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Soudan-Sud-Soudan: Dialogue de sourds

Maha Salem avec agences, Mardi, 08 janvier 2013

Pour la première fois depuis les accords de septembre 2012, les présidents des deux pays se sont rencontrés à Addis-Abéba, pour tenter de trouver un règlement à leur conflit. Une mission qui s’annonce difficile.

Après trois mois de suspension, les négociations entre les deux Soudan ont repris samedi 5 janvier en Ethiopie. Une reprise difficile puisque, après deux jours de négociations, Khartoum et Abuja campent toujours sur leur position. Les deux pays se sont engagés à fixer un calendrier pour relancer l’application des accords « essentiels ». Une zone démilitarisée doit être créée à la frontière entre les deux pays, préalable à la reprise des exportations de pétrole sud-soudanais. « Les deux présidents ont convenu que des actions devaient être engagées dès que possible pour appliquer sans conditions les accords existants », a déclaré le médiateur de l’Union africaine, Thabo Mbeki, qui n’a fait état d’aucun calendrier concernant leur mise en oeuvre.

Cette annonce relance l’espoir d’un règlement des différends entre les deux Soudan, financièrement exsangues depuis l’arrêt par le Soudan du Sud, il y a un an, de la production de pétrole, qui transite par les oléoducs du Soudan pour être exporté par les ports d’embarquement de la mer Rouge. Les exportations de pétrole sont vitales pour les deux économies. En effet, le contentieux entre les deux pays porte principalement sur le partage des ressources pétrolières, le statut des ressortissants de chaque Etat sur le territoire de l’autre, le tracé des frontières et l’avenir de la zone frontalière disputée d’Abyei. Les négociations d’Addis-Abéba interviennent au moment où l’armée sud-soudanaise accuse les forces soudanaises de l’avoir attaquée dans l’Etat sud-soudanais du Bahr Al-Ghazal occidental (nord-ouest). Ces accusations ravivent les tensions entre Juba et Khartoum. Le ministre sud-soudanais du Pétrole, Dhieu Dau, a annoncé que les exportations pétrolières « ne reprendraient pas avant la mi-mars ». Une déclaration qui soulève des suspicions sur l’application de ce nouvel accord. Les accords, signés par Omar Al-Bachir et Salva Kiir en septembre 2012, n’ont toujours pas été mis en oeuvre. Les deux présidents s’étaient mis d’accord sur les modalités de reprise de la production pétrolière de Juba, dont l’arrêt depuis janvier 2012, après un désaccord avec Khartoum, a mis les économies des deux pays à genoux. Ils avaient aussi décidé la mise en place d’une zone-tampon démilitarisée à leur frontière commune. Mais cet accord est resté lettre morte et la production pétrolière n’a toujours pas repris et la délimitation de la zone-tampon continue de poser problème. Ces questions restées en suspens enveniment les relations entre les deux pays et des combats au printemps dernier les avaient conduits au bord d’un nouveau conflit.

Avant les discussions d’Addis-Abéba, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Norvège avaient publié un communiqué commun demandant aux armées des deux pays de se retirer immédiatement de la zone frontalière. « La reprise de la production de pétrole est particulièrement importante pour les deux économies et ne devrait pas être retardée par les négociations portant sur d’autres questions », a affirmé le document.

Un autre point d’achoppement qui bloque toujours les négociations entre les deux pays, c’est la région d’Abyei une zone riche en pétrole revendiquée par les deux pays. En mai 2011, l’armée soudanaise avait envahi cette région, contraignant les quelque 100 000 habitants à fuir, avant de l’occuper pendant un an. A présent, la zone d’Abyei est contrôlée par des Casques bleus éthiopiens. Le Soudan du Sud est devenu indépendant en juillet 2011 en vertu d’un accord de paix ayant mis fin à une longue guerre civile (1983-2005, 2 millions de morts).

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