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Face au Covid-19, le rôle crucial de la société civile

Racha Darwich, Mardi, 13 avril 2021

La troisième session de la conférence a été axée sur la contribution de la société civile à la lutte contre le Covid-19. De nouvelles initiatives ont été proposées par les ONG pour soutenir les efforts de l’Etat face à la pandémie.

Face au Covid-19, le rôle crucial de la société civile

« La solidarité comme pierre angulaire », tel est le thème de la troisième session de la conférence qui était axée autour du rôle joué par les organisations de la société civile pour faire face à la pandémie. La session a été modérée par Dr Noha Bakr, membre du haut comité consultatif, avec la participation de la ministre de la Solidarité sociale, Névine Qabbag, du directeur du centre, Dr Khaled Okacha, et de plusieurs ONG comme la fondation Sawirès, le Croissant-Rouge égyptien, Misr Al-Kheir et Haya Karima. « La société civile est un partenaire fidèle pour lequel j’éprouve une grande estime. La charte exécutive de la loi sur les ONG prédit une nouvelle ère et un progrès qualitatif pour la société civile en Egypte, reformant la relation de façon plus mature entre l’Etat et la société civile », a souligné la ministre Névine Qabbag. Et d’ajouter : « La loi sur les ONG était sujette à des différends. Mais le président de la République a émis ses instructions pour revoir la loi. C’est ainsi que la nouvelle loi, qui est le fruit d’une action collective, se caractérise par la pensée conjointe, et son article n° 75 stipule la liberté de la pratique de l’action civile ». En effet, selon la ministre, la nouvelle loi a apporté plusieurs acquis de manière rapide, comme le transfert digital, l’absence d’articles restreignant les libertés, la rapidité des acceptations qui est le droit d’obtenir la personnalité morale par notification en présentant les papiers requis alors que l’organisme administratif a le droit d’objection dans un délai de 60 journées de travail.

De plus, cela renforce les valeurs de la démocratie et de la participation ainsi que la contribution des étrangers dans les ONG en élevant leur part à 25 %. « Dans le contexte de la transformation numérique que connaît le pays, la société civile témoigne d’un essor. Les ONG sont beaucoup plus matures qu’auparavant. Elles présentent désormais une forme de développement puissante et ancrée, étant capables de s’autofinancer en grande partie. Il s’agit de la notion de développement avenir que nous apprenions dans les livres d’économie du Dr Galal Amin depuis des années », a souligné Qabbag, avant d’ajouter que la promulgation de cette nouvelle loi en janvier 2019 « leur a permis de jouer un rôle important dans la pandémie de coronavirus ». Le directeur du centre, Khaled Okacha, a souligné dans son allocution combien le rôle des organisations de la société civile a été remarquable au cours de cette période en disant : « Le rôle de la société civile dans la pandémie de coronavirus a été impressionnant. Grâce à ce rôle, les organisations de la société civile se sont réservées un rôle important dans le monde de l’après-pandémie partant de la vision patriotique et humanitaire cristallisée par leurs efforts ».

Plusieurs initiatives

Au cours de cette 3e session, les représentants des ONG ont présenté leurs campagnes effectuées sur le terrain visant à contrer les effets de la pandémie et les contributions concrètes à plusieurs niveaux, que ce soit unilatéralement ou en coopération avec le gouvernement. La fondation Sawirès pour le développement social, créée en 2001, a précisé au cours de la session qu’elle avait lancé les campagnes « Rassure-toi, nous sommes avec toi » et la campagne « Les 100 millions », pour soutenir les efforts de l’Etat face au Covid-19. Dans le cadre de cette campagne, la fondation a présenté un soutien de 120 millions de L.E. à 15 organismes et plus de 200 000 familles dans tous les gouvernorats sous forme de soutien financier, de cartons alimentaires, d’équipements de prévention et d’offres d’emploi, notamment aux familles dans les régions pauvres. La fondation a également apporté son soutien aux efforts du ministère de la Santé en participant à l’équipement des hôpitaux d’isolement.

Quant au Croissant-Rouge égyptien, la plus ancienne association nationale travaillant dans le domaine des catastrophes depuis 1911, il a effectué de larges campagnes de désinfection, dont la plus grande a été celle de la gare d’Egypte d’une superficie de 6 000 m2 avec plus de 312 wagons. Le Croissant-Rouge a également lancé des campagnes de sensibilisation via ses plateformes électroniques pour apprendre au public les gestes barrières, ainsi que les moyens d’utiliser les outils de stérilisation. Le Croissant-Rouge a consacré deux bâtiments entiers aux hôpitaux d’isolement, l’un dans le gouvernorat de Charqiya et l’autre à Ismaïliya. De même, il a créé « la clinique virtuelle » pour présenter des services médicaux à distance. « La stratégie du volontariat a été modifiée au cours de la pandémie, en optant pour le volontariat via les sites électroniques sans avoir besoin de venir au siège de l’association. C’est ainsi que l’association a réussi à attirer plus de 5 000 volontaires en ligne qui ont été formés pour présenter des consultations relatives à la protection, la sécurité et l’alimentation en période d’urgence », a précisé Dr Rami Al-Nazer, directeur exécutif de l’association du Croissant-Rouge égyptien.

Par ailleurs, la fondation Misr Al-Kheir, active en Egypte depuis 2007, a offert aux hôpitaux d’isolement 89 respirateurs d’un coût de 8 millions de dollars. Elle a muni 5 hôpitaux avec 3 500 appareils de détection des anticorps du coronavirus, a apporté son soutien au corps médical de 12 hôpitaux, en leur présentant des équipements de protection d’une valeur de 5 millions de dollars, et a offert des équipements médicaux au ministère de la Santé d’une valeur de 5 millions de dollars en collaboration avec le ministère du Pétrole. « Nous avons travaillé sur la fabrication locale de respirateurs à des coûts réduits. L’appareil est actuellement en cours d’expérience sur le poumon artificiel à l’Université du Caire, avant d’être cliniquement expérimenté pour obtenir une permission du ministère de la Santé », explique Tareq Hassan Mohamad, directeur exécutif du bureau du Grand Caire de la fondation Misr Al-Kheir.

Haya Karima, plus qu’une idée

« Ce sont les jeunes du programme présidentiel qui ont songé à l’expérience Haya Karima (vie décente) pour toute la société égyptienne. Puis l’idée a évolué pour devenir une institution. Par la suite, la présidence égyptienne a adoptée l’idée grâce à son ingéniosité et son essence humanitaire pour que l’idée de Haya Karima se transforme en un effort institutionnel de l’Etat et qu’elle devienne une force motrice plus institutionnelle de la part des différents ministères concernés ». C’est en ces termes que Dr Khaled Okacha a expliqué comment est né le projet national Haya Karima. Ce projet a unifié tous les organismes de l’Etat pour opérer un véritable développement de la campagne égyptienne, et un décret ministériel a été promulgué pour la formation d’un comité de facilitation de la part de tous les organismes gouvernementaux concernés. « Notre objectif stratégique (2019-2023) est de présenter des services intégraux à 57,8 % des habitants de l’Egypte, soit 55 millions de bénéficiaires, via le développement de 4 658 villages dans 20 gouvernorats avec un budget de 515 milliards de dollars. Notre objectif est l’intervention humanitaire pour assurer le droit de l’Egyptien à une vie décente grâce aux efforts de jeunes Egyptiens ambitieux », a précisé dans son allocution Nada Kheidr, membre de l’institution. En effet, l’institution a lancé de nombreuses initiatives afin d’assurer la protection sociale aux plus démunis et d’affronter la pauvreté, comme Al-Tassaloh Haya et Hémaya pour soutenir les personnes économiquement affectées par la pandémie dans les gouvernorats frontaliers, ainsi que Rad Al-Gamil dont les bénéficiaires ont atteint 1 773 personnes, et Qettar Al-Kheir qui vise à présenter un soutien à 60 villages de Sohag.

« Si les caractéristiques du monde de l’après-pandémie comprennent tous ces efforts présentés par les institutions de la société civile, nous aurons une société civile puissante et solide capable de soutenir la société dans tous ses besoins », conclut Dr Khaled Okacha, alors que la ministre de la Solidarité sociale n’a pas manqué de louer les efforts de ces institutions en déclarant : « Les organisations civiles soutiennent plus de 35 % des services médicaux de base en République arabe d’Egypte. Elles présentent et continuent à présenter des services louables ».

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