La question de
l’Etat
palestinien
Après onze mois de blocage du processus de paix,
l’Autorité palestinienne a annoncé, dans l’espoir de
sortir de l’impasse, qu’elle demanderait au Conseil de
sécurité de l’Onu de reconnaître l’indépendance de la
Palestine dans les frontières de 1967. A ce jour, l’Etat
de Palestine, revendiqué par la Déclaration d’Alger, est
reconnu par 94 pays membres de l’Onu sur 192. Le succès
de l’initiative palestinienne s’est élargi. Fin 2010, 5
Etats sud-américains, avec à leur tête le Brésil,
reconnaissent l’« Etat de Palestine avec les frontières
de 1967 ». Une reconnaissance qui a fait émerger de
nouveau l’esprit du tiers-monde et qui a isolé encore
plus Israël. Mais quel espoir à présent avec le rejet
israélien et occidental de cette initiative ? Il faut à
cet égard rappeler le calvaire vécu par les Palestiniens
avec l’échec des tentatives de règlement suite aux actes
de l’Etat hébreu.
D’ailleurs, le président de l’Association de solidarité
franco-palestinienne résume magistralement la position
du calvaire palestinien. Nous lisons : « Le constat
opéré est sans appel : c’est l’impasse totale du fait
des positions israéliennes ». C’est là un signe
politique clair et négatif. En mai dernier, Benyamin
Netanyahu a réitéré aux Etats-Unis, devant le Congrès,
les grandes lignes de son projet. Un programme qui se
résume à une série de refus : refus des frontières de
1967, refus du démantèlement des colonies — pourtant
illégales —, refus du gel de la construction
d’implantations coloniales quelles qu’elles soient,
refus du partage de Jérusalem et refus de la
reconnaissance des droits des réfugiés palestiniens.
Benyamin Netanyahu se déclare certes favorable à la
création d’un Etat palestinien, mais à la condition
inacceptable de nommer « Etat » une suite de
mini-enclaves privées de tout droit et de toute
viabilité. (...) Après tant de décennies et
soixante-quatre ans après le partage de la Palestine
mandataire, l’Etat de Palestine indépendant et souverain
dans ses frontières de 1967 et avec Jérusalem-Est pour
capitale semble plutôt n’être qu’un rêve;
Al-Ahram
Hebdo