Dossier > Dossier >

L’émancipation de la femme, un atout pour le développement

Amira Samir, Mardi, 16 mars 2021

L’autonomisation économique de la femme est l’une des conditions du développement durable. Combler les disparités hommes-femmes pour reconstruire une économie post-pandémie solide est aujourd’hui un enjeu d’avenir.

L’émancipation de la femme, un atout pour le développement
En Egypte, la femme représente 14,3 % de la main-d’oeuvre active contre 67,4 % pour l’homme.

Tandis que l’Egypte cherche à accélérer la croissance et à réduire la pauvreté, l’autonomisation économique de la femme devient une nécessité pour tirer le maximum de profit de l’énergie productive et innovatrice dont jouit la femme. Il ne s’agit pas uniquement de réaliser l’égalité des sexes mais cette autonomisation est aussi une opportunité économique considérable pour chaque pays. Car la femme représente la moitié de la société. Selon le FMI, accroître la participation des femmes à la population active en facilitant leur accès au marché de l’emploi augmenterait le Produit Intérieur Brut (PIB) d’environ 34 %. L’autonomisation économique des femmes est aussi fondamentale pour la réduction de la pauvreté. Selon l’Onu, les investissements dans l’autonomisation de la femme et l’amélioration de sa contribution au travail pourraient sauver 3,8 millions de personnes de la pauvreté d’ici 2030. En Egypte, la femme représente 14,3 % de la main-d’oeuvre active (plus de 15 ans) contre 67,4 pour l’homme. Le chômage parmi les femmes est de 17,7 %, contre 6 % parmi les hommes, selon les chiffres de l’Agence centrale pour la mobilisation publique et les statistiques (CAPMAS). Alors que le pourcentage des femmes (de plus de 15 ans) qui travaillent est de 11,8 %, contre 63,4 % pour les hommes. Outre les contraintes culturelles et sociales, l’analphabétisme représente pour la plupart des femmes un obstacle à l’autonomisation économique. Selon les données de la Capmas, le taux d’analphabétisme des hommes est de 21,1 % contre 30,8 % pour les femmes en 2017. « L’éducation est considérée comme l’un des facteurs les plus importants liés à l’autonomisation économique des femmes. Grâce à l’éducation, les femmes acquièrent les compétences et les capacités qui leur permettent de participer au marché du travail et à la production, obtenant ainsi un revenu élevé et la capacité d’exercer leur droit de prendre des décisions qui affectent leur vie et celle de leurs familles », explique Alaa Baraneya, chercheuse au département des études féminines et des questions familiales au Centre de la pensée pour les études stratégiques (ECSS).

En fait, ces dernières années, des réformes législatives et institutionnelles visant à renforcer les droits de la femme au travail ont été entreprises. La femme occupe 45 % de la totalité des fonctions gouvernementales, alors que la moyenne mondiale est de 32 %. Au niveau des conseils d’administration, la femme a occupé, en 2018, 10,2 % des postes. Les femmes occupaient, en 2019, 12 % des conseils d’administration des banques et 7,1 % des postes exécutifs, ce dernier chiffre est le plus élevé au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (5,4 %).

Inclusion financière de la femme

Alors que le Covid-19 a entraîné des difficultés et de nombreux défis pour le monde entier, les femmes sont souvent particulièrement touchées. Ainsi, pour reconstruire une économie post-pandémie solide, l’autonomisation des femmes par l’inclusion financière devient ainsi un élément essentiel. « L’autonomisation des femmes signifie l’autonomisation de l’ensemble de la société. La Constitution égyptienne de 2014 a jeté les bases de la non-discrimination et de l’égalité des chances, et nous assistons également à un certain nombre de réformes législatives visant à soutenir l’autonomisation économique des femmes », indique Maya Morsi, présidente du Conseil national de la femme. Et d’ajouter : « L’inclusion financière est au premier plan des priorités du gouvernement, considérée comme un moyen essentiel pour l’autonomisation économique des femmes ».

Afin d’atténuer les répercussions du Covid-19 sur les femmes, le Conseil national de la femme a lancé, à l’occasion de la Journée de la femme, un nouveau projet pour l’autonomisation financière dans les campagnes intitulé « Autonomisation des femmes et inclusion financière et économique en Egypte rurale : réponse au Covid-19 ». Le projet vise à surmonter les obstacles de l’inclusion financière et de l’autonomisation économique des femmes en améliorant et en numérisant une initiative déjà existante, celle des Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC) pour les femmes. Le projet vise à fournir davantage de services financiers à plus de 120 000 femmes dans les gouvernorats de Minya, Béni-Soueif, Assiout et Sohag. Il vise à élargir l’échelle, la durabilité et l’impact des AVEC en tirant parti de la technologie des méthodes de paiement électronique, améliorant ainsi l’accès des femmes aux services financiers. En outre, le projet soutient les petites entreprises dirigées par des femmes dans les zones rurales. Former les femmes à mieux maîtriser le numérique et les finances est également un objectif du projet. « Nous voulons avec ce projet poursuivre les efforts du gouvernement et prendre des mesures énergiques pour surmonter les obstacles qui entravent l’autonomisation économique des femmes, améliorer leur statut et leurs conditions de vie, ainsi que garantir leur protection », conclut Maya Morsi.

Lien court: