Semaine du 22 au 28 septembre 2021 - Numéro 1391
Une collaboration exemplaire
  Depuis plus de vingt ans, des équipes franco-égyptiennes travaillent main dans la main pour mettre au jour et restaurer le patrimoine exceptionnel de la rive ouest de Thèbes. Des efforts récompensés par de nombreuses découvertes. Focus.
Une collaboration exemplaire
Restauration d'un four dans les cuisines du Ramesseum.
Doaa Elhami23-11-2016

Les travaux, conduits par le CNRS, l’Association pour la Sauvegarde du Ramesseum (ASR) et le Centre d’Etudes et de Documentation sur l’Ancienne Egypte (CEDAE/ministère des Antiquités), sont le résultat d’une longue collaboration entre spécialistes égyptiens et français qui, après avoir oeuvré conjointement dans la Vallée des reines, ont concentré leurs efforts sur le Ramesseum en 1991. Les équipes ont procédé à des fouilles, mais aussi à des travaux de restauration, de conservation et de revalorisation du patrimoine. Des quartiers entiers du temple, méconnus jusque-là, ont pu être explorés et identifiés, comme le rappelle Christian Leblanc, directeur de la mission archéologique franco-égyptienne du Ramesseum. « Nous avons eu la chance de pouvoir accéder à une grande partie des annexes du Ramesseum, mais encore fallait-il identifier à quoi servaient tous ces secteurs. Grâce à de minutieuses fouilles effectuées pendant plus de deux décennies, nous avons pu comprendre que l’ensemble de ses dépendances étaient des ateliers, des cuisines et boulangeries, des intendances administratives et même une école. L’ensemble de ces dépendances sont appelées aujourd’hui la maison de vie du Ramesseum ». Tous ces bâtiments ont été non seulement restaurés mais aussi revalorisés. Les relevés architecturaux et iconographiques du temple sont également presque achevés. Peu à peu, le Ramesseum livre ses secrets et surtout permet de mieux comprendre comment fonctionnaient les grandes institutions royales établies sur la rive gauche de Thèbes.

Les dernières recherches

Plus récemment, la mission s’est intéressée à un secteur proche de la première cour du temple. « Après avoir reconstitué le colosse de la reine Touy, la mère de Ramsès II, dont plusieurs fragments gisaient sur le sol, une importante fouille a été menée en vue de retrouver les vestiges du palais royal. L’architecture de ce grand bâtiment, de près de 1 000 m2, était constituée d’une vaste salle de réception puis d’une salle d’audience que le roi occupait lors de ses passages au Ramesseum ». Ce palais de fonction était entouré de plusieurs annexes et d’un corridor qui amenait à des appartements privés situés juste derrière le bâtiment principal. « Cette zone ne peut malheureusement pas être explorée actuellement, car elle a été investie par la population locale », explique le professeur Leblanc. En revanche, le palais royal, à proprement parlé, sera bientôt restauré intégralement.

L’ensemble des fouilles menées dans tous les secteurs du temple ont permis de faire de grandes découvertes. Dans l’école mise au jour, un nombre impressionnant d’ostraca ont été découverts, dont une majorité sont des exercices scolaires. « Dans cette école, on apprenait aux élèves à lire et à écrire, mais il y avait également des cours de dessin et de sculpture », affirme le professeur Leblanc. Le Ramesseum recèle aussi des originalités architecturales exceptionnelles, à l’image de ces longues voies de processions bordées de statues monumentales découvertes au fil des années. « Nos travaux ont permis de reconstituer l’une de ces majestueuses voies que nous avons recomposée à l’aide des fragments antiques retrouvés sur place », ajoute le professeur Leblanc.

Chaque année, des équipes égyptiennes et françaises, formées d’égyptologues, d’archéologues, d’architectes, de topographes, d’anthropologues, de chimistes et de bien d’autres spécialistes se réunissent pour travailler pendant quelques mois sur le site. La mission permet également aux jeunes universitaires français et égyptiens de venir faire des stages sur le terrain afin de parfaire leur formation.




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