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Esna brille à nouveau

Dalia Farouq, Lundi, 20 septembre 2021

Plusieurs monuments viennent d’être inaugurés à Esna en Haute-Egypte dans le cadre d’un projet de restauration des vestiges de cette ville historique. Dossier.

Esna brille à nouveau

Située à environ 55 km au sud de Louqsor, la ville d’Esna en Haute-Egypte est revenue sur le devant de la scène grâce à la restauration de plusieurs monuments importants. Parmi ceux-ci : le temple de Khnoum ou « temple d’Esna », le caravansérail ou Wékalet Al-Guédaoui, la mosquée d’Al-Omari et l’ancien marché. En fait, cette ville, située sur la rive ouest du Nil, était un site touristique prestigieux fréquenté par les touristes lors de leurs séjours en Haute-Egypte, et une station importante des croisières le long du Nil. Au cours des dernières années, et à cause de la dégradation des monuments, Esna était absente des programmes de tourisme culturel en Egypte. Selon Sarwat Agami, président de la Chambre du tourisme de Louqsor, Esna a beaucoup souffert de la négligence et a perdu sa capacité à attirer les touristes pendant plus d’une décennie. « Auparavant, les tour-opérateurs étrangers demandaient à ce que la ville d’Esna soit incluse au programme des croisières entre Louqsor et Assouan, mais depuis plus de 10 ans, ils demandent à ce qu’elle en soit exclue à cause de l’état déplorable de ses monuments », se lamente Agami. Il ajoute que l’absence des touristes d’Esna a beaucoup affecté les ressources de la ville, et a eu un impact négatif sur les revenus des habitants dont la plupart travaille dans le domaine du tourisme. « Dans le temps, lorsque les croisières s’arrêtaient à Esna, les touristes y passaient une demie journée, visitaient les monuments et achetaient des produits artisanaux traditionnels dans les bazars ou l’ancien marché », se souvient le président de la Chambre du tourisme à Louqsor. Et d’ajouter qu’il est temps de faire la promotion de la ville auprès des tour-opérateurs à l’étranger pour inclure Esna à nouveau au programme des croisières, surtout après la fin des travaux de restauration qui ont eu lieu dans la ville.

Une rénovation nécessaire

Selon Hicham Samir, adjoint du ministre du Tourisme et des Antiquités pour les projets, le ministère a entamé un grand projet de restauration et d’aménagement des monuments de la ville d’Esna en 2018. On a commencé par les travaux de conservation et de documentation du temple d’Esna, l’un des plus importants temples égyptiens antiques encore debout en Egypte. « Ces travaux ont consisté à enlever les couches de suie et les déchets des oiseaux et des chauves-souris qui s’accumulaient depuis des années sur le toit du temple et aussi de nettoyer, restaurer et documenter les inscriptions. Les travaux ont permis également d’éliminer les sels accumulés sur les parois et les colonnes, afin que les couleurs originales des inscriptions et les magnifiques scènes d’astronomie gravées sur le plafond et les colonnes soient visibles », explique Samir. Et d’ajouter que les travaux se poursuivent pour faire ressortir les inscriptions et les scènes et redonner au temple sa beauté d’antan.

Outre le temple d’Esna, des travaux de consolidation ont été effectués à Wékalet Al-Guédaoui, notamment les colonnes et les murs. Les éléments architecturaux ont été minutieusement restaurés, comme les portes et les fenêtres ainsi que la façade (voir encadré).

Esna brille à nouveau
Les croisières s’arrêtent à nouveau devant le temple de Khnoum à Esna.

Le développement de la ville d’Esna comprenait également l’aménagement de la rue où se trouve le marché ottoman d’Al-Quessariya. Situé au sud du temple d’Esna, ce marché a été repavé avec des éléments adaptés à l’environnement. Il s’agit, en fait, d’un marché traditionnel couvert construit il y a plus d’un siècle. Connu pour la vente des tissus, des instruments de couture, Al-Quessariya est l’une des caractéristiques les plus importantes de la ville d’Esna. Dans le même contexte, la presse à huile d’Esna a été aménagée et réhabilitée. C’est la plus ancienne presse à huile d’Egypte, puisqu’elle remonte à plus de 200 ans. A noter que le minaret de la mosquée d’Al-Omari avait été précédemment restauré. Celui-ci est la seule partie restante de la mosquée historique construite entre les années 474 et 476 de l’hégire par Badreddine Al-Gamali, et qui est la première mosquée construite à Esna à l’époque fatimide. La mosquée s’est effondrée et a été reconstruite dans les années 1960 dans un style moderne.

« Le projet de restauration des monuments d’Esna incarne non seulement la volonté du ministère de préserver le patrimoine archéologique égyptien, mais aussi son désir de revitaliser le potentiel touristique d’Esna et de créer des opportunités d’emploi pour les habitants de la ville », a expliqué Khaled El-Enany, ministre du Tourisme et des Antiquités, lors de l’inauguration du projet. Avec l’aménagement des monuments d’Esna, les touristes pourront admirer à nouveau les maisons du XIXe siècle de la ville qui sont reliées à l’ancien marché ottoman d’Al-Quessariya. Ils pourront visiter le temple romain de la ville, la mosquée d’Al-Omari et Wékalet Al-Guédaoui.

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