Al-Ahram Hebdo, Sports | Karam Gaber, « Je vise la qualification pour les JO »

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Abdel-Fattah El Gibali
 
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 Semaine du 14 au 20 mars 2012, numéro 913

 

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Sports

Lutte . Karam Gaber, champion olympique de lutte gréco-romaine dans la catégorie des 96 kg en 2004, a annoncé son retour à la compétition après une longue absence. Il participera au tournoi africain de qualification pour les Jeux Olympiques (JO) de Londres qui a lieu du 16 au 18 mars au Maroc. Entretien.

« Je vise la qualification pour les JO »

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi cette décision de revenir à la compétition ?

Karam Gaber (avec un sourire malicieux) : Cette idée n’est pas venue soudainement, cela faisait un moment que j’y pensais. L’année dernière, j’ai commencé à réfléchir à mon retour à la compétition, mais dans la catégorie des 84 kg, une catégorie inférieure à ma catégorie habituelle des 96 kg. (Ndlr : Mohamad Abdel-Fattah s’est qualifié pour les JO dans la catégorie des 96 kg lors des Mondiaux 2011). En fait, la catégorie des 84 kg me convient davantage car en 96 kg le jeu dépend plus de la force que du talent, alors que je suis un lutteur qui domine le jeu par la technique, donc je pourrai davantage mettre mon talent en avant dans la catégorie des 84 kg. J’ai pu tester cela en décembre dernier lors des Jeux Arabes (JA) qui se sont déroulés au Qatar. Après y avoir remporté la médaille d’or, j’ai décidé de retourner à la compétition et de participer à mes 3es JO. Mais, il faut d’abord disputer le tournoi africain de qualification qui aura lieu du 16 au 18 mars au Maroc pour décrocher le ticket olympique.

— Avant les JA, les responsables du sport égyptien avaient déclaré que vous participeriez à ces Jeux pour annoncer votre retrait officiellement et non pas pour relancer votre carrière. Que s’est-il donc passé ?

Vous me connaissez bien, quand j’ai une idée en tête, je ne la partage pas avant d’en être sûr. Avant les JA, je n’étais pas certain de ma décision car j’avais perdu beaucoup de poids et cela affectait, sans aucun doute, mon niveau et mon état physique. J’avais donc besoin de tester mes capacités dans cette nouvelle catégorie avant de prendre une décision finale, et ce, d’autant plus que j’avais passé beaucoup de temps loin des tatamis de lutte gréco-romaine.

— Votre dernière compétition officielle avant les JA était les JO de Beijing en 2008. Qu’avez-vous fait durant ces années ?

Après mon échec aux JO de 2008, j’étais dans un très mauvais état psychologique, notamment du fait des attaques très dures que j’avais subies de la part des responsables du sport égyptien et des médias. Personne n’a pensé à rappeler que j’avais disputé ces Jeux sans préparation véritable et avec une blessure : j’avais une déchirure à l’épaule gauche et j’ai dû subir une opération chirurgicale après les JO. Lors de cette très mauvaise période de ma vie, je me suis senti lassé de mon pays et des responsables du sport égyptien. J’ai donc décidé de pratiquer un autre sport qui m’a beaucoup passionné, le K-1 fika, une discipline japonaise qui regroupe presque tous les sports de combat, dont la lutte, la boxe, le karaté, le kung-fu et la kickboxing. J’ai donc signé un contrat de deux ans avec la Fédération japonaise de cette discipline. Durant cette période j’ai disputé 28 matchs, j’en ai gagné 24 et perdu seulement 4, ce qui est considéré comme un record en K-1 fika. Mon contrat avec la Fédération japonaise s’est achevé en novembre dernier et je ne l’ai pas renouvelé afin de me consacrer de nouveau à la lutte gréco-romaine. Les responsables japonais ont été très tristes de mon départ, en fait le traitement que j’ai reçu au Japon est bien meilleur que celui qui m’est accordé dans mon pays.

— Comment évaluez-vous votre niveau aujourd’hui ?

Bien évidemment, je ne suis pas au même niveau que lors des JO d’Athènes en 2004 durant lesquels j’ai remporté la médaille d’or. Franchement, je suis à 60 % de mon niveau. Je ne suis pas au top de ma forme, mon état physique n’est pas excellent, la perte de poids a affecté ma force. Mais, je crois que j’ai encore du temps et que je pourrai améliorer mon niveau. Il faut savoir qu’en pratiquant le K-1 fika, j’ai acquis beaucoup d’expérience et j’ai amélioré quelques techniques comme la contre-attaque et la vitesse. Mais bien sûr, il existe une grande différence entre le K-1 et la lutte, donc j’ai besoin de travailler les techniques de lutte.

— En parlant avec vous, on a l’impression que vous êtes un peu différent. Cela est-il vrai ?

