Al-Ahram Hebdo, Egypte | Le message muet du Caire
  Président Salah Al-Ghamry
 
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 Semaine du 19 à 25 avril 2006, numéro 606

 

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Egypte

Palestine. Lors de sa visite au Caire, le ministre des Affaires étrangères du Hamas, Mahmoud Al-Zahar, n’a pu avoir aucun contact avec les responsables égyptiens. Une manière pour l’Egypte d’exprimer sa désapprobation.

Le message muet du Caire

Pour sa première visite au Caire, le chef de la diplomatie du Hamas, Mahmoud Al-Zahar, n’a pas trouvé d’interlocuteur égyptien. Ni le président Moubarak, ni son homologue Ahmad Aboul-Gheit n’étaient disponibles pour le rencontrer. Pas même un simple diplomate au ministère des Affaires étrangères. Motif officiel : « les responsables égyptiens sont tenus par d’autres occupations et leur agenda ne permet pas une telle rencontre (!) ».

Al-Zahar effectuait une tournée dans la région visant en premier lieu à atténuer les pressions qui pèsent sur le gouvernement du Hamas et obtenir un soutien financier après la suppression des aides américaines et européennes. En ne le recevant pas officiellement, les responsables égyptiens ont voulu adresser un message au groupe radical qui a remporté les élections législatives palestiniennes du 28 janvier dernier. « Le Hamas doit nous aider s’il veut que nous l’aidions », déclare une source diplomatique ayant requis l’anonymat. Et d’ajouter : « Ce n’est pas une mauvaise volonté de notre part mais nous souhaitons que le Hamas se conforme aux demandes de la communauté internationale et qu’il s’intègre dans le processus de paix. Le Hamas doit faire la différence entre son ancien statut de mouvement de résistance et sa position actuelle au gouvernement », ajoute la source. Le Hamas fait l’objet, depuis son arrivée au pouvoir, de pressions internationales pour l’inciter à reconnaître Israël et poursuivre les négociations avec l’Etat hébreu. C’est dans ce contexte que les Etats-Unis et l’Union européenne ont coupé tous contacts diplomatiques et toutes aides financières qui étaient destinées au gouvernement palestinien. L’Egypte, qui joue un rôle central dans le processus de paix, déploie des efforts intenses pour convaincre le Hamas de changer ses idées, de renoncer à l’usage de la violence et de reconnaître tous les accords déjà signés avec Israël. Or, le Hamas refuse de reconnaître l’initiative arabe adoptée lors du sommet arabe de Beyrouth en 2002 et le principe de la terre contre la paix. Cette attitude irrite profondément l’Egypte. Mais ce n’est pas tout. « Le Caire se sent embarrassé vis-à-vis de la communauté internationale. Si Al-Zahar avait été accueilli par des responsables égyptiens de haut rang, cela aurait donné l’impression que l’Egypte approuve les idées du Hamas et le soutient contre les pressions internationales », précise la source diplomatique. Cette attitude de l’Egypte s’est reflétée également lors du récent sommet arabe de Khartoum. Le Caire avait joué un rôle pour que le Hamas ne participe pas au sommet étant donné son intransigeance. Au Caire, Mahmoud Al-Zahar n’a rencontré que le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Lors d’une conférence de presse avec ce dernier, le responsable palestinien n’a pas voulu donner de l’ampleur au fait qu’il n’ait pas été reçu par des responsables égyptiens. « Nous entretenons avec l’Egypte des relations amicales et historiques », a déclaré Al-Zahar qui a affirmé avoir pris contact avec Ahmad Aboul-Gheit. « Nous nous sommes mis d’accord qu’une rencontre entre nous aurait lieu soit au début de ma tournée, soit à la fin de celle-ci », a ajouté le ministre palestinien.

L’Egypte renonce-t-elle ainsi à son rôle de médiateur ? « Non », répond la source anonyme. « Des contacts se poursuivent en coulisses avec le gouvernement du Hamas afin d’apaiser la tension entre lui et la communauté internationale », précise-t-elle. C’est dans ce contexte qu’une rencontre a eu lieu entre Al-Zahar et le chef des services de renseignements égyptiens, le général Omar Soliman.

Instigateur du processus de paix dans la région, l’Egypte craint qu’une détérioration de la situation n’engendre des répercussions néfastes sur sa stabilité et son économie. Lorsque les aides ont été coupées par la communauté internationale, l’Egypte s’est hâtée de fournir des vivres aux Palestiniens de crainte que la détérioration des conditions économiques ne provoque un flux de Palestiniens vers le territoire égyptien.

Chérif Ahmed

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