Al-Ahram Hebdo, Egypte | La tendance se maintient

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 Semaine du 11 au 17 janvier 2012, numéro 904

 

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Egypte

Législatives . La troisième phase qui s’achève aujourd’hui, mercredi, n’aura pas modifié la physionomie d’un Parlement déjà dominé par les islamistes.

La tendance se maintient

Le Parti Liberté et Justice (PLJ), issu de la confrérie des Frères musulmans, a remporté plus d’un tiers des voix lors de la troisième et dernière phase des élections à la Chambre basse du Parlement, devant les salafistes du parti d’Al-Nour, selon les résultats partiels rendus publics vendredi et samedi.

Le PLJ serait ainsi crédité de 37,5 % des suffrages, alors que les islamistes plus radicaux d’Al-Nour affirment en avoir obtenu environ 27 %, arrivant en seconde place dans la plupart des circonscriptions lors du scrutin de cette semaine. Quant aux formations libérales, le parti du néo-Wafd a obtenu 9,8 %, suivi par le Bloc égyptien (5,6 %).

Le taux de vote lors du premier tour de la troisième phase des élections législatives a été de 62 %, a déclaré samedi le président de la Haute commission électorale, le magistrat Abdel-Moez Ibrahim. Ainsi, sur les 14 millions qui ont le droit de vote, près de 8,7 millions d’électeurs se sont rendus aux urnes mardi et mercredi derniers dans les 9 gouvernorats concernés par cette dernière phase, pour élire 150 membres de l’Assemblée du peuple. Il s’agit notamment de trois gouvernorats du Delta, Qalyoubiya, Daqahliya et Gharbiya, les islamistes sont bien implantés, de deux de Haute-Egypte, Minya et Qéna, vit une importante communauté copte, de ceux de Marsa Matrouh à l’ouest et de la Nouvelle Vallée au sud-ouest, connus pour leurs structures tribales tout comme les deux gouvernorats du Nord et du Sud-Sinaï. Or, malgré cette rassemblance de « diversité démographique », les résultats sont venus confirmer la percée des courants islamistes déjà bien établie dès la première phase.

A part quelques irrégularités limitées, le premier tour s’est déroulé plutôt dans le calme, sauf dans quelques gouvernorats, notamment celui de Qéna, les habitants ont coupé pendant plusieurs jours la ligne de chemin de fer pour protester contre le comité électoral local qui, selon eux, favorisait les candidats issus de l’ex-Parti National Démocrate (PND) de Hosni Moubarak. D’ailleurs, ces ex-PND sont fortement représentés dans le second tour qui a commencé hier et qui se poursuit ce mercredi pour départager les candidats en ballottage (un tiers des députés élus au scrutin uninominal). Ces deux jours décideront des occupants de près de 10 % des 508 sièges du futur Parlement.

Globalement, au bout des trois phases des élections, le PLJ de la confrérie des Frères musulmans aura remporté au moins 41 % des sièges de l’Assemblée du peuple. Alors que le parti salafiste Al-Nour en aura décroché 20 %. En y ajoutant les sièges des autres formations islamistes, les deux tiers de l’Assemblée seraient contrôlés par des représentants de l’islam politique. Toujours selon les résultats diffusés par les Frères musulmans, les libéraux du Bloc égyptien disposeraient de 9 % des sièges, de même que le parti néo-Wafd. Les ex-alliés de Hosni Moubarak remporteraient, eux, 4 % des sièges tandis que les jeunes activistes de la coalition La Révolution en continu n’auraient que 2 % des élus, de même que les islamistes modérés d’Al-Wassat.

Profiter de leur légitimité

Les résultats officiels des élections législatives, organisées en trois phases, pourraient être connus vendredi 13 janvier. Cela dit, c’est très improbable que le résultat final change la domination des islamistes qui chercheront sans doute à profiter de leur légitimité électorale pour influencer les contours de la nouvelle Constitution.

La confrérie islamiste a promis que les Egyptiens de toute obédience auraient leur mot à dire dans la rédaction de la Constitution. Pour certains analystes, les Frères musulmans pourraient chercher des alliances avec les formations libérales plutôt qu’avec les salafistes, dont les vues radicales sur l’application de la charia et la loi islamique inquiètent beaucoup d’Egyptiens et de pays occidentaux.

Dans l’attente de la mise en place d’une Assemblée constituante de 100 membres qui sera chargée de rédiger cette nouvelle Constitution, le débat porte déjà sur le contenu de celle-ci, notamment sur la place de l’islam dans la politique et la société ainsi que la définition des pouvoirs présidentiels, actuellement assumés par le Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA) .

Chérif Albert (avec agences)

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