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Vers un développement sans émissions

Racha Darwich , Mercredi, 01 juin 2022

Lancée à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, la stratégie nationale des changements climatiques (Egypte 2050) repose sur deux axes: réduire les émissions de gaz à effet de serre et s’adapter aux changements climatiques. Focus.

Des énergies propres

Des énergies propres

L’énergie est le secteur qui contribue le plus à l’émission des gaz à effet de serre. En 2018, il était responsable de 64,5% des émissions. Raison pour laquelle l’Etat a lancé un plan ambitieux pour introduire les énergies renouvelables et alternatives dans la production de l’électricité. Alors que leur contribution était de 4,4% seulement en 2019-2020, l’objectif est d’atteindre 42% en 2035 grâce aux stations de génération électrique qui fonctionnent aux énergies éolienne, solaire et hydraulique, et grâce à l’hydrogène vert et bleu et à l’introduction de l’énergie nucléaire. Dans ce contexte, le Fonds souverain égyptien pour l’investissement et le développement investit dans des projets verts, notamment la production de l’hydrogène et de l’ammoniac vert en coopération avec des compagnies mondiales spécialisées. Le premier projet de production de l’hydrogène vert devrait être inauguré pendant la COP27. Son coût: 5 milliards de dollars. Il s’agit également d’utiliser des combustibles à faible émission de carbone comme le gaz naturel. Grâce à l’excédent réalisé par l’Egypte dans la production du gaz naturel ces dernières années, l’utilisation du gaz dans les stations de génération de l’électricité a atteint 94,1% en 2019-2020. Sans oublier l’élargissement dans la production des carburants organiques en tant qu’alternative aux carburants fossiles, notamment dans la construction des villes intelligentes.

Des transports à faible émission

Au cours des dernières années, l’Egypte a lancé un plan ambitieux pour améliorer le réseau routier pour réduire les embouteillages et la consommation de carburant, par conséquent, les émissions de gaz à effet de serre. L’Etat a également élargi le réseau des transports en commun fonctionnant à l’électricité qui inclut notamment le métro et le train électrique. Dans ce contexte, le Fonds souverain d’Egypte pour l’investissement et le développement s’est lancé dans la fabrication de wagons de train, afin de développer le réseau ferroviaire de transport des marchandises et d’augmenter sa capacité, afin qu’il soit une alternative aux camions.

Par ailleurs, l’Egypte a réalisé en 2021 un énorme progrès dans la conversion des véhicules au gaz naturel. 66000 véhicules ont été convertis au gaz naturel l’année dernière, avec une augmentation de 71% par rapport à 2020. Le nombre total de véhicules convertis s’élève à 405000 véhicules. Les chiffres du ministère du Pétrole ont dévoilé que le nombre de stations de gaz naturel pour véhicules s’élevait à 530 stations fin 2021 avec des ventes mensuelles de 72 millions de m3 contre 52 millions en 2020, soit une hausse de 38 %.

Adaptation aux changements climatiques

Pour bâtir la résilience et la capacité d’adaptation aux changements climatiques et réduire les effets néfastes des changements climatiques, la stratégie nationale du climat a déterminé une série d’objectifs. Il s’agit de protéger les citoyens contre les effets néfastes des changements climatiques sur la santé en élaborant une carte des maladies liées aux changements climatiques et en formant des équipes médicales pour présenter les soins nécessaires aux personnes exposées aux dangers de ces maladies comme les coups de soleil. La stratégie envisage également de réduire les préjudices qu’encourent le patrimoine historique et culturel et les systèmes écologiques, notamment les réserves naturelles en les préservant des effets climatiques. Elle vise aussi à préserver les ressources de l’Etat contre les effets des changements climatiques, car les ressources naturelles sont l’un des fondements du développement durable et la source de la nourriture et des matières premières nécessaires à l’industrie.

Par ailleurs, la stratégie vise à mettre en place une infrastructure et des services résilients face aux changements climatiques, notamment la hausse des niveaux de la mer et des températures ainsi que les pluies et les inondations. Elle vise de même à préserver et à augmenter les espaces verts et les arbres qui contribuent à l’absorption du CO2 et à la réduction de la température. Enfin, la stratégie a mis l’accent sur l’importance de mettre en exécution les notions de réduction des risques liés aux catastrophes. Etre prêt à affronter les risques éventuels des changements climatiques est l’un des facteurs permettant de réduire leur impact. Raison pour laquelle il est important de mettre en place des systèmes d’alerte précoce, comme le satellite SPNEX qui doit être lancé fin 2023.

SPNEX, un satellite égyptien pour surveiller les changements climatiques

L’Agence spatiale égyptienne met actuellement en oeuvre un projet de satellite dont le lancement est prévu fin 2023. Une présentation détaillée du satellite SPNEX sera faite en novembre prochain pendant la COP27. Le satellite vise à mesurer les propriétés du plasma dans l’ionosphère, afin de surveiller les effets du changement climatique et atténuer ses effets négatifs, vu le rôle-clé de la technologie spatiale dans la lutte contre ces changements. Le satellite sera entièrement fabriqué par des entreprises égyptiennes de renom dans ce domaine, comme Benha Electronics Manufacturing Company et The Arab International Optics Company.

Selon le superviseur du projet à l’Agence spatiale égyptienne, Dr Ayman Mahmoud: « Ce satellite vise à améliorer la précision du modèle qui servait au plasma dans l’ionosphère, qui ont une importance majeure dans la météorologie spatiale et les changements climatiques ».

Le principe des 4 R

L’Egypte encourage l’adoption du principe des 4R, qui consiste à réduire, réutiliser, recycler et repenser les déchets organiques et agricoles. C’est ainsi que le ministère du Pétrole construit actuellement une usine de panneaux en fibres de moyenne densité (MDF) à partir de la paille de riz avec des investissements de 5,5 milliards de dollars et une capacité de production de 205000 m3, alors que l’incinération de la paille de riz représente un défi écologique majeur tous les ans durant la saison de la récolte du riz.

Dans ce même contexte, la stratégie encourage les politiques qui consistent à soutenir la réduction des déchets à la source comme la réduction du plastique à usage unique et l’utilisation d’emballages moins polluants ou recyclables. Le ministère de l’Environnement a lancé en avril dernier l’initiative «  Non aux sacs en plastique » à Alexandrie qui vise à déclarer le gouvernorat d’Alexandrie exempt de sacs en plastique dans un délai déterminé.

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