Egypte > Egypte >

L'imam d'Al-Azhar sur les chemins de la paix

May Al-Maghrabi, Mardi, 12 septembre 2017

L

Le grand imam d’Al-Azhar, cheikh Ahmad Al-Tayeb, chef du Conseil des sages des musulmans, a été accueilli dimanche 10 septembre par la chancelière allemande, Angela Merkel, à Berlin. La réception a eu lieu dans le cadre de sa participation à la conférence internationale pour la paix tenue en Allemagne, sous le slogan « Les Chemins de la paix ». Les discussions entre Al-Tayeb et Merkel ont porté sur la coopération entre Al-Azhar et l’Allemagne, ainsi que sur la crise des musulmans rohingyas à Myanmar (ex-Birmanie).

Lors de son discours devant un parterre de responsables religieux de tous les pays du monde participant à la conférence, le grand imam a dénoncé l’atrocité des massacres et des violences commis contre les Rohingyas. Il a surtout critiqué l’inertie de la communauté internationale face aux crimes commis contre cette minorité musulmane. Les Rohingyas, une minorité musulmane vivant à Myanmar, un pays majoritairement bouddhiste, sont opprimés depuis des décennies. Ces dernières semaines, l’armée birmane a mené des violences inédites contre le groupe. Elle viole, massacre, torture et expatrie des civils démunis de tout, les plongeant dans une crise humanitaire sans précédent. Alarmée, l’Onu a annoncé, samedi, que 290 000 musulmans rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les troubles à Myanmar.

Le Conseil des sages des musulmans d’Al-Azhar avait tenu en janvier dernier une conférence intitulée « Vers un dialogue humain et civilisé en faveur des citoyens de Myanmar », à laquelle avaient participé les différentes parties au conflit dans ce pays du Sud-Est de l’Asie continentale. Le but était d’ouvrir le dialogue entre toutes les parties du conflit à Myanmar.

« Nous tendons la main à tous ceux qui cherchent la paix, quelle que soit leur religion ou leur race », a dit Al-Tayeb lors de la conférence de la paix en Allemagne, plaidant pour le vivre-ensemble. Il a aussi tenu à souligner que le terrorisme et les conflits armés sanglants sont contraires aux valeurs religieuses et aux idéaux humanitaires. « Le trafic d’armes mondial, ainsi que les décisions parfois disproportionnées des grandes puissances ont contribué à la déstabilisation de la région et à la prolifération du terrorisme », a-t-il estimé.

Mots clés:
Lien court: