Tourisme .
La fermeture de l’écluse d’Esna pendant une semaine,
retenant près de 4 000 touristes sur des bateaux de
croisière, provoque de graves effets négatifs pour le
secteur.
Chronique d’une nouvelle crise
Après une semaine de blocage, l’affaire Esna est presque
résolue. Mais Assouan et Louqsor ont été exclus des
itinéraires touristiques de plusieurs pays. Car c’est une
semaine difficile qu’ont vécue les habitants de la ville
d’Esna, en Haute-Egypte, avec la fermeture de son écluse. En
effet, environ 80 bateaux touristiques avec quelque 4 000
touristes de diverses nationalités à bord avaient été
détenus pendant plusieurs jours sur le Nil par des employés
de l’écluse de la ville d’Esna. 50 bateaux au sud et 29
autres au nord de l’écluse.
En effet, les employés des deux écluses d’Esna, relevant du
ministère de l’Irrigation, ont décidé de se mettre en grève.
Ces derniers ont perturbé la navigation pour attirer
l’attention et contraindre les responsables à répondre
favorablement à leurs demandes sur l’obtention de contrats à
durée indéterminée. Pendant une semaine, les négociations
menées entre les responsables et les employés de l’écluse
d’Esna pour le règlement de la crise ont été vouées à
l’échec. Mais deux jours plus tard, les employés, qui
avaient insisté à poursuivre leur sit-in et leur grève, ont
menacé de faire escalader la situation par l’ouverture de
l’écluse, entraînant ainsi l’inondation de plus de 70 000
feddans (29 400 ha) de terre agricole au nord de la ville de
Louqsor, en plus de la coupure du courant électrique dans la
majorité des gouvernorats égyptiens. A ce moment, les
responsables se sont finalement mis en action, demandant aux
protestataires de leur accorder un mois pour répondre aux
requêtes des employés. « Si l’affaire a été presque résolue,
elle a malheureusement laissé de forts effets négatifs sur
l’industrie du tourisme. Les agences de voyage étrangères
refusent actuellement d’organiser des visites à destination
d’Assouan et de Louqsor, depuis que leurs bureaux avaient
reçu des milliers de plaintes de la part de touristes
bloqués au bord du Nil suite à la fermeture de l’écluse »,
explique Abdel-Rahmane Anouar, membre de la Chambre des
hôtels et président du comité chargé des bateaux.
Agences et hôtels touchés
Afin de contourner l’affaire, la Chambre des établissements
hôteliers a formé une cellule de crise pour recevoir les
plaintes des propriétaires des hôtels flottants et des
agences de voyage étrangères. En fait, les agences de voyage
et les hôtels égyptiens ont été également touchés par la
crise. « En effet, cette crise a gravement affecté le
tourisme non seulement étranger, mais aussi le tourisme
interne. C’est une période de haute saison pour les
Egyptiens qui aiment visiter les villes de la Haute-Egypte,
Louqsor et Assouan, pendant les vacances de la mi-année. Les
hôtels comptaient surtout sur les touristes égyptiens en
cette période de l’année alors que les circonstances du pays
n’étaient pas favorables au tourisme étranger au cours de
l’année dernière. Les ouvriers de l’écluse d’Esna ont choisi
de la fermer exprès à cette période de l’année pour faire le
plus de dégâts possible, afin que le gouvernement réponde
rapidement à leurs demandes », explique Nagui Eriane,
vice-président de la Chambre d’hôtellerie et propriétaire
d’hôtels flottants. De son côté, Tharwat Agami, président de
la Chambre des agences de voyage de Louqsor, affirme qu’au
moment de la fermeture de l’écluse, les agences de voyage
perdaient six millions de dollars par jour. Somme
considérable, surtout que le tourisme traverse une impasse.
Aujourd’hui, les responsables du secteur du tourisme, et
surtout à la Chambre des agences de voyage de Louqsor,
œuvrent à convaincre les agences de voyage de reprendre
leurs vols vers Louqsor et Assouan. Tâche très difficile
après les derniers incidents qui ont secoué Port-Saïd et
dont les répercussions ont atteint Le Caire. « Le pays est
aujourd’hui dans un vrai chaos. Pour la première fois depuis
le déclenchement de la révolution début 2011, des touristes
ont été attaqués. Et c’est là le grand danger pour ce
secteur très sensible. Un touriste a été tué à Charm
Al-Cheikh et deux autres ont été enlevés à Sainte-Catherine.
On prévoit l’annulation de toutes les réservations actuelles
et futures jusqu’à la fin du chaos et le retour de la
stabilité », conclut Tharwat Agami.
Amira
Samir