Al-Ahram Hebdo, Opinion | Le désordre organisé et les élections

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 Semaine du 12 au 18 octobre 2011, numéro 892

 

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Opinion

Le désordre organisé et les élections
Atef Al-Ghamri
Ecrivain

La chose la plus inquiétante alors que nous approchons des élections parlementaires est la propagation du phénomène du désordre organisé. Un phénomène qui appelle à une tentative pressante de faire régner la sécurité par tous les moyens et le plus tôt possible.

Cette priorité appuie l’idée de l’Etat de droit, alors que restent gravés dans notre mémoire les comportements des baltaguis (hommes de main) au cours des dernières élections sous l’ancien régime. Effectivement, des actes criminels étaient commis au vu et au su de tout le monde sans aucune considération de tomber sous le joug de la loi.

Le phénomène quotidien du désordre actuel nous rappelle la théorie du désordre créatif et nous pousse à réfléchir pour répondre à la question suivante : Y a-t-il une ressemblance entre la situation actuelle et le désordre créatif ?

Pour commencer, il faut dire qu’il n’est pas vrai que c’est Condeleezza Rice qui a lancé cette théorie. Elle a tout simplement utilisé le terme lancé par Michael Ledeen, qui est l’un des plus importants penseurs néo-conservateurs à l’« American Interprise Institut », considéré comme la citadelle intellectuelle des néo-conservateurs. Au début, ce terme était « le désordre destructif », puis il l’a changé pour devenir « le désordre créatif ».

Mais ce qui se passe en Egypte, alors que les aspects du vandalisme sont nombreux dans le cadre de la contre-révolution, dévoile que nous sommes face à un désordre destructif de fabrication locale, même s’il porte certains traits étrangers. Et également des caractéristiques qui s’accordent avec les objectifs de ceux qui avaient auparavant créé ce désordre pour servir l’ancien régime. Et voilà qu’il est aujourd’hui réactivé de façon organisée après la révolution du 25 janvier.

Le danger du phénomène du vandalisme moderne en Egypte est qu’il a des racines anciennes. Il a été fondé par le service dissolu de la Sûreté d’Etat, qui lui a créé une base d’action officielle pour répondre aux nécessités du pouvoir de Moubarak, se basant sur l’idée de la sécurité du régime au lieu de la sécurité nationale de l’Etat. C’est un principe adopté par les régimes de dictature pour garantir de rester éternellement au pouvoir. Un régime  basé sur les principes de l’Etat policier qui utilise le service de la Sûreté d’Etat pour oppresser les opposants et même les indépendants, et éloigner ceux qui ne se déclarent pas volontairement au service du régime.

C’est ainsi que le service de Sûreté avait eu recours aux baltaguis pour se cacher derrière eux tout en les faisant réagir à l’aide de l’argent, du pouvoir et de la protection. Les baltaguis ont donc été formés, et leur existence a été légalisée pour ressembler presque à une organisation toujours prête à attaquer les manifestants, comme nous l’avons vu sur les places et les rues du Caire  et face au syndicat des Journalistes.

Leur présence devenait plus intensive lors des élections et des campagnes électorales alors qu’ils étaient financés par les candidats du PND (Parti National Démocrate, aujourd’hui dissous). On les trouvait audacieusement armés dans les cercles électoraux, prêts à attaquer les concurrents du candidat qui les paye avec générosité.

Selon le ministre actuel de la Justice, le nombre de baltaguis est évalué aujourd’hui à un demi-million, qui obtiennent environ 5 000 L.E. pour une seule mission. Et un autre responsable au ministère de l’Intérieur a évalué le nombre des hors-la-loi à plus de 100 000. De plus, les différentes recherches effectuées par le Centre national des recherches sociales ont toutes assurées que le service de la Sûreté d’Etat protégeait ces éléments.

C’est alors que le déclenchement de la révolution du 25 janvier a causé une rupture dans ce commerce corrompu. Puis les circonstances à l’intérieur du pays ont permis la reprise de cette activité criminelle. C’est ainsi que leurs intérêts se sont accordés avec ceux des éléments de la contre-révolution, pour lesquels la chute du régime constitue une perte énorme.

Des déclarations officielles ont été faites annonçant que des sommes énormes (des millions de L.E.) ont afflué sur l’Egypte depuis l’étranger, après la révolution. Ce qui a permis à la caisse du financement des actes de vandalisme de se remplir alors que le financement est apparu clair dans certains événements à la place Tahrir, de l’ambassade israélienne et autres.

Les aspects du désordre organisé qui vise la révolution du peuple égyptien, ainsi que sa sécurité, son avenir et ses objectifs de construire un Etat moderne prospère, sont tout à fait clairs. La situation a donc besoin de procédures rapides et effectives qui se font de plus en plus pressantes avec l’approche des élections parlementaires. Il est évident que les confectionneurs de la contre-révolution ne vont pas laisser passer une occasion pareille, sauf si des procédures préventives sont adoptées pour avorter leurs tentatives criminelles dans le cadre de la loi actuelle qui garantit de telles procédures.

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