Escales > Escales >

Aider les personnes souffrant d’un handicap

Mercredi, 13 avril 2022

Comment traiter les personnes ayant un handicap mental? Comment les intégrer dans la société? Et surtout comment les accepter au sein de leurs propres familles? Eléments de réponse.

Aider les personnes souffrant d’un handicap

2018 était l’année consacrée aux handicapés en Egypte. On commence à les prendre en considération en concevant les villes et leur infrastructure et à rehausser leurs pensions de retraite. Bref, l’Etat tente de repenser les droits et le statut de ceux qu’on appelle «  les personnes ayant des besoins spéciaux ».

Pourtant, les personnes souffrant de handicap mental peinent à se faire accepter dans la société, mais surtout dans leurs propres familles. Le constat le plus courant est: « La famille n’accepte pas d’avoir un enfant anormal ». Par conséquent, « on le cache, on le refoule et on ne communique plus avec lui », explique Somaya Mostafa, psychologue à l’hôpital public de la santé psychique à Hélouan, qui a 22 ans d’expérience.

Le résultat est un retrait qui peut mener à un déclin de la santé de l’enfant, ou l’amener à régresser vers une catégorie d’âge inférieure. « L’acceptation » est le mot-clé. C’est l’un des besoins primordiaux après la nourriture et la boisson. « L’important est que l’enfant qui a un handicap mental se sente sécurisé, accepté et aimé inconditionnellement, il a les mêmes besoins, et bien plus, que les autres enfants qui se sentent aimés et qui aiment », avance Somaya Mostafa. Pour elle, il existe deux voies fondamentales: sensibiliser les parents qui sont normalement ignorants du déficit de leur enfant et les intégrer dans des groupes de support psychologique.

Sensibilisation et soutien psychologique

Les parents doivent passer par des séances de sensibilisation importantes. Tout simplement parce que le refus du handicapé mental au sein de la famille mène à une frustration, puis à la violence envers l’enfant. Celui-ci va se replier sur lui-même davantage, deviendra par contagion violent ou sombrera dans des problèmes qui vont au-delà du handicap même, comme la psychose et les hallucinations. Bref, pour sauver l’enfant, il faut prévenir sa famille des conséquences de son délaissement.

Dans les sociétés qui manquent de savoir-faire avec les personnes handicapées, l’aide psychologique offerte à la famille est primordiale. La mère affronte souvent des situations contrariantes, elle peut être intimidée en public en raison du bullying exercé contre les handicapés mentaux en particulier. En Egypte, les efforts de prise en charge incombent à la mère uniquement. Dans un groupe de thérapie de 10 personnes, on trouve 2 pères et 8 mères.

La personne handicapée est souvent victime de la brutalité des autres, en particulier de ses parents. « L’assistant psychologique doit être méticuleux, et s’il voit des traces de violence sur le corps de l’enfant, il doit s’adresser directement à la police au secours des enfants ».

Ouverture versus isolement

Comme tout enfant, la personne handicapée a besoin de jouer et de sortir son énergie. Elle est hostile à l’enfermement et à l’isolement. Que ce soit dans les espaces clos, comme les complexes commerciaux et les grandes surfaces, ou dans les parcs en plein air, il est primordial de leur consacrer des jeux simples comme le trampoline, ou qui motivent la pensée, les différents sens et le mouvement.

L’assistance psychologique se trouve dans les écoles d’éducation spéciale et les ONG, mais aussi dans les centres pour handicapés dans les hôpitaux psychiques publics, auprès des assistants-psychologues et des professeurs assistants dans les écoles.

Des conseils pour communiquer avec l’autre différent

Le respect et l’attention sont nécessaires dans tous les rapports humains, ceux avec les personnes en situation de handicap ne font pas exception à la règle. Voici quelques conseils :

  • Dites bonjour, présentez-vous si c’est la première rencontre.
  • Approchez-vous tranquillement, ne parlez pas trop fort,
  • la plupart des personnes handicapées entendent très bien.
  • Parlez normalement avec le vocabulaire de
  • tous les jours, mais faites attention aux termes blessants.
  • Dites toujours à la personne ce que vous faites ou ce que
  • vous allez faire.
  • Avant de l’aider pour quoi que ce soit, demandez-lui
  • si elle souhaite votre aide.
  • Soyez patient. Ne bousculez pas la personne, même
  • si elle est lente à répondre à vos sollicitations.
  • Soyez attentif. Ecoutez toujours ce que la personne vous dit.
Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique