Al-Ahram Hebdo, Evénement | Hassan Nafea, « L’avenir de la révolution ne dépend pas uniquement du Conseil »

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Labib Al-Sebai
 
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 Semaine du 7 au 13 septembre 2011, numéro 887

 

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Evénement

Conseil Militaire . L’activiste politique Hassan Nafea, professeur à la faculté des sciences politiques de l’Université du Caire, décortique la relation entre le Conseil suprême des forces armées et les Egyptiens, toutes tendances confondues. Entretien.

« L’avenir de la révolution ne dépend pas uniquement du Conseil »

Al-Ahram Hebdo :  On a vu quelques manifestations de soutien au Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA) dont les participants ne dépassaient pas les 200 personnes, est-ce un signe de mauvaise relation entre l’armée et les citoyens ?

Hassan Nafea : Tout d’abord, il faut reconnaître que le Conseil a pris en charge une responsabilité qu’il n’a pas demandée dès le départ. De plus, il a joué un rôle très important non seulement pour protéger la révolution, mais aussi pour obliger Moubarak à démissionner. Cette vérité est connue de tous. Quant aux protestations qui critiquent le CSFA, elles sont le résultat de sa politique, puisque aujourd’hui, il joue le rôle du président de la République durant la période de transition. Mais en même temps, il y a un soutien total à l’institution militaire face à une menace extérieure. Il suffit de voir ce qui s’est récemment passé au Sinaï. Tout le peuple s’est regroupé autour de l’armée pour la soutenir.

Ne trouvez-vous pas qu’il y a une certaine contradiction dans vos propos ?

Oui, c’est normal de déceler cette contradiction, surtout qu’il existe toujours des personnes qui veulent que le peuple perde confiance en l’armée et le CSFA. Malheureusement, ces personnes réussissent à trouver un terrain fertile pour mener leur complot, vu notamment les conflits existant entre les différents mouvements politiques en Egypte.

— De quelles personnes parlez-vous au juste ?

Je parle des forces qui sont contre la révolution. Elles savent très bien que saboter la relation entre le Conseil et le peuple est un moyen pour nuire à la révolution. C’est pour cela que je ne peux pas exclure que le fossé entre les deux pourra s’élargir si le Conseil ne prend pas garde à ces manœuvres.

Pourriez-vous être plus précis ?

C’est simple, le Conseil peut éviter cela en suivant plusieurs étapes, comme par exemple aller dans le sens des revendications de la population et soutenir la révolution et non pas les « résidus » de l’ancien régime.

Il est aussi important que le Conseil prenne en considération le fait que des gens répètent souvent qu’il y a toujours au sein du CSFA des partisans de l’ancien régime. Donc, le Conseil doit prouver le contraire en prenant des décisions ou des initiatives qui répondent aux exigences des jeunes de la révolution.

Vous distinguez dans vos propos entre le Conseil suprême des forces armées et l’armée. Quelle est la différence entre les deux ?

— Il est très important de distinguer entre les deux. L’armée en tant  qu’institution militaire ne commet ni exactions ni folies comme l’armée libyenne par exemple. Par conséquent, elle ne peut aucunement être critiquée. Tout au long de l’histoire égyptienne, l’armée était liée au peuple. Alors que le Conseil suprême des forces armées a aujourd’hui un rôle politique non militaire. C’est-à-dire qu’on peut le critiquer si sa politique ne nous satisfait pas. Autrement, il pourrait se transformer en un pouvoir autoritaire sans surveillance. Il ne faut pas oublier que le Conseil tire sa légitimité de la révolution du 25 janvier et non pas du discours du président déchu dans lequel il l’a chargé de prendre le pouvoir.

— La relation entre le Conseil et les mouvements islamistes est plus étroite que celle existant avec les autres mouvements politiques. Qu’en pensez-vous ?

— Non, ce n’est pas vrai. Quand le Conseil a commencé à exercer ses fonctions, c’était normal qu’il se rapproche plus du mouvement qu’il trouve le plus organisé afin de lui faciliter sa mission politique. Et c’est d’ici qu’est ce rapprochement. Mais lorsque le Conseil a adopté l’idée des principes supraconstitutionnels et le document d’Al-Azhar, on a vu la colère des Frères musulmans qui ont menacé de descendre dans la rue et de faire des manifestations gigantesques. Donc, le rapprochement qui existait au début entre le Conseil et les mouvements islamistes, et en particulier les Frères musulmans, a commencé à faiblir et connaît actuellement des problèmes.

— Et en ce qui concerne les autres mouvements politiques ?

Je pense que le Conseil traite tout le monde en usant de la même politique. Mais en réalité, c’est très difficile de connaître les intentions du Conseil, car au départ, il annoncé, après la chute de Moubarak, qu’il ne restera au pouvoir que 6 mois comme période de transition alors que 7 mois se sont écoulés déjà. Et je ne pense pas qu’il le quittera avant un an au moins. Certains sont allés même plus loin en disant que le Conseil ne compte pas abandonner le pouvoir.

— Vu cet état des choses, comment envisagez-vous l’avenir de la révolution ?

— Il faut savoir que l’avenir de la révolution ne dépend pas uniquement du Conseil. Je pense plutôt qu’il dépendra de la relation qui existera entre les différentes factions politiques en Egypte, qu’elles soient civiles ou islamiques. Car si l’état actuel de polarisation se poursuit sur la scène politique, et si on ressent l’absence d’un accord sur une feuille de route commune entre toutes les parties, la révolution se trouvera en danger et ne pourra jamais réaliser les objectifs pour lesquels elle a été déclenchée .

Propos recueillis par Chérine Abdel-Azim 

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