Al-Ahram Hebdo, Egypte | Prérogatives limitées

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 Semaine du 30 novembre au 6 decembre, numéro 898

 

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Egypte

Parlement . Il n’aura aucun pouvoir sur le gouvernement, selon des déclarations récentes du Conseil militaire. Les islamistes, déjà confiants de leur performance électorale, sont les premiers à être déçus.

Prérogatives limitées

Premier pas vers « la démocratie promise », les élections législatives ont commencé lundi dans une atmosphère ambiguë quant aux pouvoirs de la nouvelle Assemblée élue. Samedi, un membre du Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA), le général Mamdouh Chahine, avait affirmé que « le futur Parlement n’aura aucune autorité sur le gouvernement ». Dans sa déclaration surprise, Chahine a précisé que ce Parlement « n’aura ni le pouvoir de retirer la confiance au gouvernement en place, ni celui de choisir les membres du futur gouvernement », précisant que l’Egypte « n’est pas un régime parlementaire », mais plutôt présidentiel. Implicitement, le Conseil militaire, qui a hérité des prérogatives du président de la République, aura le dernier mot en ce qui concerne la formation du nouveau gouvernement, indépendamment des résultats du scrutin.

Le mouvement des Frères musulmans, qui estime avoir le vent en poupe face à des dizaines de petits partis libéraux ou de gauche, a été le premier à réagir. La confrérie réclame que le prochain gouvernement soit formé par la majorité parlementaire. « Le futur Parlement est supposé représenter le peuple (...) Le Conseil militaire doit charger le parti qui remporte la majorité des voix de former le prochain gouvernement », a affirmé dimanche leur porte-parole, Mahmoud Ghozlane. « Si le gouvernement n’est pas représentatif du Parlement, l’Assemblée bloquera toute décision (du cabinet) », a-t-il même menacé.

Concernant l’éventuelle victoire de la confrérie islamiste aux législatives, il a affirmé : « Nous voulons la démocratie en Egypte, que ce soit à travers nous ou quelqu’un d’autre ». Ghozlane a par ailleurs affirmé que son mouvement était favorable à l’instauration d’un régime parlementaire au lieu d’un régime présidentiel comme sous l’ex-président Moubarak. « Il n’y a pas une seule institution (de l’Etat) dont le président de la République n’est pas le chef, à part le Parlement (...) Oui, nous préférons un régime parlementaire », a-t-il indiqué.

Espérant remporter la part du lion dans les législatives, l’influent mouvement des Frères s’est démarqué des manifestants de la place Tahrir contestant le pouvoir militaire et a toujours tenté de ménager l’armée avant les législatives. « Les Frères ne veulent aucun obstacle aux élections, car ils tentent de parvenir au pouvoir à travers ce scrutin », affirme Moustapha Kamel Al-Sayed, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire. « Ils se sont opposés au départ immédiat de l’armée, car cela plongerait l’Egypte dans la tourmente et reporterait de fait les élections », ajoute-t-il.

Le poids électoral des islamistes figure parmi les enjeux principaux du vote. Après des décennies de répression et de marginalisation sous le régime de Hosni Moubarak, la confrérie, considérée comme la force politique la mieux organisée du pays, aspire à être le grand gagnant des premières législatives depuis la révolution du 25 janvier. Divers sondages la créditent d’au moins un tiers des voix. « Leur objectif est clair, ce sont les élections. C’est capital pour eux », souligne à son tour Diaa Rachwane, directeur du Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram. « Ils gardent des relations amicales avec les militaires, c’est un choix stratégique qu’ils ont fait pour ne pas retarder les élections », précise l’expert. 

Or, ces relations amicales ont été testées à plus d’une reprise durant ces dernières semaines.

La présentation récemment d’un projet de principes constitutionnels, très décrié dans la classe politique à cause notamment des privilèges et immunités qu’il préserve à l’institution militaire, n’a dérangé les Frères que dans la mesure où il retirerait au futur Parlement le monopole de la formation de l’Assemblée constituante qui sera responsable de la rédaction de la future loi fondamentale du pays, enjeu fondamental pour l’armée, les islamistes et les autres mouvements politiques. Avec les déclarations retirant au Parlement le droit de former le futur gouvernement, celui-là ressemble déjà à un vieux lion blessé, au grand dam de ceux qui croient le peupler .

Chérif Albert

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