Semaine du 22 au 28 septembre 2021 - Numéro 1391
Des activités sportives au service du patrimoine
  2 000 personnes ont eu l'occasion de découvrir le patrimoine historique d'Héliopolis lors d'une course de 7 km dans les plus belles rues de ce quartier de la capitale.
Des activités sportives au service du patrimoine
Le palais de la sultane Malak et la mosquée du sultan Hussein. (Photo : La Fondation du patrimoine d'Héliopolis)
Doaa Elhami26-10-2016

Il est 7h du matin. Près de 2 000 personnes en tenue sportive se trouvent devant la célèbre basilique de la Vierge à Héliopolis pour participer à la « course patrimoniale d’Héliopolis ». Des participants de tous les âges sont présents sur les lieux arborant des tee-shirts avec des slogans comme Cairo Runners, We Own The Streets, Mi-marathon du Caire.

Organisée par la Fondation du patrimoine d’Héliopolis dans le cadre des activités de l’Assemblée du patrimoine d’Egypte et sous les auspices du ministère égyptien des Antiquités (voir enc.), la course est longue de 7 km. Elle est formée de 6 étapes principales : la basilique Corba, la mosquée du sultan Hussein et le palais de la sultane Malak, le palais du Baron Empain, la cité Ghérnata et l’école du Sacré-Coeur, pour revenir à nouveau à la basilique. « Notre circuit passe par les plus belles rues héliopolitaines et les bâtiments qui ont une valeur historique », explique Chohda, 19 ans, étudiante à l’Université de Aïn-Chams.

Si certains coureurs ont choisi de faire le parcours sans s’arrêter, d’autres ont préféré se reposer à chaque station. « S’arrêter devant ces monuments et passer en revue leur histoire est un vrai plaisir. J’ai remarqué que des panneaux retracent l’histoire de ces bâtiments », raconte Mohamad, l’un des concurrents s’accordant une pause devant le palais de la sultane Malak, bâti en 1908 par l’architecte français Alexandre Marcel. « Cet événement est une bonne occasion pour découvrir le patrimoine de la cité », assure Mohamad. La course héliopolitaine a regroupé des familles entières. Haytham, un enfant de 4 ans, a accompagné ses parents. Pour eux, se balader dans les rues de la Cité du soleil est la plus belle promenade qu’ils puissent faire. « La cité a gardé tout son charme d’antan », explique la mère de Haytham.

Le baron attirant

Les participants ont particulièrement apprécié la station du Baron Empain. De nombreux groupes de jeunes se sont photographié devant le palais et son jardin. « L’architecture hindouse composée de créatures fabuleuses est surprenante, attirante et agréable. Elle crée une ambiance légendaire pleine de charme », commente la jeune Wafaa. C’est la raison pour laquelle la plupart des coureurs se sont arrêtés à cette station.

Le palais du Baron Empain est en général un point d’attraction et de rencontre pour différentes activités. Ce jour-là, un groupe de jeunes cyclistes s’étaient également réunis pour faire leur propre circuit. « C’est agréable d’être au pied du palais légendaire, on peut s’y détendre », commente le cycliste Omar Magdi. Choukri Asmar, président du conseil d’administration de la Fondation du patrimoine d’Héliopolis, partage cet avis. « Les rues d’Héliopolis sont vastes et calmes. Elles permettent aux cyclistes de rouler sans la moindre difficulté. C’est ce qui attire ces groupes », assure-t-il, avec fierté.

La cité Ghérnata a elle aussi attiré les visiteurs. Les grands escaliers et l’architecture andalouse ont attiré la curiosité des coureurs. « Que représentait cette cité pour les Héliopolitains ? », se demande la jeune Chohda, déplorant l’absence d’explications et voulant en savoir plus. Au bout d’une heure (durée totale de la course), Chohda, ses amies et leurs collègues sont heureux de terminer le circuit patrimonial. Ils ont beaucoup appris sur l’histoire de la Cité du soleil. Ils espèrent renouveler l’expérience prochainement en ajoutant de nouvelles stations. Ils espèrent également que la Cité du soleil restituera sa beauté et sa gloire d’antan. « Il faut restaurer et conserver ses villas et ses immeubles qui témoignent d’une architecture distinguée et préserver les jardins », espère la jeune Chohda. Elle estime que les panneaux publicitaires et les façades des magasins gâchent la vue panoramique d’Héliopolis.

Le dessin était également présent dans cette manifestation culturelle. Les organisateurs ont organisé une compétition de dessin gratuite. « Les concurrents devaient, en deux heures, faire des sketchs de trois bâtiments patrimoniaux bien conservés, ou au contraire, menacés », explique Noha, membre de la fondation. Une quarantaine se sont prêtés au jeu dans les rues d’Héliopolis. « Le plus surprenant c’est que de nombreux enfants ont voulu y participer. Nous les avons encouragés et leur avons distribué des sketchs pour dessiner », raconte l’architecte Ahmad Mansour, membre de la fondation. Faire participer la communauté locale, surtout les enfants, est l’un des objectifs de la fondation. C’est un aspect de la prise de la conscience patrimoniale d’Héliopolis.

Ces deux programmes s’inscrivent dans une série qui a pour but de préserver le patrimoine matériel et immatériel héliopolitain. Cette initiative est soutenue par l’Union du patrimoine d’Egypte, qui regroupe plusieurs ONG et tente de préserver la beauté de l’Egypte contemporaine.

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