Semaine du 24 au 30 novembre 2021 - Numéro 1400
Détour par Karanis où les travaux avancent
  La ville gréco-romaine de Karanis est une étape obligée pour tout visiteur qui passe par le Fayoum. Le projet de rénovation opéré par une équipe de l’Université de Californie a déjà atteint ses premiers objectifs.
Détour par Karanis où les travaux avancent
(Photo : Carrie Arbuckle wordpress.com)
Doaa Elhami02-12-2015

Le Fayoum est une terre riche en histoire. A 30 km au nord de la ville du Fayoum se trouve la ville gréco-romaine de Karanis, une cité mer­veilleuse qui mérite le détour. C’est en effet l’une des plus importantes régions archéologiques du gouver­norat. Y opère une mission archéolo­gique américaine de l’Université de Californie présidée par Willeka Wendrich. Son objectif est ambi­tieux : réaménager toute la ville antique de Karanis, y installer un musée en plein air et un centre de visiteurs. Le projet est financé par une donation de l’ambassadeur amé­ricain en Egypte.

Les débuts remontent aux années 2000, lorsque Willeka Wendrich obtient la permission de restaurer une maison connue sous le nom de « Maison du Haut-commissaire bri­tannique » et qui se trouve à proxi­mité de la ville antique. « Bâtie en brique crue en 1930, cette maison était la résidence de la mission archéologique de l’Université de Michigan qui opérait à Karanis à l’époque », explique Ahmad Abdel- Aal, directeur des antiquités égyp­tiennes du Fayoum, auprès du minis­tère des Antiquités.

« Les idées pour exploiter cette maison étaient nombreuses. Finalement, on s’est mis d’accord pour en faire un centre d’accueil des visiteurs », raconte Willeka Wendrich. Ce centre dévoilera l’his­toire du site et du Fayoum. Une par­tie de la maison sera transformée en résidence pour la mission et deux pièces iront aux membres du bureau des antiquités égyptiennes. « Nous avons déjà terminé la restauration d’un quart de la maison où sont exposés les panneaux explicatifs du site », reprend l’archéologue améri­caine.

Malgré le budget modeste dont dispose le projet, la mission a pu installer, à côté du centre des visi­teurs, un musée en plein air qui ren­ferme 26 pièces d’époques variées. Parmi elles, se distingue une statue de Ramsès II et des fragments de colonnes du temple d’Amnemhat III (1843 av. J.C.-1797 av. J.-C.). Ce temple, bâti en granit rose se trouve à Kiman Fares, dans la ville du Fayoum. « Sur certaines des colonnes sont inscrits des cartouches appartenant aux rois Ramsès II et III », reprend Ahmad Abdel-Aal.

Le projet de réaménagement com­prend aussi la restauration de la cité gréco-romaine. Cette cité renfermait des temples ptolémaïques bâtis en calcaire, des salles de bains romaines en pierre rouge, ainsi que des mai­sons en brique crue. Les salles de bains publiques se caractérisent par la diversité de leur style. Elles sont recouvertes de céramiques colorées et comprennent toujours leurs bai­gnoires. Quant aux maisons, elles ont disparu. « La mission va en construire deux comme modèle, en brique crue suivant le style des mai­sons de l’antique cité », poursuit le directeur des antiquités du Fayoum. Même si le projet n’est pas encore fini, Karanis est d’ores est déjà une étape incontournable d’un week-end au Fayoum.




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