Al-Ahram Hebdo, Littérature | Mohamad Chadi, Paroles d’amour

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 Semaine du 14 au 20 mars 2012, numéro 913

 

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Littérature

Sur les traces des vers d’Ibn Arabi, le jeune poète Mohamad Chadi fait rimer ses vers intitulés Hadith fil-echq (paroles d’amour. Autobiographie d’un cœur). La voix soufie s’y mêle avec la passion primitive d’un Adam et d’une Eve.

Paroles d’amour

1

Elle me regarde dans les yeux

Je m’évanouis

Je la regarde dans les yeux

Je me vois …

 

Qui sait

Si un jour viendra

Où je me verrai dans ses yeux

Un sourire qui ne s’évanouit pas ?

 

Car ses yeux

Possèdent la magie de l’aventure.

 

Les nuits veillées qu’ont-elles fait de mal ?

Pour qu’elles soient détestées de ceux qui dorment …

Veiller la nuit c’est les yeux des gens levés

Les cantiques du cœur

Le recueillement des adorateurs de Dieu

Les louanges du soir

La vibration de l’âme et du cœur

Un battement dans le cœur de la nuit.

 

Pourquoi alors les absents nous envient ?

 

3

Les amoureux ont un hymne à eux …

Un amour ardent est le murmure.

Des larmes dissipent tout l’être

Une étincelle … supérieure à l’ardeur du soleil.

La félicité

Est à ceux qui glorifient

L’amour.

Mon extase …

Les larmes aux yeux

Resplendissants.

 

4

Au nom de l’amour

Le cosmos s’est révélé à eux

Alors ils n’ont pas égaré leur chemin.

Y a-t-il des heures prévues pour s’unir ?

 

L’univers …

Ou bien le dévoilement intérieur

Est-il le secret des errants

Dans la lumière

Du cœur.

 

5

D’où vient

L’enchantement de ceux qui partent ?

Est-ce le désir de l’absence

Ou bien la présence

Est-elle une absence

Dans le miroir du cœur ?

 

Et d’où venons-nous

Si nous n’accomplissons pas un pèlerinage

Dans les yeux que les larmes ont épuisés.

 

Nous avons les yeux suspendus au ciel.

 

6

Félicité aux enfants du ciel …

Amoureux sans regrets

Marchant sans pieds

Saignant en absence de sang

A eux la béatitude

Si le ciel révèle ses secrets.

C’est alors avec leurs larmes

Que disparaît le néant.

 

 

7

Je suis impatient de trouver une étoile

Immuable

Dans le corps céleste de l’extase.

 

Elle connaît parfaitement l’art de la danse

Sur les vagues.

Elle accorde sa compagnie

A un passant

Qui adore la révélation

Des secrets.

 

Sur le bon chemin

De sa magnificence,

Avec des larmes.

 

10

Ses yeux ont le secret du chant

 

Quand ils cueillent la mélodie de l’amour

Du saule de l’âme

 

Ils transforment le cosmos en une musique

Qu’ils jouent sur les cordes du cœur …

 

Pour des anges qui aiment la danse

Sur le rythme de ses larmes.

 

La danse du royaume des cieux.

 

11

Qui sait ? Ce qui est aux larmes et à l’âme

La délicatesse de la lumière

L’éclat des perles cachées

Le raffinement d’un souffle

L’agrément de la confidence.

 

Est-ce qu’on peut se procurer des âmes

Par les larmes ?

Ou bien y a-t-il simplement une Indulgence

Pour le départ ?

 

17

Il s’est demandé

Comment l’esprit deviendrait néant ?

Elle s’est demandée comment

Existe le cœur ?

 

Quand leurs yeux se sont rencontrés

Dans le ciel

L’annonce du dévoilement intérieur

A rayonné.

 

L’amour

A illuminé leurs yeux.

 

18

Quand elle lui donne son regard

Il s’en va cherchant

Dans le ciel

Elle lui demande

Ce qu’il cherche ?

Son émotion se répand

Pour lui répondre.

 

Il entend dans son cœur

« On verra »

Elle comprend quelle est la place

Qu’il lui a accordée en lui.

 

20

Il t’est donné de la chanter

Tu peux en faire une prière

Tu peux l’invoquer

Un secret … des secrets du ciel.

