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Au Burkina Faso, premières mesures après l’échec du putsch

Sabah Sabet avec agences, Lundi, 28 septembre 2015

L’unité à l’origine du coup d’Etat manqué au Burkina Faso devrait être dis­soute et ses res­ponsables jugés. Le pays vit tou­jours dans la crainte de débor­dements.

Au Burkina Faso, premières mesures après l’échec du putsch
Le gouvernement de transition a dissout une demande réclamée par certains partis politiques depuis une dizaine d'années. (Photo:Reuters)
A burkina faso, le règlement de comptes a débuté : dès son retour au pouvoir cette semaine, après l’échec du coup d’Etat du 17 septembre, le gouvernement de transition a décidé de dissoudre et de désarmer le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), auteur du coup d’Etat. L’armée avait annoncé, vendredi dernier, que « le processus de désarmement du RSP (avait) bien commencé ». Mais selon une source du RSP, le désarmement ne s’est pas déroulé facilement, des soldats ne voulant pas rendre leurs armes sans des garanties sur leur sécurité et celle de leur famille.
« On s’est précipité pour annoncer leur dissolu­tion et les poursuites judiciaires. Il faut s’attendre à une réaction alors qu’ils n’ont pas encore rendu leurs armes », a réagi une source sécuritaire auprès de l’AFP. Selon une source de l’armée loyaliste envers le gouvernement de transition, le processus a été stoppé le lendemain de la décision.
Par ailleurs, une commission d’enquête sur les sept jours de putsch qui ont fait dix morts et plus d’une centaine de blessés a été créée. Le Conseil des ministres a, en outre, mis fin aux fonctions du ministre délégué chargé de la Sécurité, Sidi Paré, ainsi qu’à celles du chef de l’état-major particulier de la présidence, le colonel-major Boureima Kéré. « Ceux qui auront à répondre devant la justice y répondront », a affirmé le premier ministre de transition, Yacouba Isaac Zida, ex-numéro deux du RSP, cité par l’agence Panapress. La justice a déjà ordonné le gel des avoirs du chef des puts­chistes, le général Gilbert Diendéré, ainsi que ceux du parti de l’ancien président Blaise Compaoré, le CDP, et d’une douzaine d’autres personnalités.
Considéré comme l’unité d’élite de l’armée burkinabé par la formation de ses 1 300 hommes, leur équipement et leur capacité de réaction, le RSP est composé de la garde de l’ancien président Blaise Compaoré, contraint à la démission en octobre 2014, après 27 ans passés au pouvoir.
Le 16 septembre dernier, en plein Conseil des ministres, des soldats du RSP ont fait irruption pour prendre en otage le président et le gouverne­ment. Le lendemain, le général Diendéré, par la voix de son porte-parole, annonce le putsch. Les Burkinabé se mobilisent et contestent le putsch. Le RSP hausse le ton et procède à des séances d’intimidation. Après près d’une semaine de silence, l’armée entre en action et demande aux putschistes de déposer les armes. Les forces armées se dirigent vers le palais. Diendéré et ses hommes capitulent. Ils acceptent de quitter le palais et de libérer les otages, notamment le pré­sident Kafando et le premier ministre Zida.
Certains partis politiques du Burkina Faso réclamaient depuis 10 ans la dissolution du RSP, longtemps présenté comme l’unité la plus puis­sante du pays. Il est peu probable que celle-ci accepte de rendre les armes sans de solides garan­ties .
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