importantes en Egypte et dans le monde entier. C’est pourquoi nous devons discuter pour savoir si les objectifs de la Vision Egypte 2030 doivent être maintenus ou s’il faut les modifier », explique Al-Kholy. D’après lui, il existe d’autres modèles de développement que le modèle occidental. « Nous devons discuter pour savoir si ces modèles sont applicables chez nous et comment. Le dialogue est une opportunité d’aborder ces questions avec des experts de toutes tendances pour aboutir aux meilleurs résultats », conclut-il.

Parti d’Al-Tagammoe (rassemblement) : La démocratie et l’analphabétisme

« Ce dialogue est l’opportunité pour proposer aux discussions le programme que nous avons lancé en 2019 sur la création d’un Etat civil et démocratique », a déclaré Sayed Abdel-Aal, président du parti du Rassemblement. Et d’ajouter: « Nous avons besoin d’un projet culturel qui remplace celui qui est en place depuis plus de trente ans ». Selon lui, la lutte contre l’analphabétisme est de prime importance. « La lutte contre l’analphabétisme est aussi importante que les grands projets nationaux », ajoute Abdel-Aal. Et d’expliquer que le parti tient fermement à discuter des moyens d’unifier le front interne contre toute infiltration pro-sioniste.

Parti nassérien : Relancer le rôle des syndicats

« Notre priorité est de libérer le travail syndical et politique de toute restriction, tout en garantissant la liberté d’opinion et d’expression, surtout la liberté de manifester », explique un communiqué du Parti nassérien. Au niveau de la politique étrangère, le parti veut relancer le concept de non-alignement. Il insiste sur la nécessité de réhabiliter les sociétés publiques plutôt que de les privatiser étant donné que ces sociétés « appartiennent au peuple ». Le parti a émis une condition pour garantir la réussite du dialogue national, à savoir la neutralité de la presse et des médias en transmettant les discussions sans parti pris.

Parti Al-Adl (justice) : Changer les lois qui régissent les partis

« L’appel au dialogue national marque la fin de la période du terrorisme et du chaos et l’avènement de la Nouvelle République », souligne le député Abdel-Moneim Imam, chef du parti et sous-secrétaire de la commission du budget au parlement. Le parti propose six axes de discussion, à savoir la réforme politique, la réforme juridique, la réforme sociale, l’environnement, la réforme administrative et la réforme culturelle. Mais c’est la réforme politique et juridique qui figure à la tête des priorités du parti. « Nous voulons la promulgation de nouvelles lois qui régissent le travail des partis politiques et les élections. Nous sommes favorables à une modification du code des procédures pénales. Il faut trouver des alternatives à la détention provisoire. Nous voulons également une loi sur les municipalités », explique Abdel-Moneim Imam.

Parti Al-Masréyine Al-Ahrar (Egyptiens libres) : Diffuser la culture partisane

Le parti propose 6 axes de discussions (politique, économique, social, culturel, éducatif et sportif) à aborder dans le cadre du dialogue national. « Nous devons d’abord déterminer les défis puis apporter des solutions et des propositions », indique Essam Khalil, président du parti, qui a refusé de poser des conditions pour participer au dialogue. Il donne un exemple : « La réforme politique commence par la diffusion de la culture partisane parmi les citoyens. Il n’y a pas de culture politique au sein des partis ».

Parti Iradet Guil (volonté  d’une génération) :  Modifier les lois électorales

Tayseer Matar, chef du parti, a déclaré que sa vision comprenait 3 axes principaux, à savoir un axe économique, qui comprend des solutions pour améliorer la vie des Egyptiens, un axe social pour résoudre certains problèmes sociaux, il comprend notamment la promulgation d’une nouvelle loi sur le statut personnel. Et enfin, l’axe politique qui prévoit notamment la modification des lois sur les partis politiques et les élections. « Le dialogue national a créé une effervescence politique, il ne se limite pas aux partis, mais est ouvert à tous les Egyptiens », affirme Matar.

Parti Al-Mötamar (congrès) : Réforme politique et santé

Magdy Morched, chef par intérim du Parti du congrès, a déclaré que le parti accueillait très favorablement l’appel du président Abdel-Fattah Al-Sissi au dialogue national. « Le dossier politique est le premier de nos préoccupations. Nous nous intéressons aussi à la santé et nous avons une vision complète pour développer le système de santé. Nous avons aussi des propositions dans des domaines comme l’éducation, les jeunes et la femme. Une étude a été faite pour chaque dossier pour déterminer le coût de la réforme et les moyens de l’appliquer », a annoncé Morched.

Parti Homat Watan  (protecteurs de la patrie) :  Redresser l’économie  

Le parti s’intéresse à l’économie, notamment l’agriculture, l’industrie et la sécurité alimentaire. Le parti propose une politique agricole pour l’Etat égyptien, des incitations pour les agriculteurs et certaines modifications législatives, notamment la modification du code des procédures pénales, selon le porte-parole du parti.

Parti Al-Guil (génération) :  Le développement  des entreprises publiques

Le parti a présenté les axes politiques, économiques, sociaux et culturels qu’il propose d’inscrire à l’ordre du jour du dialogue national. Ils tournent autour de la politique partisane en Egypte et les élections municipales. Le parti propose également un plan de soutien à l’industrie nationale, le développement des entreprises du secteur public et aussi des mesures économiques pour stimuler l’investissement et relancer l’économie. Des solutions sont également proposées pour affronter l’inflation et le monopole et pour contrôler les marchés, a annoncé Nagi Al-Shehaby, président du parti.

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