Bien sûr ! Aujourd’hui j’ai 34 ans, je suis plus mûr, je suis responsable d’une famille et cela change une personne. En 2004, j’étais un jeune garçon normal, qui ne réfléchit pas beaucoup et qui prend des décisions sur un coup de tête, sans chercher à voir les conséquences. Aujourd’hui, c’est l’inverse, je ne prends pas de décision sans réfléchir longuement. Je suis plus organisé dans ma vie, que ce soit du point de vue de mon alimentation, de mon entraînement, de tout. Je crois qu’aujourd’hui je suis beaucoup plus responsable.

— Pensez-vous que vous soyez prêt pour le tournoi africain de qualification pour les JO ?

Il faut savoir d’abord que ce tournoi ne regroupe pas seulement les lutteurs africains, mais aussi ceux d’Océanie car c’est une qualification pour les deux continents. Et je crois que je suis capable de décrocher le ticket olympique à travers ce tournoi qui offre deux tickets dans chaque catégorie pour les deux premiers lutteurs. Ce tournoi sera d’un haut niveau avec la présence des meilleurs lutteurs des deux continents, mais la concurrence sera limitée entre les lutteurs du Nord de l’Afrique. Je fais de mon mieux pour réaliser mon but. Il est vrai que je n’ai pas bien préparé la compétition, mais j’ai réalisé de bons progrès durant les derniers mois. Hormis les JA, j’ai disputé deux autres compétitions. J’ai participé en novembre à la Coupe du Panda en Finlande où je suis arrivé 5e. Et au début du mois de février, j’ai disputé le Grand Prix de Nicola Petrova en Hongrie, qui est l’une des plus prestigieuses compétitions au monde et j’ai également terminé 5e en obtenant le titre de meilleur lutteur de la compétition. Ces résultats sont satisfaisants pour moi puisque j’ai passé beaucoup de temps loin des tatamis et ces tournois sont d’un très haut niveau.

— Vous avez décidé de retourner à la compétition afin de disputer les JO de Londres. Quel est votre objectif pour vos 3es JO ?

Bien sûr, je n’ai pas décidé de retourner à la compétition pour participer aux JO seulement, j’ai un autre objectif mais je ne veux pas le dévoiler maintenant. C’est un espoir et un rêve qui grandissent en moi. Dans tous les cas, j’espère continuer à réaliser des surprises et faire plaisir à mes fans … .

Propos recueillis par Doaa Badr

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L’Egypte vise haut

17 Egyptiens disputeront le tournoi de qualification pour les Jeux Olympiques (JO) qui aura lieu du 16 au 18 mars au Maroc. Avec l’intention de qualifier un maximum de lutteurs pour Londres cet été.

Après le grand succès du Championnat d’Afrique des nations de lutte qui s’est déroulé au Maroc du 12 au 14 mars, Marrakech et la Fédération royale marocaine de lutte accueilleront du 16 au 18 mars le tournoi africain de qualification pour les JO de Londres. Ce premier tournoi de qualification continental regroupe à la fois l’Afrique et l’Océanie, et la compétition s’articulera autour de trois disciplines : la lutte gréco-romaine, la lutte libre et la lutte féminine. Les compétitions se dérouleront à Marrakech dans la salle Omnisport Mohamed Zerktouni.

L’Egypte participera à cette compétition forte d’une délégation composée de 17 lutteurs : 7 en lutte libre, 6 en lutte gréco-romaine et 4 en lutte féminine. Selon les règles de la compétition, chaque pays doit présenter un seul athlète dans chaque catégorie. Lors des JO de Beijing en 2008, l’Egypte était représentée par 7 lutteurs (4 en lutte gréco-romaine, 2 en lutte libre et 1 en lutte féminine), un nombre record. Cette année, les Egyptiens espèrent le même succès dans la qualification pour les JO. Cela paraît cependant difficile puisque la plupart des lutteurs égyptiens sont très jeunes et peu expérimentés. Parmi la délégation égyptienne, seuls 3 noms seulement sont connus du grand public : Saleh Emara en lutte libre, et Sayed Abdel-Moneim et Achraf Al-Méligui en lutte gréco-romaine. Ces lutteurs ont remporté plusieurs médailles au Championnat d’Afrique, aux Jeux africains et aux Jeux méditerranéens. La difficulté est d’autant plus grande que l’Egypte est également mal préparée. Un seul stage à l’étranger a été effectué en Roumanie pour la lutte gréco-romaine et la lutte féminine, et en Biélorussie pour la lutte libre.

Heureusement, au Maroc, la concurrence reste limitée. L’Egypte, championne d’Afrique à plusieurs reprises, semble devoir craindre ses concurrents d’Afrique du Nord uniquement, notamment la Tunisie, vice-championne d’Afrique, et le Maroc qui joue à domicile. En visant haut, les Egyptiens espèrent nourrir le maximum d’espoirs pour arriver en nombre à Londres.

Doaa Badr

 




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