 

Et pourtant tu ne pourras pas

Traverser des Voiles

Pour atteindre son goût de la passion violente

Même avec un immense

Pouvoir.

 

21

Quand elle t’appelle

La vie se grise en toi

Quand elle visite ton nom

Ta poussière tremble

Et s’élève

L’eau a-t-elle alors

L’adresse de sa maison

Ou bien ses yeux ont-ils

Des secrets

Que la tristesse a fait pousser

Comme des plantes bénéfiques.

 

22

Tu fermes les yeux

Et tu ne la vois pas

Tu ouvres les yeux

Et tu ne la vois pas

Tu te révoltes.

 

Car peut-être tu ne sais pas encore

Quelle est la volonté de Dieu.

 

Il l’a gardée

Pour les pauvres.

 

23

Je suis une des lettres de son prénom

Un peu de l’aspiration d’un désir

De son dessin à elle

Un peu d’amour

Scintillant comme des perles sur son front

Quand passera le temps d’une vie

Ceux qui ont la connaissance me rappelleront

Un secret caché

Que la ville m’a porté

Sans

Une ombre

Pour l’abriter.

 

25

Quand il l’a rencontrée

Il fut trouvé

Quand elle l’a rencontré

Elle a souri dans l’acceptation sereine

Il a regardé dans ses yeux

Alors il a vu son lendemain

Il a fermé les yeux

Sur son image

Et il a espéré

« Aujourd’hui j’ai accompli … »

Avec ses larmes

Elle a embrassé ses yeux.

 

28

Comment fondra la neige

Sur une montagne

De jasmin ?

Comment s’embrasera le feu

Dans une mer

De parfum ?

 

Mille fois comment

Qu’il doit apprendre à connaître

Mais il possède une parfaite connaissance

De comment cacher son visage

Dans ses yeux

Sans pluie.

 

29

Il a demandé son cœur,

Celui qui a la connaissance a dit

Je te l’apporterai.

Quand elle a su son amour

Elle l’a cru un abîme

Elle a révélé le fond de son cœur

Ses paroles l’ont fait sourire

Elle avait dit : Mon Dieu, j’ai causé du tort à moi-même

Quand j’ai dit : Il semble que c’est lui

Il a regardé dans ses yeux

Il a dit : Ceci est une grâce de Dieu.

 

32

Ils l’ont vu

Dans ses yeux à elle

Ils l’ont désavoué.

Ils l’ont vue

Dans ses yeux à lui

Ils l’ont désavouée.

Quand le Royaume a accueilli un amour immuable

Ils ont été oubliés.

 

Ainsi vous avez vu les signes de leur amour

Et vous les avez oubliés.

Et aujourd’hui encore vous oubliez.

 

43

Le voyage

A un chemin et un compagnon

Et une carte des routes

Et un viatique, des malles et un livre.

 

Et un ami,

Est-ce que vous marchez

Sur le même chemin assombri par les nuages

Ou bien tous les chemins mènent-ils

A lui ?

Pendant que vous avez choisi le voyage

L’un suffisant à l’autre.

 

47

Ses yeux possèdent

L’ardent désir du dévoilement intérieur

Le plaisir du goût exquis

L’éclat de la passion

L’agrément du regard

La lumière de la contemplation.

Et ton cœur possède-t-il deux ailes pour s’unir

Ou bien l’existence

A travers la présence divine de ses yeux

Est le but auquel aspire ton cœur, ce disciple dévoué ?

Sur son chemin de la progression.

Traduction de Suzanne El-Lackany

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Mohamad Chadi

le 17 octobre 1968 au Caire. Poète, écrivain de théâtre, journaliste, photographe, metteur en scène de documentaire et chercheur dans le folklore, il est diplômé de la faculté de communication de l’Université du Caire en 1995, département des relations publiques et de publicité. Il est membre de l’association indépendante du cinéma (Indie Club) aux Etats-Unis. Parmi ses ouvrages, citons Logha esmaha wattan (une langue qui s’appelle la patrie), publié en 2002, Bahsan ani (en me cherchant), publié en 2008, et Hadith fil-echq (paroles d’amour). Il a participé à 17 expositions privées et collectives de photographie en Egypte, aux Etats-Unis et au Mexique. Il est lauréat du prix de la Journée mondiale du tourisme en 2007.

 




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