Al-Ahram Hebdo, Voyages | Chronique d’une nouvelle crise

  Président
Abdel-Fattah El Gibali
 
Rédacteur en chef
Hicham Mourad

Nos Archives

 Semaine du 8 au 14 février 2012, numéro 908

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Voyages

Tourisme . La fermeture de l’écluse d’Esna pendant une semaine, retenant près de 4 000 touristes sur des bateaux de croisière, provoque de graves effets négatifs pour le secteur.

Chronique d’une nouvelle crise

Après une semaine de blocage, l’affaire Esna est presque résolue. Mais Assouan et Louqsor ont été exclus des itinéraires touristiques de plusieurs pays. Car c’est une semaine difficile qu’ont vécue les habitants de la ville d’Esna, en Haute-Egypte, avec la fermeture de son écluse. En effet, environ 80 bateaux touristiques avec quelque 4 000 touristes de diverses nationalités à bord avaient été détenus pendant plusieurs jours sur le Nil par des employés de l’écluse de la ville d’Esna. 50 bateaux au sud et 29 autres au nord de l’écluse.

En effet, les employés des deux écluses d’Esna, relevant du ministère de l’Irrigation, ont décidé de se mettre en grève. Ces derniers ont perturbé la navigation pour attirer l’attention et contraindre les responsables à répondre favorablement à leurs demandes sur l’obtention de contrats à durée indéterminée. Pendant une semaine, les négociations menées entre les responsables et les employés de l’écluse d’Esna pour le règlement de la crise ont été vouées à l’échec. Mais deux jours plus tard, les employés, qui avaient insisté à poursuivre leur sit-in et leur grève, ont menacé de faire escalader la situation par l’ouverture de l’écluse, entraînant ainsi l’inondation de plus de 70 000 feddans (29 400 ha) de terre agricole au nord de la ville de Louqsor, en plus de la coupure du courant électrique dans la majorité des gouvernorats égyptiens. A ce moment, les responsables se sont finalement mis en action, demandant aux protestataires de leur accorder un mois pour répondre aux requêtes des employés. « Si l’affaire a été presque résolue, elle a malheureusement laissé de forts effets négatifs sur l’industrie du tourisme. Les agences de voyage étrangères refusent actuellement d’organiser des visites à destination d’Assouan et de Louqsor, depuis que leurs bureaux avaient reçu des milliers de plaintes de la part de touristes bloqués au bord du Nil suite à la fermeture de l’écluse », explique Abdel-Rahmane Anouar, membre de la Chambre des hôtels et président du comité chargé des bateaux.

Agences et hôtels touchés

Afin de contourner l’affaire, la Chambre des établissements hôteliers a formé une cellule de crise pour recevoir les plaintes des propriétaires des hôtels flottants et des agences de voyage étrangères. En fait, les agences de voyage et les hôtels égyptiens ont été également touchés par la crise. « En effet, cette crise a gravement affecté le tourisme non seulement étranger, mais aussi le tourisme interne. C’est une période de haute saison pour les Egyptiens qui aiment visiter les villes de la Haute-Egypte, Louqsor et Assouan, pendant les vacances de la mi-année. Les hôtels comptaient surtout sur les touristes égyptiens en cette période de l’année alors que les circonstances du pays n’étaient pas favorables au tourisme étranger au cours de l’année dernière. Les ouvriers de l’écluse d’Esna ont choisi de la fermer exprès à cette période de l’année pour faire le plus de dégâts possible, afin que le gouvernement réponde rapidement à leurs demandes », explique Nagui Eriane, vice-président de la Chambre d’hôtellerie et propriétaire d’hôtels flottants. De son côté, Tharwat Agami, président de la Chambre des agences de voyage de Louqsor, affirme qu’au moment de la fermeture de l’écluse, les agences de voyage perdaient six millions de dollars par jour. Somme considérable, surtout que le tourisme traverse une impasse.

Aujourd’hui, les responsables du secteur du tourisme, et surtout à la Chambre des agences de voyage de Louqsor, œuvrent à convaincre les agences de voyage de reprendre leurs vols vers Louqsor et Assouan. Tâche très difficile après les derniers incidents qui ont secoué Port-Saïd et dont les répercussions ont atteint Le Caire. « Le pays est aujourd’hui dans un vrai chaos. Pour la première fois depuis le déclenchement de la révolution début 2011, des touristes ont été attaqués. Et c’est là le grand danger pour ce secteur très sensible. Un touriste a été tué à Charm Al-Cheikh et deux autres ont été enlevés à Sainte-Catherine. On prévoit l’annulation de toutes les réservations actuelles et futures jusqu’à la fin du chaos et le retour de la stabilité », conclut Tharwat Agami.

Amira Samir

Retour au sommaire

Un temple qui a résisté au temps

Située à 60 km au sud de Louqsor, Esna abrite le temple de Khnoum, le bélier, souvent représenté dans les reliefs des temples funéraires et qui date du IIIe siècle. C’est, en fait, le seul monument qu’on peut visiter à Esna. La construction du temple d’Esna fut entreprise par les Ptolémées. Sa décoration se poursuivit à l’époque romaine, jusqu’au milieu du IIIe siècle. Seule subsiste aujourd’hui la salle hypostyle du temple dont le sanctuaire devrait être recherché sous les maisons à l’ouest du site.

Le temple d’Esna a bien résisté au temps, parce qu’il a été peut-être enfoui sous des couches de limon déposées à chacune des crues du Nil. Lorsque Champollion l’a découvert en 1828, il servait d’entrepôt de coton après avoir servi de magasin pendant tout le XVIIIe siècle.

Donnant sur le Nil de la Haute-Egypte, Esna est un point de passage pour les touristes en croisière, qui s’y arrêtent pour assister au célèbre passage de l’écluse. Les habitants du village viennent trouver les touristes sur les bateaux afin de leur proposer leurs marchandises : des nappes et des serviettes faites à la main.

Amira Samir

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Howaïda Salah -Héba Nasreddine
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.