Al-Ahram Hebdo, Egypte |  Et le vainqueur est ... l’intégrité
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 

 Semaine du 13 au 19 décembre 2006, numéro 640

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Kiosque

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Loisirs

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Egypte

Corruption . Pour la première fois en Egypte, un prix est attribué à ceux qui luttent contre ce fléau. Une initiative qui marque le début d’une campagne de pression à l’intention du régime.

 Et le vainqueur est ... l’intégrité 

Une première, mais simple. L’idée commence par une annonce dans la presse. Deux journaux uniquement : le quotidien Al-Masri Al-Yom et l’hebdomadaire Al-Dostour. Une demi-page en rouge, blanc et noir, couleurs du drapeau égyptien. « Egyptiens contre la corruption ». Ils sont appelés à voter, sur Internet ou par SMS, pour élire « le combattant » et « le site Internet » qui ont le plus lutté contre la corruption en 2005-2006. Le mouvement Shayfeen.com (on vous surveille) né dans la foulée des législatives, pour dénoncer les fraudes électorales, se rallie alors à l’Organisation afro-égyptienne des droits de l’homme pour accorder ce prix inédit. Et pour sélectionner les candidats, une commission est formée. « Pour éviter d’être corrompus, nous-mêmes, c’est un magistrat qui a présidé cette commission et surveillé le dépouillement et l’annonce des résultats », explique Ghada Chahbandar, présidente de Shayfeen.com. Des voix de l’opposition en font partie, Ibrahim Issa ou Waël Al-Ibrachi, ces deux journalistes poursuivis en justice pour avoir dévoilé des affaires de corruption. Dans un premier temps, cinq noms sont avancés, parmi eux les deux juges réformateurs : Noha Al-Zini et Hicham Bastawissi, mais au bout des premières 24h, ils demandent que leurs noms soient retirés de la compétition. « Nous sommes là pour tenter de répandre la justice, et donc dévoiler l’injustice fait partie de notre mission ; on ne doit pas être primé pour notre travail », explique Bastawissi.

Quatre jours de vote seulement, et les résultats doivent être annoncés lors de la Journée mondiale contre la corruption. Dans le quartier de Doqqi, non loin du Shooting Club, s’établissent les petits locaux de Shayfeen.com. L’entrée est calme, juste une affiche, « la corruption tue, alors combattez-la », mais l’intérieur est bourré de monde. Des caméras de télévision, des journalistes, des militants, des magistrats, etc. Saïd Al-Gamal, le président de la commission, annonce les résultats. L’économiste et journaliste Ahmad Al-Naggar recueille le plus grand nombre de voix, environ 49 % des 4 500 voix valides. Al-Naggar devient ainsi le « premier combattant égyptien », notamment pour « ses écrits sur la corruption et le détournement de fonds publics dans le groupe de presse Al-Ahram et pour avoir saisi le procureur général de l’affaire ». Yéhia Hussein, celui qui avait révélé au grand jour et saisi aussi le procureur dans l’affaire de vente de Omar Effendi, vient en deuxième position. Le « site combattant » n’est autre que la « conscience égyptienne », misrdigital.blogspirit.com. Il obtient 47 % des 1 000 voix, devançant le fameux mouvement Kéfaya. C’est le site qui avait rapporté les histoires du harcèlement sexuel du centre-ville lors de la fête.

On célèbre, thé et gâteau circulent … l’optimisme prime en dépit de ce taux de participation assez ridicule. « L’important n’est pas le chiffre, mais la démarche. Beaucoup d’Egyptiens ne sont pas satisfaits ou sont déçus, ils pensent que les choses ne vont jamais bouger. Mais à force de voir des personnes se sacrifier, les obstacles tombent, la peur aussi », estime Bastawissi. C’est pourquoi le prix deviendra annuel et l’année prochaine, les primés seront des gens ordinaires, « de petits fonctionnaires qui ont lutté contre la corruption et subi des ennuis par la suite, des gens qui ne sont pas comme nous protégés par les projecteurs », explique Waël Al-Ibrachi. L’idée serait d’établir une carte de la corruption en Egypte, ses domaines, ses endroits et les cas où le pouvoir et la corruption ne font qu’un. Le symbolique de cette année devient concret l’année suivante et « le combat mené par des individus devient une affaire de toute une société », espère Al-Naggar. Le prix n’est que le début d’une campagne pour forcer le régime à appliquer la convention des Nations-Unies contre la corruption. L’Egypte l’a signée en 2002 et l’a ratifiée en 2005, et paradoxalement, elle n’est pas entrée en vigueur car n’étant pas publiée dans le journal officiel Al-Waqaïe al-masriya. Conséquence : l’Egypte occupe la 70e place sur 160 pays avec 3,3 points sur 10, dans le classement de corruption de 2006. Mais loin des chiffres et à part les 5 000 L.E. offertes au site élu, tous les gagnants ont obtenu une reproduction argentée et dorée d’une œuvre d’art du célèbre sculpteur égyptien, Mahmoud Mokhtar. Une partie de son œuvre, en effet, à savoir le couvercle d’une olla (gargoulette) coiffée de la fameuse statue du Réveil de l’Egypte, qui, une fois arrachée, tout le reste est démasqué .

Samar Al-Gamal 

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.