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Jonathan Tourtellot : « Préserver les destinations touristiques naturelles est l’objectif du géo-tourisme »

Doaa Elhami, Mardi, 19 février 2013

Jonathan Tourtellot, fondateur du Centre pour les destinations durables auprès de la société National Géographic, détaille le concept du géo-tourisme.

Jonathan Tourtellot
Jonathan Tourtellot

Al-Ahram Hebdo : Qu’est-ce que le géo-tourisme ?

Jonathan Tourtellot : Le géo-tourisme soutient ou améliore l’ensemble du caractère géographique d’un site dans tous ses aspects : environnemental, culturel, esthétique, patrimonial. Il met aussi l’accent sur le bien-être des habitants. Il est réalisable dans certaines destinations touristiques dont les caractéristiques sont inédites dans le monde ou difficiles à réunir ailleurs.

La publicité de la destination en question est alors fondée sur la préservation et la durabilité de ces caractères qui la distingue. La première règle est de ne pas nuire à ces spécificités qui sont la garantie d’un tourisme durable. Le géo-tourisme regroupe ainsi l’écotourisme, le tourisme géologique, l’agritourisme, le tourisme thérapeutique, le tourisme culturel, le tourisme de patrimoine et le tourisme des cuisines « exotiques ». Il s’agit de préserver et de faire évoluer ces sites au profit des destinations touristiques elles-mêmes.

— Et concrètement ...

— C’est, par exemple, servir un repas dans un cadre « naturel » : sur des tables et des chaises en bois, avec un éclairage à la bougie ... L’idée est de pratiquer un tourisme réparateur et non dévastateur. L’innovation est un concept-clé de ce type de tourisme.

— Comment l’innovation peut-elle s’allier à l’idée de préservation ?

— Les arts et les artisanats locaux sont déterminants et sont par excellence des « métiers » imaginatifs. Mettre en valeur la cuisine locale, l’architecture spécifique de la région, etc. sont toutes des choses qui rendent le caractère unique d’un endroit évident, lisible, accessible et assurent dépaysement et plaisir du voyage. Le respect pour soi-même qui est montré par les acteurs de la région concernée frappe et apporte l’estime du voyageur. Et tout cela contribue à l’autonomie économique du site et à son développement maîtrisé.

— Quels critères garantissent qu’on se trouve bien dans une zone de géo-tourisme ?

— Il y a à la fois une charte et une stratégie internationale. La charte comprend treize principes qui s’appuient sur des codes internationaux et des experts. Cet ensemble cherche à garantir l’intégrité du site et sa spécificité, ce qui assure le maintien de la diversité de ce marché. Ceci ne peut être fait sans l’implication pleine et entière de la communauté locale, qui doit être le premier bénéficiaire du projet.

Un certain nombre de règles permettent aussi de s’assurer d’une utilisation raisonnable des terres et des ressources. La planification, l’évaluation et une interprétation interactive continue des données d’une région sont des outils fondamentaux. Enfin, il faut bien sûr que les touristes qui visitent ces zones se prêtent au jeu, en ne se comportant pas d’une manière dommageable pour la région et la population concernée.

— Quelle est la stratégie globale du géo-tourisme ?

— L’identité et l’intégrité du site en sont les piliers. Il s’agit de soutenir et de renforcer les caractères géographiques et de donner une importance majeure aux valeurs esthétiques spécifiques du site. Il s’agit aussi de développement : le patrimoine local, qui est authentique, durable, écologique et amusant, représente le potentiel touristique matériel et immatériel de la communauté, sur lequel est bâtie une renommée géo-touristique haute gamme.

Enfin vient le commerce dérivé des caractéristiques géographiques du site et qui doit aussi contribuer à la conservation et favoriser les projets inventifs et la participation civique.

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