Législatives
.
La troisième phase qui
s’achève
aujourd’hui, mercredi,
n’aura pas
modifié la physionomie
d’un Parlement déjà
dominé par les
islamistes.
La
tendance se
maintient
Le
Parti
Liberté et Justice (PLJ), issu
de la confrérie des
Frères
musulmans, a remporté
plus d’un tiers des voix
lors de la
troisième et dernière
phase des élections
à la
Chambre basse
du
Parlement, devant les
salafistes
du parti
d’Al-Nour,
selon les résultats
partiels
rendus publics vendredi
et samedi.
Le PLJ
serait
ainsi crédité de 37,5 %
des suffrages, alors
que les
islamistes plus radicaux
d’Al-Nour
affirment en avoir
obtenu environ 27 %,
arrivant en
seconde place dans la
plupart des
circonscriptions lors
du scrutin
de cette
semaine. Quant aux formations
libérales, le parti
du néo-Wafd
a obtenu 9,8 %,
suivi par le Bloc
égyptien (5,6 %).
Le
taux de vote
lors du
premier tour de la troisième
phase des élections
législatives a
été de 62 %, a
déclaré
samedi le président de la
Haute commission électorale, le
magistrat
Abdel-Moez Ibrahim.
Ainsi, sur
les 14 millions qui ont le
droit de vote,
près de 8,7 millions
d’électeurs se
sont rendus
aux urnes
mardi et mercredi
derniers
dans les 9 gouvernorats
concernés par
cette
dernière phase, pour élire
150 membres de
l’Assemblée
du peuple. Il
s’agit
notamment de trois
gouvernorats
du Delta,
Qalyoubiya, Daqahliya et
Gharbiya,
où les islamistes
sont bien
implantés, de
deux de Haute-Egypte,
Minya et
Qéna, où
vit une
importante
communauté copte, de
ceux de
Marsa Matrouh
à l’ouest
et de la Nouvelle Vallée au
sud-ouest,
connus pour leurs
structures tribales tout
comme les
deux gouvernorats
du Nord
et du
Sud-Sinaï. Or, malgré
cette
rassemblance de « diversité
démographique », les
résultats
sont venus confirmer la
percée des
courants islamistes déjà
bien
établie dès la première
phase.
A part
quelques
irrégularités limitées,
le premier tour s’est
déroulé
plutôt dans le
calme, sauf
dans
quelques gouvernorats,
notamment
celui de Qéna,
où les habitants
ont coupé
pendant plusieurs
jours la
ligne de chemin de
fer pour protester
contre le
comité électoral local
qui, selon
eux, favorisait les
candidats
issus de l’ex-Parti
National Démocrate (PND) de
Hosni
Moubarak. D’ailleurs,
ces ex-PND
sont fortement
représentés
dans le second tour qui a
commencé hier et qui se
poursuit ce
mercredi pour
départager les
candidats en
ballottage (un tiers des
députés
élus au scrutin
uninominal). Ces
deux jours
décideront des occupants de
près de 10 % des 508
sièges du
futur
Parlement.
Globalement,
au bout des trois phases des
élections, le PLJ de la
confrérie des
Frères
musulmans aura remporté
au moins 41 % des
sièges de
l’Assemblée du
peuple.
Alors que le
parti
salafiste Al-Nour en aura
décroché 20 %. En y
ajoutant les
sièges des
autres formations islamistes,
les deux tiers de
l’Assemblée
seraient contrôlés par
des représentants de
l’islam
politique. Toujours
selon les
résultats diffusés par
les Frères
musulmans, les libéraux
du Bloc
égyptien disposeraient de
9 % des sièges, de
même que
le parti
néo-Wafd. Les ex-alliés
de Hosni
Moubarak remporteraient,
eux, 4 % des
sièges
tandis que les
jeunes
activistes de la coalition La
Révolution en continu
n’auraient
que 2 % des élus, de
même que
les islamistes
modérés
d’Al-Wassat.
Profiter
de leur
légitimité
Les
résultats
officiels des élections
législatives,
organisées en
trois phases,
pourraient
être connus
vendredi 13
janvier. Cela
dit, c’est
très improbable
que le
résultat final change la domination des
islamistes qui
chercheront sans
doute à
profiter de
leur légitimité
électorale pour influencer les
contours de la nouvelle Constitution.
La
confrérie
islamiste a promis
que les
Egyptiens de toute
obédience
auraient leur mot
à dire dans
la rédaction de la Constitution.
Pour certains
analystes, les
Frères
musulmans pourraient
chercher des alliances avec les
formations libérales
plutôt
qu’avec les salafistes,
dont les
vues radicales
sur
l’application de la charia
et la loi
islamique inquiètent
beaucoup d’Egyptiens et de pays
occidentaux.
Dans
l’attente de la
mise en place
d’une
Assemblée constituante de
100 membres qui sera
chargée de
rédiger cette nouvelle
Constitution, le débat
porte déjà
sur le contenu de
celle-ci,
notamment sur la place de
l’islam
dans la politique et la
société
ainsi que la
définition des
pouvoirs
présidentiels, actuellement
assumés par le
Conseil
Suprême des Forces Armées
(CSFA) .
Chérif
Albert (avec agences)