Semaine du 24 au 30 novembre 2021 - Numéro 1400
Archéologie : Un mois de mai fructueux
  Deux découvertes archéologiques d'importance ont marqué le mois de mai dernier. L'une avec une muraille ancienne à Tell Haboua dans le Sinaï et l'autre avec un temple près d'Assouan.
Archéologie
Gabal Al-Silsila, à Assouan.
Nasma Réda10-06-2015

La mission archéologique égyptienne opérant sur le site de Tell Haboua (Nord-Sinaï) vient de mettre à jour la porte orientale de la citadelle historique Tharo. Une nouvelle découverte de fortifications militaires remontant au Nouvel Empire (1500-1000 av. J.-C.).

Cette citadelle représente la fortification est de l’Egypte Antique. Il s’agit de trois blocs en calcaire sur lesquels sont clairement gravées des scènes représentant le roi Ramsès II. Les trois blocs sont à peu près de même dimension : 3 m de long et un mètre de large. « Cela indique que la porte de la citadelle était vraiment grande », explique Mamdouh Al-Damati, ministre des Antiquités. Il ajoute : « Ces découvertes dévoilent une partie de l’histoire de l’armée égyptienne au temps des pharaons, qui a fondé toutes les fortifications nécessaires à la sauvegarde des frontières égyptiennes et l’utilisation de cette route militaire d’Horus pour éviter toutes sortes d’attaques ». La route militaire d’Horus est une longue route jalonnée de fortifications qui protégeaient la frontière est de l’Egypte contre les envahisseurs. Cette route s’étend sur environ 350 km. Elle commence à Tharo et continue jusqu’à la ville de Rafah.

La mission a également découvert un certain nombre d’entrepôts construits en brique crue, qui sont utilisés lors des règnes de roi Thoutmosis III (1458-1425 av. J.-C.) et Ramsès II (1279-1213 av. J.-C.). Les archéologues ont de même révélé plusieurs sceaux du roi Thoutmosis III et une vaste nécropole remontant à la XXVIe dynastie (1550-1292 av. J.-C.) Elle renferme plusieurs tombeaux construits en brique crue dans lesquels ont été trouvés des squelettes de combattants. Le ministre des Antiquités a affirmé que toute découverte dans cette région subit une restauration précise et les pièces sont stockées afin de les exposer au musée, qui sera construit dans la région racontant l’histoire des batailles de l’Egypte antique et qui représentera une partie du « Panorama de l’histoire militaire antique ». « Ce Panorama constituera un nouveau genre de tourisme, qui décrira les célèbres guerres égyptiennes et l’histoire des plus anciennes armées du monde avec des inscriptions et des documentations montrant le progrès tactique militaire et les systèmes de défense égyptiens », a-t-il ajouté. Mohamad Abdel-Maqsoud, chef de la mission archéologique, estime que cette découverte à une forte importance puisqu’elle dévoile les forteresses militaires des deux grands rois du Nouvel Empire. « Cette découverte est un exemple qui montre le génie et les talents militaires égyptiens en ce qui concerne les stratégies de guerre, surtout celles de la bataille de Megiddo (XVe siècle av. J.-C. commandée par Thoutmosis III) et Qadech », conclut-il.

Découverte de la mission suédoise

Archéologie
Le site de Tell Haboua, au Nord-Sinaï.

Non loin du Nil, entre Edfou et Kom Ombo, à 65 km au nord d’Assouan, sur le site de Gabal Al-Silsila, un ancien temple égyptien d’une grande superficie de 35,2 mx 18,2 m, avec des colonnes et quelques murs intérieurs et extérieurs, a aussi été découvert à la mi-mai dernier. Selon la mission suédoise opérant sur le site depuis 2012, les vestiges de cet édifice remontent à l’époque située entre le début du Nouvel Empire d’Egypte (1500-1000 av. J.-C.) et l’Empire romain (27 av. J.-C. - 395 après J.-C.).

Nasr Salama, directeur général des antiquités d’Assouan et de Nubie, a expliqué que ce temple a été identifié à l’aide d’une ancienne carte, tout en signalant que les fondations du temple se situent sur la rive-est du Nil. C’est d’après les fondations antiques que Maria Nilsson, directrice du Gabal Al-Silsila Survey Project, et son directeur adjoint, John Ward, ont pu révéler ce temple. Bien que d’autres vestiges de ce temple aient été recensés entre 1906 et 1925, personne n’était allé plus loin dans les recherches. Un rapport publié en 1934 par l’égyptologue allemand Ludwig Borchardt affirmait déjà que l’édifice avait certainement été détruit à l’Epoque ramesside, durant le Nouvel Empire.

Cette découverte remet donc en cause les précédentes fouilles. Selon la directrice du site, la plus ancienne phase de construction du temple était en calcaire, ce qui est unique dans une région de grès, et « peut signifier le passage officiel de la construction de calcaire en grès ». Ce temple prouve que le site n’était pas seulement un simple édifice en grès, mais qu’« il était un endroit sacré d’une importance religieuse spéciale aussi », dit Al-Damati. A noter que la mission a prouvé que cette zone avait été témoin d’au moins quatre autres époques historiques.

Le chef de la mission suédoise a expliqué que ses travaux ont abouti également à découvrir des parties de cartouches appartenant à Amenhotep III et Ramsès II, et des fragments d’inscriptions montrant le ciel sombre orné d’étoiles brillantes. Nilsson, qui dirige un groupe de 16 chercheurs internationaux, a fait depuis 3 ans une série de découvertes, y compris une pierre commémorative représentant les dieux Amon-Rê et Thot. « Ce nouvel édifice représente un pont symbolique entre les deux constructions des temples, une transition du calcaire au grès. C’est évidemment très excitant », dit Maria Nilsson. Elle a de même signalé que des travaux de fouilles doivent se poursuivre dans la région, pour d’éventuelles découvertes.




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