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Des organisations montrées du doigt

Héba Nasreddine et Chaïmaa Abdel-Hamid, Lundi, 09 septembre 2013

Ces groupes, mouvements, et parfois partis politiques, mènent une lutte à caractère nationaliste, séparatiste ou religieux et sont considérés comme des organisations terroristes, le plus souvent par leur propre pays. Passage en revue.

Le Jihad islamique égyptien (JIE)

Le djihad

Base d’opération : Egypte et bande de Gaza.

Date de création : 1978.

Fondateur : Aymane Al-Zawahri.

Classification : religieux.

Force estimée : compte plusieurs milliers de partisans à l’intérieur et à l’extérieur de l’Egypte.

Objectif : à travers la lutte armée, l’objectif initial de cette organisation armée fut de remplacer le gouvernement égyptien par un califat et d’appliquer la loi islamique, en opposition à « l’empire américain et le gouvernement juif mondial ». L’autre objectif est de lutter pour la souveraineté de la Palestine et la destruction d’Israël. Le mouvement a contribué à la fondation d’Al-Qaëda et a fusionné avec elle.

Classement terroriste : en 2002, l’organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes des Etats-Unis, de l’Onu, de l’Union européenne, du Canada, du Royaume-Uni, de la Russie et du Japon.

Euskadi Ta Askatasuna (ETA)

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Base d’opération : Pays basque sud, en Espagne.

Date de création : 31 juillet 1959.

Fondateur : de jeunes nationalistes : Eneko Irigaray, Inaki Lopez, José Luis Emparanza « Txillardegi », Manuel Agirre, Julen Madariaga et Patxi Iturrioz.

Classification : un groupe séparatiste, révolutionnaire d’inspi­ration marxiste.

Force estimée : environ un millier (dont 750 prisonniers).

Objectif : création d’un Etat basque (Euskal Herria) socialiste et indépendant.

Classement terroriste : le groupe est inscrit comme organi­sation criminelle par les autori­tés espagnoles en 2005, et placé sur la liste officielle des organi­sations terroristes du Canada, aux Etats-Unis, en France et au Royaume-Uni, et il reste jusqu’en 2009 sur celle de l’Union européenne, mais n’ap­paraît plus en 2010, après avoir annoncé un cessez-le-feu. En 2011, l’ETA annonce la fin défi­nitive de son action armée au pays basque.

Batasuna (unité). Le mouvement séparatiste Basque

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Base d’opération : en pays basque français ainsi qu’en Espagne et en Navarre.

Date de création : 2001, il annonce sa dissolution en janvier 2013.

Fondateur : formé après la dissolution du mouvement Herri Batasuna, les membres sortants de ce dernier ont formé Bastuna, qui a fusionné avec plusieurs groupes basques.

Classification : séparatiste, nationaliste.

Force estimée : indéfinie.

Objectif : très proche de l’ETA espa­gnole. Le mou­vement français a pris en main une lutte terro­riste, sur fond anticapitaliste et nationaliste. Plusieurs atten­tats et assassinats sont commis par Batasuna. Son principal objectif est la constitution d’un Etat socialiste basque.

Classement terroriste : Batasuna est classé sur la liste des organisations terroristes de l’UE à partir de 2003 et jusqu’en 2009. Il est aussi interdit en Espagne en 2003 pour ses rela­tions avec l’ETA.

Ansar Al-Charia (les partisans de la charia)

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Base d’opération : Tunisie.

Date de création : avril 2011.

Fondateur : Seifallah Ben Hussein, connu sous le nom d’Abou-Ayadh, vétéran d’Al-Qaëda en Afghanistan.

Classification : religieux, groupe islamiste, salafiste radical.

Force estimée : environ 100 000 partisans, répartis en groupus­cules armés indépendants.

Objectif : la mise en oeuvre de la charia, le rétablissement du califat et l’islamisation des sec­teurs des médias, de l’éducation, du tourisme et du commerce. Le groupe fait aussi campagne pour la libération des prisonniers isla­mistes, tels Omar Abdel-Rahmane et Abou-Qatada. Le même nom, Ansar Al-Charia, est utilisé par des groupes djiha­distes créés après le Printemps arabe, notamment en Egypte (novembre 2011), au Yémen (avril 2011) et en Libye (mai 2012).

