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A l’écoute des jeunes

Racha Darwich, Mardi, 11 janvier 2022

Dans sa 4e édition, le Forum de la jeunesse aborde de nombreux dossiers d’actualité qui représentent des sujets d’intérêt pour les jeunes.

A l’écoute des jeunes
Le forum donne la voix aux jeunes du monde pour discuter des sujets qui les préoccupent.

A l’écoute des jeunes

L’impact du Covid-19 sur les ODD

L’Agenda 2030, adopté par tous les Etats membres des Nations-Unies en 2015, fournit un plan commun pour la paix et la prospérité avec, au fond, les 17 objectifs de développement, visant stimuler la croissance économique, tout en luttant contre le changement climatique. Cependant, selon le rapport sur les objectifs de développement durable 2021, publié par les Nations-Unies, de plus en plus de pays et de communautés reconnaissent la nécessité de redoubler d’efforts pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD). La pandémie a apporté d’immenses défis financiers, en particulier pour les pays en développement, avec une augmentation significative du surendettement. L’impact le plus dangereux pour les jeunes est celui de la scolarisation, qualifiée par le rapport de « catastrophe générationnelle ». 101 millions d’enfants et jeunes sont tombés sous le niveau minimum de maîtrise de la lecture, anéantissant ainsi les acquis en matière d’éducation réalisés au cours des deux dernières décennies.

En Afrique, des défis à relever

Avant l’apparition du Covid-19, le Fonds Monétaire International (FMI) prévoyait que l’Afrique contiendrait 6 des 10 économies à la croissance la plus rapide du monde en 2020, contribuant au développement souhaité du continent. Mais la pandémie a réduit les activités économiques en Afrique subsaharienne de 3,7 % en 2020, la première récession du continent en 25 ans. Selon les estimations de l’Onu, près de 50 millions d’emplois dans les secteurs formel et informel de l’Afrique sont menacés en raison de la pandémie, alors que près de 30 millions d’Africains seraient tombés dans l’extrême pauvreté en 2020 et 39 millions en 2021. Malheureusement, la Banque mondiale prévoit que le continent africain abritera environ 90 % des personnes extrêmement pauvres du monde d’ici 2030, contre 60 % en 2021. Outre la perturbation des chaînes d’approvisionnement des intrants-clés et les restrictions de voyage qui ont empêché la circulation des travailleurs, la Chine, l’investisseur n°1 dans les projets d’infrastructure en Afrique, à cause de la pandémie et de sa crise d’énergie, a réduit d’un tiers ses dépenses à destination du continent africain.

Les jeunes et les changements climatiques

A l’écoute des jeunes
De nombreux ateliers ont précédé le forum.

Le monde compte aujourd’hui la plus grande génération des jeunes de l’histoire. Ils sont 1,8 milliard de jeunes âgés de 10 à 24 ans. Ce sont ces jeunes qui subiront les pires conséquences des changements climatiques. Mais, loin d’être des victimes passives, des jeunes du monde entier ont commencé à se mobiliser comme jamais auparavant. En septembre 2019, plus de 46 millions de jeunes et d’enfants de plus de 150 pays ont mené une grève climatique considérée comme la plus grande manifestation de l’histoire. Leur message est clair : la génération précédente a échoué et ce sont les jeunes qui en paieront le prix. Dans ce contexte, l’Onu organise, depuis 2019, le Sommet de la jeunesse pour le climat qui accueille des jeunes des quatre coins du monde pour exposer leurs idées et faire entendre leur voix aux négociateurs, fonctionnaires et ministres du monde entier. Dans ce même contexte, le Forum mondial de la jeunesse représente une large plateforme pour les jeunes afin d’exprimer leurs idées et inciter la communauté mondiale à s’engager positivement dans la lutte contre les changements climatiques.

Hayah Karima, un exemple inspirant

D’autre part, un atelier a été consacré à l’initiative de Hayah Karima (vie décente). Lancée le 2 janvier 2019, l’initiative vise plus de 29 000 bourgs dans 20 gouvernorats. Près de 58 millions d’Egyptiens en bénéficieront. Elle a pour objectif de réaliser le développement durable dans le monde rural, via la construction et le développement des infrastructures, la réhabilitation et le revêtement des canaux ainsi que l’amélioration du réseau routier menant aux villages et aux gouvernorats pour quelque 4 658 villages. Ces efforts ont effectivement commencé à porter leurs fruits : fin de 2019, les taux de pauvreté à l’échelle nationale ont diminué pour la première fois depuis 1999/2000, enregistrant près de 29,7 %, contre un chiffre record de 32,5 % au cours des années précédentes. L’initiative vise à alléger le fardeau des citoyens en situation de précarité dans les milieux ruraux et dans les zones informelles en milieu urbain. Elle se base sur l’exécution d’un ensemble de services et de projets de développement à même d’assurer une vie décente à ces catégories et d’améliorer leurs conditions de vie. Elle vise également un développement global des communautés rurales les plus nécessiteuses afin d’éradiquer la pauvreté multidimensionnelle, d’élever le niveau social, économique et environnemental des familles cibles, et de créer des emplois pour renforcer l’indépendance des citoyens et les motiver à améliorer le niveau de vie de leurs familles et de leurs communautés.

La transformation numérique, outil de développement

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La transformation numérique est l’un des thèmes dominants du forum. En effet, la numérisation permet une meilleure connexion des marchés sur les niveaux continental et international. La Banque mondiale estime que le transfert numérique, quand il est correctement appliqué, permet de booster la croissance économique de 2 % par an et de réduire le taux de pauvreté de 1 % par an, surtout dans les pays les plus pauvres. Dans ce contexte, le continent africain a réalisé de grands pas sur la voie du transfert numérique. Le taux des jeunes usagers de l’Internet est de 41 % de la totalité des habitants du continent, avec une hausse remarquable du nombre de portables connectés à Internet et, par conséquent, des comptes sur les réseaux sociaux. De plus, quelque 200 millions de personnes ont fait leur entrée sur le marché numérique, selon la commission économique des Nations-Unies pour l’Afrique.

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