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 Semaine du 13 au 19 décembre 2006, numéro 640

 

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Rien ne va plus dans la région : en Iraq, au Liban et en Palestine. A l’escalade répond l’escalade. La presse de cette semaine analyse largement cette situation.  

Beaucoup de questions dans la presse cette semaine mettent en relief la situation très grave dans la région : « Bush tiendra-t-il compte du rapport Baker ? », « Le rapport Baker, véritable défi pour Bush, ne doit-il pas lui faire changer de cap ? », « Le tribunal international menace le gouvernement d’union nationale », « A quand des élections anticipées palestiniennes ? », « Durcissement du conflit entre le gouvernement et l’opposition au Liban », « Le coup d’Etat de Hassan Nasrallah », « C’est un gouvernement non libanais, illégitime », « Complications des calculs dans la crise libanaise ».

« La situation est vraiment dangereuse en Iraq, et si les choses ne bougent pas, alors la vague des positions politiques se poursuivra en faisant noyer le pays dans le cercle de la guerre civile », avertit Al-Ahram.

« Le rapport Baker exige une séparation entre l’illusion et la réalité », rapporte de son côté Bilal Al-Hassan dans Al-Hayat. Mais Moustapha Zein répond à cela en écrivant dans le même organe que « le rapport Baker ne remettra pas sur pied un Iraq déchiré ». « Aux partisans de Bush, cessez d’être des charlatans », titre en couverture le magazine hebdomadaire Al-Mawkif Al-Arabi.

Pour sa part, Salah Ibrahim parle, dans le quotidien d’opposition Al-Wafd, d’« entente nationale comme porte de sortie possible pour la crise actuelle en Iraq ». Il appelle tous les Iraqiens à prendre en charge leur destin, et après eux toute la nation arabe. « Après avoir reconnu leur échec en Iraq, il est important de savoir quelles seront les grandes lignes de la nouvelle politique américaine au Moyen-Orient », précise Ragab Al-Banna dans Octobar.

Il semble que le lien est indéniable entre le Liban et l’Iraq comme l’avancent certains écrivains. En effet dans Al-Hayat, l’écrivain libanais Adel Malek pense que le point commun entre le Liban et l’Iraq est le même : la Syrie et l’Iran pour sortir des crises. C’est la raison pour laquelle Malek parle de « fantôme des guerres civiles et de l’extrémisme confessionnel entre le Liban iraqien et l’Iraq libanais ».

« Comment comprendre ce qui se passe au Liban ? », s’interroge le politologue Hassan Nafea dans le quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom. Nafea estime que rien ne peut se comprendre au Liban loin des plans américains et il ajoute : « Le conflit entre Siniora et le Hezbollah n’est qu’une répétition du prochain conflit dans la région entre les extrémistes conduits par la Syrie, l’Iran, et bien évidement Israël ».

« Le Hezbollah pousse le Liban à l’anarchie », écrit Mahmoud Al-Tohami dans le quotidien Rose Al-Youssef.

Dans le journal libanais L’Orient Le Jour, l’éditorial de Issa Goraieb, intitulé « Le courage de la raison » a jugé « très graves les accusations des deux parties », car « ce sont des accusations de la plus grande gravité que le leader du Hezbollah, dans son discours télévisé aux manifestants, a lancées contre le chef du gouvernement et ses collaborateurs », souligne Goraieb. Sur un ton très alarmant, Goraieb décrit l’actuelle situation comme « une véritable stratégie du chaos : chaos socio-économique engendré par la paralysie des affaires, du commerce et de l’industrie, et, pire encore, chaos sécuritaire pouvant résulter des objectifs nouveaux assignés aux manifestants comme de l’échauffement graduel des esprits au niveau populaire ».

Plus optimiste, le chroniqueur Waël Al-Ebrachi définit, dans l’hebdomadaire Sawt Al-Omma, la rue libanaise de « très joli tableau exprimant la démocratie et la liberté, reflétant un véritable pluralisme politique ». Dans le même contexte, Ahmad Hammad, dans l’hebdomadaire nassérien Al-Arabi, écrit : « L’écart de propositions se situant à la limite d’un accord libanais, entre les exigences de l’opposition et les propositions du gouvernement n’est pas si grand qu’elles peuvent provoquer une guerre civile où tout le monde sera perdant ». « Méfions-nous », avertit Hammad, car « si les feux confessionnels s’enflamment au Liban, après l’Iraq, alors personne ne pourra arrêter son extension dans d’autres pays arabes ».

