Société > Au quotidien >

Mostafa Magdi, le plus jeune conseiller au ministère de l’Education

Manar Attiya, Lundi, 10 juin 2013

Ils sont jeunes, brillants et ont des idées neuves. Décidés à réussir et à faire changer les choses, Nada Youssef, Mostafa Magdi et Karim Alaeddine sont les espoirs de demain. Rencontres.

1

Il est 9h du matin. Mostafa Magdi arrive dans la salle de réunion en costume-cravate, s’assoit près du ministre de l’Education et parcourt des yeux quelques papiers empilés devant lui. Très concentré, il coche d’une croix quelques phrases et note ses suggestions. Elu comme conseiller du ministre, membre du comité supérieur exécutif pour la réforme du système éducatif et membre du département des médias au sein du ministère, Mostafa qui n’a pas atteint l’âge de 16 ans est en 3e année préparatoire.

Un micro à la main, il s’exprime avec aisance entouré de hauts responsables du ministère. Tout le monde l’écoute attentivement. « Le projet de réforme de l’enseignement doit se baser sur la stabilité du budget accordé à l’éducation. Et cela ne peut être réalisé que par le biais d’une banque spécialisée capable de gérer le budget de l’enseignement estimé à 63 milliards de L.E. sur les dix prochaines années. Toute somme supplémentaire sera déposée dans cette banque. Grâce à ce surplus d’argent, on pourra augmenter les salaires des enseignants, améliorer la qualité des manuels scolaires et construire plus d’écoles », suggère Mostafa sous les applaudissements des responsables.

Il poursuit : « L’enseignement joue un rôle fondamental dans le développement de l’être humain, dans sa conduite, sa personnalité, sa relation avec le monde et les autres. L’école ressemble à une usine qui est censée former des générations qui marqueront l’évolution de toute une nation. L’enseignement est donc un aspect auquel il faut porter une grande attention ».

Pour se rendre chaque jour au ministère, Mostafa prend un transport public ou s’y rend à pied car il n’habite pas très loin du ministère. « Il est tellement préoccupé par l’idée de la réforme du système éducatif que j’ai dû accepter qu’il occupe ce poste », affirme sa maman avec fierté.

Un élève pas comme les autres

En tant qu’élève de préparatoire, Mostafa connaît tous les problèmes que rencontrent ses camarades. Sa place en tant que conseiller auprès du ministère est un exploit. Cet adolescent joue le rôle d’intermédiaire entre les preneurs de décision et les jeunes de son âge en transmettant leurs revendications.

2
Photo: Mohamad Mostafa

Pour trouver les solutions adaptées au système éducatif de son pays, Mostafa a parcouru toutes les pages du Net qui parlent des méthodes d’enseignement dans différents pays européens. Il peut rester entre 8 et 12 heures à chercher des informations.

Dans son agenda sont répertoriés les numéros de téléphone de hauts responsables comme Essam Charaf, Abdel-Moneim Aboul-Foutouh, Mohamed ElBaradei. Il se rend dans les universités pour prendre des rendez-vous et s’entretenir avec les enseignants.

« Deux questions préoccupent son esprit : Comment un pays peut-il réussir dans le domaine éducatif ? Comment trouver le bon chemin ? Il a rédigé un rapport qu’il a tenu à présenter à chaque responsable qu’il a eu l’occasion de rencontrer », affirme son père Magdi Kamel.

Pour Mostafa, l’école n’est pas uniquement une institution éducative avec pour but l’acquisition d’un savoir. « C’est aussi l’aspect disciplinaire, la cohésion sociale et le respect qui comptent et vont forger l’individu. Les activités telles que le sport et l’art sont fondamentales également pour l’expression de l’individu ».

Préoccupé par la situation de son pays, Mostafa s’est lancé en politique. Lors des élections présidentielles en juin 2012, il a soutenu Abdel-Moneim Aboul-Foutouh en donnant un coup de main aux membres de sa campagne. Il avait également proposé son projet de réforme du système éducatif à M. Aboul-Foutouh. « Il m’a dit : Si je deviens président, tu seras l’un de mes conseillers. Après la victoire du président Mohamad Morsi, il a tenu à me présenter à l’actuel ministre de l’Education, Ibrahim Ghoneim », explique Mostafa qui n’attache pas beaucoup d’importance à la tendance politique du nouveau président. Pour lui, l’important est de voir son pays avancer et l’éducation représente la pierre angulaire de cette évolution .

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique