CAN 2012 .
Deux défaites en autant de rencontres, le Sénégal et le
Maroc ont failli à leurs statuts de favoris confirmant que
la hiérarchie n’est plus respectée au Gabon et en Guinée
équatoriale.
La chasse aux Lions
Les surprises sont tombées très tôt lors de cette édition de
la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2012, car après 2 jours
du début de la compétition, le Sénégal et le Maroc, deux
puissances continentales, ont été éliminés. Et comme par
hasard, ces deux grandes nations ont eu un scénario
identique. Parties pour favorites, elles ont toutes les deux
raté leur départ avant de buter contre l’un des
co-organisateurs.
Les Lions de la Téranga sénégalais s’étaient présentés comme
le grand favori de leur groupe et même du titre au début de
cette CAN grâce à une belle palette de joueurs tels que
l’excellent attaquant de Newcastle (Ang) Demba Ba, 2e
meilleur buteur du Championnat anglais avec 15 réalisations,
le buteur de Fribourg (All) Papiss Cissé, l’attaquant de
Lille (FRA) Moussa Sow et le capitaine Mamadou Niang (Al-Sadd,
Qatar). Cette talentueuse bande avait donné l’espoir de
créer une nouvelle histoire pour le Sénégal, notamment après
avoir décroché son billet pour la phase finale au détriment
de deux anciens champions : le Cameroun et la RD Congo. Les
hommes d’Armand Traoré on mal débuté face à la Zambie 2 - 1
pour se faire abattre ensuite par l’un des co-organisateurs,
la Guinée équatoriale, 2 - 1, devenant la 1re équipe à se
faire éliminer. « Franchement, je ne sais pas ce qui s’est
mal passé. Je dois revoir les match et réfléchir calmement
car je n’arrive pas à trouver d’explication valable », a dit
Traoré. Les Lions de la Téranga n’ont été que l’ombre
d’eux-mêmes lors de cette CAN. Il semble que la pression
d’égaler ou même de franchir la performance de la bande
d’El-Hadji Diouf, finaliste de la CAN 2002 et quart de
finaliste du Mondial, leur a beaucoup pesé. « Nous devons
nous calmer et ne pas se presser pour prendre des décisions
et réformer totalement l’équipe. Ce groupe est riche en
talents et déterminé mais il manque d’expérience. Nous
devons connaître nos erreurs et les corriger car il n’est
pas logique de mettre en poussière un travail de 2 ans »,
avait dit le défenseur Omar Daf, l’unique joueur de la
génération de 2002, toujours en action à cette CAN.
Le même appel a été lancé par le capitaine du Maroc, Houcine
Kharja, après la 2e défaite de son équipe contre l’autre co-hôte,
le Gabon, 3 - 2. « Il ne sert à rien de faire le procès de
cette jeune équipe. Je demande aux journalistes de ne pas
trop forcer sur les joueurs. Ils sont jeunes et pour la
plupart d’entre eux, c’est la première fois qu’ils
participent à une CAN. Je pense qu’il faut être indulgent
avec eux. Dans ce groupe, il y a de la qualité », a-t-il dit
après la rencontre. C’est vrai, vu que le technicien belge
Eric Gerets disposait de joueurs tels que Marouane Chamakh
(Arsenal, Ang), Adel Taarabt (Queens Park Rangers, Ang),
Youssef Hadji (Rennes, Fra), Younes Belhanda (Montpellier,
Fra), Mehdi Benatia (Udinese, Ita) parmi d’autres. Par
contre, la naïveté de la défense leur a coûté très cher.
Face à la Tunisie, les Lions de l’Atlas étaient nettement
supérieurs et ont raté de nombreuses occasions franches pour
succomber au réalisme de leur adversaire par un coup franc
de Khaled Korbi et une excellente manœuvre technique de
Youssef Msakni qui a dribblé 3 défenseurs pour marquer le
but de la victoire. Et bien qu’ils aient bien débuté face au
Gabon en prenant l’avantage en première période, ils n’ont
pas pu résister aux vagues offensives des hôtes qui sont
revenus au score pour remporter la partie à la 95e minutes
du match 3 - 2 et les renvoyer à domicile. « Je suis déçu
par le résultat qui signe la fin de notre parcours. Nous
sommes venus avec l’ambition de jouer les grands rôles et au
final, on est contraints de rentrer à la maison après
seulement 2 matchs. Nous avons accompli du chemin depuis
plus d’un an. Il faut que j’analyse à tête reposée nos
deuxièmes mi-temps. Cela n’est pas normal de lâcher ainsi
des matchs qu’on maîtrisait », avait dit Gerets, suite au
match du Gabon.
Mais à côté des défaillances techniques et du manque
d’expérience, la presse des deux côtés a aussi évoqué
l’incapacité des équipes à se surpasser dans les grandes
occasions. Un syndrome qu’elles pensaient avoir exorcisé
depuis leur difficile qualification aux dépens de puissantes
équipes, mais apparemment, la confiance et la stature de
champion est encore à forger.
Karim
Farouk