En ce qui concerne la Palestine, il semble que « la naissance d’un gouvernement d’union nationale se fera au forceps », écrit l’éditorialiste Abdel-Aal Al-Baqouri dans le magazine hebdomadaire Al-Mawkif Al-Arabi. Al-Baqouri explique que oui le Hamas et le Fatah, mouvements les plus populaires, sont les principaux protagonistes d’un gouvernement d’union nationale, mais « qu’en est-il d’une troisième alternative composée d’autres forces et factions, ayant aussi une influence populaire et un poids dans la décision palestinienne ? ». L’éditorial du quotidien saoudien Al-Charq Al-Awsat appelle : « Le Hamas et le Fatah à penser davantage à l’unité et l’intérêt des Palestiniens qu’aux gains politiques » .

Hoda Ghali

Paroles

Comme le Liban n’est plus le même que celui d’avant le 12 juillet, il semble qu’il ne sera non plus le même après l’actuel mouvement populaire. Pour comprendre cette situation, il faut appeler les choses par leurs noms : Israël ne tient pas particulièrement aux sunnites, et n’est pas non plus anti-chiites ... Et le dialogue entre les Libanais et leurs forces politiques autour de la question d’union nationale est toujours possible, mais sans cette connotation confessionnelle.

Azmi Béchara,Ecrivain, Al-Charq Al-Awsat.

 L’échec américain en Iraq a fait apparaître de nouveaux calculs dans le monde arabe. Tous ceux qui ont parié sur les Américains en paieront eux aussi le prix. De l’autre côté, tous ceux qui ont parié sur la chute de l’Administration Bush ont réalisé de grands bénéfices. Les calculs donnent de meilleurs résultats du côté syrien, iranien ou encore libanais. Aujourd’hui, les Américains diminuent leurs pressions sur la Syrie, et cherchent en même temps à négocier avec l’Iran. La raison à tout cela est toute simple : la flagrante chute des Américains en Iraq.

Farouq Goweida,Editorialiste,Al-Alam Al-Yom.  

Le rapport Baker-Hamilton ressemble davantage à l'ordonnance d'un médecin qui sait très bien que son malade est arrivé à un « état sans espoir ». Malgré la reconnaissance de la détérioration de la situation en Iraq, l'ordonnance a demandé l'augmentation des forces américaines qui entraîneront l'armée iraqienne. Tout en sachant que la résistance iraqienne ne permettra jamais l'établissement de forces sécuritaires internes à la merci des Américains.

Gamal Badawi,Ecrivain,Al-Wafd.  

Les victoires des partisans des pauvres se suivent en Amérique latine : Brésil, Equateur et Venezuela. Ainsi, le nombre des pays appliquant le socialisme démocratique augmente dans ce continent qui, dans le passé, était tristement connu pour ses putschs militaires. Je pense que dans le contexte actuel très difficile que traverse le monde arabe, il est de son devoir de promouvoir une plus étroite coopération avec les pays d'Amérique latine, où la gauche gagne et réalise d'immenses progrès en matière de lutte contre la pauvreté.

Ahmad Hamrouch,Ecrivain,Rose Al-Youssef.

Le long marathon du dialogue palestinien est dans l’impasse. Dès le début, le Hamas a joué avec Mahmoud Abbass le jeu du chat et la souris, et nous ne devrions pas s’attendre à des concessions du Hamas à Abou-Mazen, ni à personne d’autre d’ailleurs. Ce n’est un secret pour personne, pas même Mahmoud Abbass, que le Hamas a choisi très tôt l’alliance syro-iranienne, tout comme le Hezbollah. D’emblée, il ne pourra faire le moindre pas, ni avoir de stratégie qu’avec la coordination de cette alliance servant donc ses intérêts.

Saleh Al-Qallab,Ecrivain,Al-Charq Al-Awsat.

 




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