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Initiative : Innover sans abîmer, l’exemple de la Nouvelle Vallée

Doaa Elhami, Mardi, 19 février 2013

La Nouvelle Vallée est le thème d’un forum touristique visant à développer la région en mettant en avant ses atouts géographiques et culturels. Focus.

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(Photos : Doaa Elhami)

La nouvelle Vallée comme exemple de site touristique écologique et durable. C’est l’objectif du forum organisé la semaine dernière à l’oasis de Dakhla par la société Mawared sous le thème : « La Nouvelle Vallée, Dattes. Sa réserve de biosphère, d’écotourisme au géo-tourisme ». Le forum a vu la participation d’une foule de spécialistes du tourisme ainsi que des chefs d’entreprises et des propriétaires d’écolages. Objectif : protéger la région, mais aussi la développer en utilisant ses atouts géographiques et humains.

« L’importance des artisans de la Nouvelle Vallée est capitale. Ce sont eux qui ont donné confiance aux ONG. Par ailleurs, grâce à l’association Create, les oasiens seront formés afin de fabriquer des productions innovantes, en utilisant leurs matériaux traditionnels », a déclaré Tareq Al-Baz, chef de la société Mawared, à l’ouverture du forum. Selon lui, l’accent doit être mis davantage sur les productions innovantes que sur l’industrie traditionnelle.

Réserve de biosphère

Al-Baz souligne que le désert de la Nouvelle Vallée demeure une destination touristique inexploitée alors qu’elle occupe 44 % de la superficie de l’Egypte. Son potentiel est vaste. C’est un endroit désertique, avec sa faune et sa flore spécifiques, ses sources naturelles, ses paysages spectaculaires, le tout situé en bordure est de l’immensité du Sahara occidental. On y trouve les sites déjà célèbres du Désert blanc et du Désert noir. Là-bas, les amateurs d’archéologie peuvent se régaler de vestiges et de sites préhistoriques, pharaoniques, gréco-romains et byzantins, mais aussi coptes et islamiques. Enfin, l’une des premières raisons de s’y rendre est la présence de sa population oasienne contemporaine et de son artisanat hors pair.

Les spécialistes ont donc décidé de transformer le gouvernorat en réserve de biosphère. « La Nouvelle Vallée renferme deux réserves naturelles : le Désert blanc et Al-Guilf Al-Kabir. Faire d’un site une réserve de biosphère veut dire le préserver tout en y incluant une présence humaine active, qui doit utiliser la zone sans l’endommager. De fait, la réserve de biosphère renferme aussi des centres de recherches », explique Al-Baz.

Jonathan Tourtellot, fondateur du Centre pour les destinations durables auprès de la société du National Geographic estime que « la Nouvelle Vallée est une destination exemplaire pour accueillir le géo-tourisme ». Tourtellot souhaite donner une importance majeure au patrimoine et à la nature, en alliant les deux. L’héritage culturel est à la fois matériel et immatériel : chant, danse, nourriture, artisanat … Tourtellot est, en effet, convaincu que la préservation du patrimoine immatériel est primordiale pour la promotion touristique d’une région.

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La diversité des monuments de la Nouvelle Vallée attire les touristes du monde entier.(Photo : Doaa Elhami)

Renouveler l’artisanat

Les productions artisanales occupent évidemment une grande place dans le projet. Rania Hilal, membre de Create, constate que les artisans de la Nouvelle Vallée sont à la fois consciencieux et habiles, mais que leurs produits sont trop traditionnels. « Nous allons les former à produire des oeuvres inventées et innovantes, tout en utilisant les mêmes matériaux », explique-t-elle.

L’écotourisme fera aussi attention aux ressources naturelles. Celles-ci pourront être exploitées, afin de montrer la beauté d’un paysage ou la douceur d’une source naturelle en plein désert, avec des restrictions. Des ressources économiques directes peuvent en être tirées : les dattes, première production agricole du gouvernorat, en sont le meilleur exemple, et de nombreux produits raffinés peuvent également être conçus à partir de celles-ci.

Pour le forum, l’écotourisme pourrait attirer de nouveaux visiteurs en Egypte. En effet, selon Tourtellot s’ils racontent et partagent ce qu’ils ont vécu, et si ce qu’ils ont vécu est « une expérience différente et tentante », reprend-il, l’exposé de leur séjour sera « un facteur déterminant du développement du tourisme dans le site concerné ». Le gouverneur de la Nouvelle Vallée, Tareq Al-Mahdi, présent au forum, a annoncé la signature d’un protocole de coopération entre le gouvernorat et M. Jonathan Tourtellot, initiateur de la charte géo-tourisme, dans lequel le gouvernorat s’engage à adopter les 13 principes du concept du géo-tourisme (voir entretien). La deuxième chose est de déclarer la Nouvelle Vallée comme une destination touristique verte et durable à travers 3 pivots-clés, à savoir le tourisme vert et durable, l’agri-business (un business basé sur l’agriculture) et les agro-industries. A ce propos, un festival se tiendra au mois de mai sur le business basé sur la production des dattes, et enfin a la promotion du patrimoine culturel qu’il soit islamique, chrétien copte, grec ou bédouin.

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