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Metaverse : La cybersécurité, un enjeu d’aujourd’hui et de demain

Racha Darwich, Lundi, 03 janvier 2022

Avec l’utilisation accrue du numérique et l’apparition de nouvelles technologies comme le Metaverse, la cybersécurité s’impose comme une urgence. L’Egypte peaufine sa stratégie en la matière.

 La cybersécurité, un enjeu d’aujourd’hui et de demain
Avec le Metaverse, des questions se posent sur la condentialité des données.

Pour le moment, le Metaverse n’est encore qu’un mot à la mode, mais le concept évolue rapidement. Cependant, ce monde digital où les gens peuvent se connecter en ligne de manière nouvelle ouvre de larges espaces à la cybercriminalité. Selon les experts, l’énorme volume des données échangées sur le Metaverse représente un énorme défi pour la cybersécurité. A l’avenir, les développeurs non seulement doivent apprendre à coder, mais ils doivent également rester conscients de l’importance des mesures de cybersécurité lorsqu’ils créent de nouvelles applications.

C’est ainsi que la cybersécurité, qui vise à assurer la disponibilité et la continuité du fonctionnement des systèmes d’informations, à assurer la protection et la confidentialité des données personnelles et à protéger les citoyens contre les cyberattaques dans le cyberespace, devient plus que jamais une nécessité. Dans ce contexte, le ministère égyptien des Télécommunications et de la Technologie de l’information s’apprête à lancer la nouvelle stratégie nationale de la cybersécurité (2022- 2026) alors que la stratégie précédente (2017- 2021) prend fin. Selon le site officiel du ministère, la cybersécurité comprend la sécurité des informations sur les appareils et les réseaux informatiques, y compris les processus et mécanismes par lesquels le matériel informatique, l’information et les services sont protégés contre toute interférence, modification ou destruction intentionnées.

En fait, l’Egypte s’est lancée dans le domaine de la cybersécurité dès 2009, avec la création du Centre égyptien pour les urgences des ordinateurs qui présente un soutien technique 24h/24 pour la protection de l’infrastructure des informations. Dès 2012, le centre a commencé à présenter ses services au secteur bancaire et aux organismes gouvernementaux pour les aider à faire face à toute cyberattaque. Le centre assure ainsi un mécanisme d’alerte rapide contre les logiciels malveillants, les virus et les hacks électroniques. Puis en 2014 a été formé le Haut conseil de la cybersécurité dans l’objectif de protéger les informations et les données des différents ministères et organismes étatiques, d’assurer les fonds nécessaires à la mise en oeuvre des systèmes de cybersécurité, tout en élaborant le cadre législatif nécessaire à leur application.

Présidé par le ministre des Télécommunications, il comprend des représentants des différents ministères, ainsi que du service de renseignements et de la Banque Centrale d’Egypte (BCE). En janvier 2016 a rejoint le conseil un représentant de la présidence de la République, afin d’élaborer une stratégie nationale de lutte contre les cybermenaces et superviser son application.

C’est ainsi qu’a vu le jour la première stratégie nationale de la cybersécurité (2017-2021), qui oblige tous les organismes de l’Etat à exécuter les décisions et recommandations du Haut conseil de la cybersécurité. « L’élaboration de la stratégie nationale de la cybersécurité (2017-2021) a eu un impact relativement important sur la préparation de l’atmosphère législative et technique et la formation des éléments humains conformément à un plan déterminé pour améliorer les compétences de l’Etat dans la protection des informations de tous les secteurs.

Deux lois importantes ont été adoptées au cours de cette période : la loi sur la lutte contre les crimes de la technologie informatique et celle de la protection des données personnelles, dont le statut exécutif doit être bientôt publié », explique Hassanein Tawfiq, membre de la commission de l’enseignement et des télécommunications au Sénat. Selon le ministre des Télécommunications et de la Technologie de l’information, Dr Amr Talaat, la cybersécurité est devenue un élément fondamental dans la construction de l’Egypte numérique. « Dans le cadre de l’exécution des projets de l’Egypte numérique et des efforts déployés pour développer l’infrastructure des télécommunications et améliorer la performance d’Internet, le ministère accorde un intérêt particulier à la sécurisation des données conformément à la stratégie nationale de la cybersécurité », précise-t-il. Dans ce même contexte, le ministère a lancé en octobre dernier, dans le cadre du mois de la sensibilisation à la cybersécurité, une campagne de large envergure visant à informer le public de l’importance de la cybersécurité. 2e danger mondial après le changement climatique

C’est ainsi que l’Egypte occupe le 23e rang (sur 182) avec une note de 95,45/100 dans le classement de l’Indice global de cybersécurité (Global Cybersecurity Index, GCI 2020), publié par l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), alors que les Etats- Unis ont chapeauté le classement avec 100/100 suivis par le Royaume-Uni et l’Arabie saoudite qui se partagent la deuxième place. Cet indice a été lancé pour la première fois en 2015 pour mesurer l’engagement de 193 Etats membres de l’UIT et la Palestine en matière de cybersécurité, les aider à identifier les lacunes et les domaines d’amélioration et les encourager à agir. Il évalue 5 piliers de la cybersécurité dans chaque pays, à savoir les mesures légales, les mesures techniques, les mesures organisationnelles, les mesures de renforcement des capacités et les mesures de coopération. Selon le ministre, la pandémie de Covid-19 a constitué un tournant majeur sur la carte des relations humaines.

« La technologie informatique est devenue la pierre angulaire dans la gestion des affaires et dans la vie de tous les jours. Cela a nettement augmenté l’intérêt des citoyens pour les transactions électroniques, ce qui a fait croître les taux d’utilisation des services digitaux », précise Dr Amr Talaat.

Mais avec l’accélération du transfert mondial vers l’économie digitale où les transactions, les chaînes d’approvisionnement, ainsi que les services présentés aux citoyens par les différents organismes et ministères sont digitalisés, les cyberattaques deviennent une menace pour le monde entier. En effet, le Rapport sur les risques mondiaux 2020 du Forum Economique Mondial (FEM) place au deuxième rang, derrière les changements climatiques, les cyberattaques en tant que danger majeur menaçant l’économie mondiale au cours de la prochaine décennie, surtout que l’économie mondiale assume des pertes atteignant près de 2,9 millions de dollars par minute à cause de la cybercriminalité.

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