Classement terroriste : en août 2013, le chef du gouvernement tunisien, Ali Larayedh, classe le mouvement comme organisation terroriste pour son implication dans les assassinats des leaders de la gauche et des opposants politiques comme Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, et dans l’attaque de plusieurs postes de police et camps militaires, et contre l’ambassade américaine à Tunis en septembre 2012, ainsi que par ses liens avec Al-Qaëda au Maghreb.

Boko Haram (l’éducation occidentale est un péché)

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Base d’opération : Nigeria, dans l’Etat de Borno, au nord.

Date de création : 2002.

Fondateur : Mohamed Yussouf.

Classification : parti religieux, islamiste.

Force estimée : indéfinie.

Objectif : prô­nant un islam radi­cal et rigoriste, l’idéologie du mouvement s’ins­pire des talibans d’Afghanistan, rejetant la moder­nité et cherchant à faire appliquer strictement la cha­ria et instaurer un Etat islamique sur l’ensemble du Nigeria.

Classement terroriste : en 2009, le président nigérian, Goodluck Jonathan, inscrit sur la liste des organisations terro­ristes Boko Haram après une série de violences commises par ses membres à l’encontre du gouvernement, des chrétiens et de la population musulmane des régions où il est implanté, ainsi que pour ses liens avec Al-Qaëda au Maghreb isla­mique.

Parti communiste d’Inde (maoïste)

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Base d’opération : les Etats indiens de l’Orissa, Jharkhand, Bihar et les régions du Bengale occidental. Il a également une présence au Népal.

Date de création : 2004.

Fondateur : il s’agit d’une fusion entre les mouvements rebelles People’s War Group et People’s Liberation Guerilla Army du Maoist Communist Center.

Classification : mouvement communiste.

Force estimée : plus de 30 000 combattants.

Objectif : selon le Parti, l’Inde est un pays semi-colo­nial semi-féodal, et il est nécessaire d’y mener une révolu­tion démocratique. Son objectif décla­ré est de mener la lutte armée et de défendre les pay­sans sans terre ainsi que les tribus contre les grands propriétaires terriens et les sociétés minières. Auteur de plu­sieurs attentats, il se veut le défenseur d’un Etat de droit plus juste.

Classement terroriste : en 2009, il est déclaré mouvement terroriste par le gouvernement de New Delhi.

Partiya Karkêren Kurdistan (PKK) (Parti des travailleurs du Kurdistan)

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Base d’opération : Turquie.

Date de création : 27 novembre 1978.

Fondateur : Abdullah Öcalan, surnommé Apo, et Mazlum Dogan.

Classification : parti séparatiste nationaliste kurde, d’inspiration marxiste-léniniste.

Force estimée : environ 7 000 à 8 000 combattants, répartis entre la Turquie et l’Iraq.

Objectif : à sa création, il visait l’indépendance des territoires à population majoritairement kurde se situant dans le sud-est de la Turquie, région constituant une partie du Kurdistan, mais à présent, les revendications du PKK se sont muées en demandes d’autonomie au sein d’un système fédéral, d’amnistie pour les rebelles leur garantis­sant une participation à la vie politique, et la libéra­tion de leur chef Abdullah Öcalan, détenu sur l’île-prison d’Imrali depuis 1999.

Classement terroriste : le parti est considéré en 2008 comme une organisation terroriste par de nombreux pays, dont les Etats-Unis, la Turquie, l’Iran, la Syrie et l’Union européenne. La lutte armée du parti a fait 44 000 morts entre 1984 et septembre 2008.

Hamas, acronyme de « harakat al-muqawama al-islamiya » (mouvement de résistance islamique)

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Base d’opération : Palestine. S’est développé d’abord à Gaza, puis a étendu son activité à la Cisjordanie.

Date de création : 14 décembre 1987.

Fondateur : Cheikh Ahmed Yassin.

Classification : mouvement de résistance.

Force estimée : on ne connaît pas le nombre précis de ses partisans. Le Hamas possède une branche politique qui est le gouvernement du Hamas dans la bande de Gaza, et une branche armée dite les Brigades Ezzeddine Al-Qassam.

Objectif : en finir avec l’occupation israélienne et créer un Etat islamique en Palestine, avec Jérusalem pour capitale.

Classement terroriste : le Hamas est reconnu en tant qu’or­ganisation terroriste par les Etats-Unis (depuis 1997), par le Canada (2002).

L’Union européenne a uniquement classé la branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzeddine Al-Qassam, sur sa liste des organisations terroristes en 2003. L’Australie et le Royaume-Uni ont fait de même.

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