Al-Ahram Hebdo, Sports | Fin de saison amère

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 Semaine du 14 au 20 mars 2012, numéro 913

 

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Sports

Football . L’édition 2011/2012 du Championnat national a été définitivement annulée suite à la catastrophe du stade de Port-Saïd. Une décision inévitable sur le plan pratique, mais dont le coût financier est loin d’être négligeable.

Fin de saison amère

La Fédération Egyptienne de Football (FEF) a annoncé officiellement, samedi dernier, l’annulation de l’édition 2011/2012 du Championnat national. Cette décision fait suite au désastre de la rencontre entre les clubs Ahli et Masri le 1er février dernier, au cours de laquelle 74 personnes ont trouvé la mort et des centaines de supporters ont été blessés. Les 18 équipes de football égyptiennes se retrouveront cependant lors d’un tournoi amical à huis clos à l’exclusion du club Masri, tenu responsable des incidents de Port-Saïd. La saison risque donc d’être maigre, puisque, de son côté, la Coupe d’Egypte se jouera sans les joueurs internationaux, du fait de leurs engagements dans des sélections sénior et olympique. « Nous espérons que le tournoi amortira les conséquences techniques et financières de l’annulation du Championnat pour les équipes. De nombreux clubs avaient d’abord refusé la décision, mais en fin de compte ils ont dû l’accepter après que le ministère de l’Intérieur nous a dit qu’il ne prendrait pas en charge la sécurité des rencontres », a annoncé Azmi Mégahed, porte-parole de la Fédération.

La décision semble en effet inévitable puisque, près de 40 jours après la tragédie, la majorité des clubs n’ont pas repris leurs activités et Ahli, le tenant du titre, est encore sous le choc. « Il est très difficile de reprendre le Championnat dans ces conditions. Comment voulez-vous que les joueurs et le public acceptent de se rendre sur le stade et encouragent les équipes alors que la justice n’a pas été faite ? De plus, au niveau de l’organisation, le calendrier serait surchargé à cause du retard pris dans la saison et cela perturberait le Championnat pour les années à venir aussi », a souligné l’entraîneur d’Ahli, Manuel José Da Silva. La saison 2011/2012 avait elle-même déjà débuté tardivement à cause des incidents qui ont suivi la révolution du 25 janvier et qui avaient déjà retardé le Championnat 2010/2011. Le calendrier était particulièrement chargé après la décision de l’ancien conseil d’administration d’organiser un Championnat à 19 équipes. Au 1er février 2012, on n’avait pas encore atteint la moitié de la saison et le Championnat devait s’étaler jusque fin juin, voire début juillet. Sans même prendre en compte le facteur psychologique, il semblait donc logique de supprimer cette saison pour des raisons techniques. Le Championnat se serait en effet prolongé jusqu’en août, voire en septembre, puisque s’ajoutent à la catastrophe de Port-Saïd les préparations de la sélection senior pour les qualifications à la Coupe du monde 2014 et aux Jeux Olympiques (JO) de Londres 2012. « Le foot est à l’arrêt et donc la décision de jouer un tournoi amical redonnera un peu de vie aux clubs et les aidera financièrement. Même si ce n’est pas du même niveau que le Championnat, c’est déjà mieux que rien. Et, c’est une chance pour Bob Bradley (sélectionneur national) et Hani Ramzi (sélectionneur olympique) de voir les joueurs en action et d’avoir plus de temps pour préparer leurs équipes », analyse Ali Abou-Grécha, expert et ancienne gloire d’Ismaïli et d’Egypte. Un point de vue pas forcément partagé par tous les entraîneurs qui craignent que ce tournoi ne soit moins intéressant et d’un niveau moins élevé que le Championnat, ce qui affecterait la performance des joueurs et des équipes pour les années à venir.

