Al-Ahram Hebdo, Sports |Gamal Al-Ghandour, « Il y a eu de grosses erreurs, mais il ne s’agit pas d’une crise »
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 19 à 25 avril 2006, numéro 606

 

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Sports
Football. Le président du comité d’arbitrage, Gamal Al-Ghandour, répond aux attaques qui lui sont lancées et livre quelques éléments qui, selon lui, ont causé la débandade actuelle de l’arbitrage.

« Il y a eu de grosses erreurs, mais il ne s’agit pas d’une crise »

Al-Ahram Hebdo : L’arbitrage égyptien est-il en crise actuellement ?

Gamal Al-Ghandour : Non, il n’y a pas de crise. Les erreurs des arbitres, ça arrive partout dans le monde, et si vous avez suivi les championnats espagnol, italien ou anglais, qui sont tous meilleurs que chez nous, vous trouverez des erreurs similaires et parfois même plus graves. Je ne nie pas qu’il y a eu des erreurs, car c’est normal et ça arrive. Mais il ne s’agit pas d’une crise. L’affaire a été amplifiée autant par la presse sportive que par les médias. Mais aussi, par certaines autres personnes, extérieures à la famille de l’arbitrage, qui essaient de nous mettre dans de mauvais draps et de mettre nos erreurs sous les feux des projecteurs pour certains profits personnels.

— Mais cette saison, de nombreuses erreurs flagrantes ont souvent eu des conséquences directes sur les rencontres ...

— Le problème, c’est que nous avons connu deux troubles au cours de deux grandes rencontres : Ismaïli-Zamalek et Ahli-Ismaïli. Les deux matchs ont été disputés consécutivement et ont attiré beaucoup d’attention de la part du public et des médias, raison pour laquelle les gens ont eu l’impression que c’étaient des erreurs à répétition. Je veux préciser que ce n’était pas intentionnel, d’autant plus que les arbitres étaient différents.

— Pourquoi cette affaire a-t-elle soudainement pris une telle ampleur ?

— Il faut avouer que, malheureusement, certains de nos arbitres leur ont donné l’occasion de lancer cette attaque. Tout a commencé lorsqu’Ahmad Auda a retardé sa décision d’expulser le milieu de Haras Al-Hodoud durant le match contre Ahli. La décision était juste mais cette hésitation a créé une crise. Et ensuite, quelques autres erreurs se sont enchaînées, ce qui a donné la chance à certaines personnes d’utiliser les médias pour nous attaquer, alors qu’elles n’avaient rien trouvé à dire en début de saison. Le meilleur moyen, c’est de les ignorer. Mais le problème c’est que pour les jeunes arbitres, c’est trop de pression et c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire car ils ont encore besoin de confiance et d’expérience.

— Vous avez cette saison largement donné leur chance aux jeunes arbitres, l’expérience a-t-elle payé ?

— Depuis sept mois, nous avions décidé de donner la chance à une nouvelle génération. Je ne peux pas dire que c’était un choix, nous y étions obligés. En effet, nous nous sommes trouvés devant un vrai problème : le nombre de matchs importants en championnat a doublé ces dernières saisons. Or, si nous comptons les arbitres compétents, nous n’en avons que 7 ou 8 et ils n’ont pas encore de longue carrière derrière eux. Ce sont là de nombreuses erreurs de politiques antérieures car il faut toujours assurer la continuité des générations. Ainsi, nous avons lancé 18 arbitres, dont 12 ont travaillé en première division. Jusqu’à présent, tout va très bien et conformément au programme que nous nous sommes fixé en début de saison.

— Certains anciens arbitres vous reprochent de privilégier les jeunes éléments ...

— C’est tout à fait normal. Et je vous confie que je privilégie à 100 % les jeunes arbitres. Ce sont eux qui représentent le futur de l’arbitrage en Egypte. Je dois les soutenir, être à leurs côtés afin de leur donner la confiance et l’expérience nécessaires. Quand certains d’entre eux commettent des erreurs, je ne les fouette pas. Il ne faut pas les détruire. C’est différent avec les anciens arbitres. Ils sont censés être des personnes expérimentées et leurs erreurs, surtout si elles sont grosses, sont injustifiables. Il est normal qu’il y ait une différence de traitement.

— Vous travaillez donc à mettre en place une génération de relève ?

— C’est une obligation. On ne pouvait plus retarder cette décision, sinon dans quelques années, on n’aurait plus d’arbitres compétents pour mener les matchs du championnat. C’est ainsi que depuis ma prise de fonction, et c’est la première fois, j’ai adopté une politique à long terme que j’ai d’ailleurs annoncée à tout le monde. Au cours de cette saison, nous donnerons la chance aux jeunes arbitres et dans les prochains mois, ils devront se confirmer et acquérir de l’expérience. Ainsi, la saison prochaine et celle d’après, nous aurons un nouveau groupe capable de remplacer les grandes figures.

— Qu’avez-vous fait pour améliorer la formation des arbitres ?

— Certains efforts ont été déployés à ce sujet mais malgré tout, la formation est toujours insuffisante. Les arbitres se sont regroupés en début de saison, nous avons prolongé le stage pour une journée et nous comptons encore l’allonger la saison prochaine. Cette saison et pour la première fois, nous tenons des réunions hebdomadaires avec les arbitres pour revoir les matchs et les analyser afin d’expliquer les erreurs. Mais nous sommes en manque de moyens. En effet, tout le budget consacré à l’arbitrage n’est que de quatre millions de L.E. cette saison. J’ai parlé au conseil d’administration, et les membres m’ont promis d’avoir plus de moyens la saison prochaine.

— Les arbitres sont les moins bien payés du monde du football. Avez-vous des projets pour y remédier ?

— C’est toujours le même problème, le manque de budget, et il n’est pas en mon pouvoir d’y remédier. Mais nous avons augmenté les primes des arbitres de 100 % en début de saison. Ce n’est toujours pas suffisant, mais il faut que vous sachiez que certaines personnes nous ont critiqués pour cette grosse augmentation !!

— Essam Abdel-Fattah arbitrera des rencontres de la Coupe du monde d’Allemagne. Des mesures ont-elles été prises pour l’aider ?

— Nous sommes tous autour de Essam durant cette période car il représentera l’arbitrage égyptien dans la plus prestigieuse compétition du monde. Tout d’abord, nous lui avons fixé un programme de match intensif, car cela l’aidera du point de vue technique. Et puis nous en tirerons aussi profit avec l’expérience qu’il va acquérir. Ensuite, nous lui avons annoncé qu’il pourra bénéficier de stages extérieurs et qu’un entraîneur sera mis à sa disposition. Ceci outre bien sûr notre aide et nos conseils s’il en a besoin, car personnellement je n’aime pas les fournir sauf si cela m’est demandé afin que personne ne pense que je cherche à m’imposer ou m’immiscer dans les affaires des autres.

Karim Farouk

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