Capacité à survivre

Mais le grand débat se situe en réalité autour de l’impact de cette décision sur les revenus des clubs et leur capacité à survivre à cette crise les hantant déjà depuis plusieurs mois. « C’est une décision grave et les pertes attendues s’élèvent à 1,2 milliard de L.E. du fait de la perte des droits de diffusion et des sponsors. Mais personnellement, je ne vois pas d’autre choix étant donné les conditions exceptionnelles que nous vivons cette saison », a avoué Amr Wahbi, directeur marketing au sein de la FEF. Il faut dire que les investissements dans le domaine du football se sont considérablement élargis lors de cette décennie. L’intérêt des médias pour le football s’est renforcé et de nombreuses chaînes sportives ont été créées, alors même que le prix des publicités et des contrats de sponsors a explosé. A titre d’exemple, la compagnie Etisalat est devenue le sponsor du maillot d’Ahli pour trois saisons avec un contrat négocié à 141 millions de L.E., soit environ 23,5 millions de dollars, alors que Vodafone avait payé 75 millions de L.E. pour la même période il y a trois saisons. Par conséquent, les salaires des joueurs et des entraîneurs ont également été augmentés. « Je ne comprends pas comment quelqu’un peut prendre une telle décision. Les membres de la Fédération ont préféré ne pas prendre de sanctions strictes concernant les incidents de Port-Saïd. Les conséquences sont très graves, à la fois pour les joueurs, les entraîneurs, les clubs et tous ceux qui travaillent dans ce domaine », s’indigne Farouq Gaafar, entraîneur de Talae al-gueich.

C’est d’ailleurs la crise dans certains clubs qui souffraient déjà de problèmes financiers et dont les revenus dépendent principalement des recettes engrangées lors des rencontres, que ce soit au guichet, ou par les droits de retransmission à la télévision ou les revenus publicitaires. Les joueurs d’Ittihad à Alexandrie ont ainsi menacé de déserter le club, n’ayant pas été payés depuis la saison dernière. A Ismaïli, le milieu international et buteur de l’équipe, Hosni Abderabou, a été prêté à l’Ittihad Jeddah d’Arabie saoudite et les joueurs se sont mis en grève pour protester contre le non-versement de leurs salaires. Le président de Zamalek, Mamdouh Abbass, a refusé les demandes des joueurs de prospecter à l’étranger afin de négocier de nouveaux contrats, affirmant que l’équipe avait besoin de tous ses éléments pour la Ligue d’Afrique et qu’un règlement financier serait bientôt annoncé. De leur côté, certains clubs négocient une baisse des salaires de leurs joueurs et entraîneurs. C’est ce genre de situation qui a poussé Mohamad Salah, entraîneur de Maqassa, à considérer une offre de la sélection au Soudan après que l’administration n’a pas répondu à ses demandes.

Dans cette ambiance morose, certains, à l’instar de Hassan Farid, président du club de la deuxième division de Tersana, soulèvent un autre problème crucial pour le football égyptien : « Les clubs de première division joueront dans les compétitions africaines ou la Coupe d’Egypte et auront un tournoi qui leur permettra d’engranger des revenus, mais qu’en est-il des clubs de deuxième et troisième division ? Le ministère du Sport devrait nous dédommager pour cette décision afin que nous puissions honorer les contrats de nos joueurs et entraîneurs qui seront payés alors que nos clubs sont en hibernation ».

Les difficultés que rencontre le football égyptien se multiplient donc, mais cette décision semblait inévitable, tant du poin t de vue technique, pratique que psychologique. Reste à savoir si les mesures prises amortiront le choc de cette annulation et pourront aider les clubs à survivre lors de cette tourmente.

Karim Farouk

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5 éditions annulées

1954/55 : La saison a été annulée en raison des troubles entre Ahli et la Fédération égyptienne après le refus d’Ahli de se conformer à la sanction de jouer un match hors de ses bases, contre Teram à Teram.

1970/71 : Des violences ont lieu lors du derby Ahli-Zamalek lorsque Zamalek marque un penalty contesté par le public Rouge pour prendre l’avantage 2-1.

1973/1974 : La saison a été annulée après la guerre entre Egypte et Israël, le 6 octobre 1973.

1989/1990 : Sur la demande du sélectionneur Mahmoud Al-Gohari, la saison locale a été annulée afin de permettre à la sélection d’Egypte de se préparer à la Coupe du monde 1990.

2011/2012 : La compétition a été annulée suite à la catastrophe de Port-Saïd après le match de Masri et Ahli qui a causé la mort de 74 spectateurs et a fait des centaines de blessures.

 




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