Al-Ahram Hebdo, Egypte | La polarisation s’accentue

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Labib Al-Sebai
 
Rédacteur en chef
Hicham Mourad

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 Semaine du 12 au 18 octobre 2011, numéro 892

 

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Egypte

Transition . Tandis que les islamistes jugent le processus trop lent, les laïcs, dans leur ensemble, préfèrent ne pas le hâter. Analyse.

La polarisation s’accentue

La semaine dernière, le Conseil militaire fut soumis à des pressions de la part de certaines forces politiques qui l’appelaient à accélérer le processus de transfert du pouvoir à une instance civile élue. Six candidats à la présidentielle ont lancé, mercredi 5 octobre, un appel commun pour que le prochain président de la République soit élu en avril prochain au plus tard, et avant l’élaboration d’une nouvelle Constitution.

Parallèlement, une manifestation (assez modeste) a eu lieu vendredi dernier sur la place Tahrir avec pour slogan « Retournez à vos casernes ». Aussi, le penseur islamiste et président de la « Commission des amendements constitutionnels » formée au lendemain de la révolution par le Conseil militaire, Tareq Al-Béchri, a-t-il publié un article dans les pages du quotidien Al-Shorouk où il explique que l’approbation par référendum de ces amendements place le Conseil militaire dans l’obligation d’organiser des élections présidentielles après les élections législatives et avant l’élaboration de la Constitution.

Cela dit, il est clair que le courant islamiste est aujourd’hui la principale force qui pousse dans la direction d’élections présidentielles anticipées. Ce qui est en harmonie avec sa position antérieure rejetant le slogan des forces laïques et des jeunes de la révolution : « La Constitution d’abord ». Les Frères musulmans justifient leur position par la peur de voir les militaires s’éterniser au pouvoir. Leurs détracteurs expliquent autrement ce désir d’anticiper le processus de transition : les Frères, en tant que formation bien structurée et bien établie, veulent profiter de leur avantage sur les nouvelles forces politiques.

L’idée du manque de préparation des nouveaux courants politiques a été exprimée par l’ex-président du parti du Front démocratique, Ossama Al-Ghazali Harb, dans le cadre d’un discours-choc la semaine dernière. Selon Harb, l’armée doit demeurer au pouvoir pendant deux ans avant de le transférer à un président civil élu. Il est allé même jusqu’à accepter l’idée d’un président militaire, étant donné que cela a été toujours le cas en Egypte depuis 1952.

La polarisation s’accentue entre un courant laïque qui, dans son ensemble, n’est pas chaud à l’idée d’anticiper les présidentielles, et un courant islamiste pour lequel l’élection d’un président est de prime importance, afin de remplir le vide du pouvoir assuré uniquement aujourd’hui par le Conseil militaire.

L’échec de l’idée de former une liste électorale patriotique regroupant la Coalition démocratique (dont font partie les Frères) et le Bloc égyptien (formé de plusieurs partis laïques) a renforcé encore davantage cette polarisation laïcs/islamistes. Enfin, la décision du parti du néo-Wafd de se retirer de la Coalition démocratique qu’il formait avec les Frères a été cruciale dans la cristallisation de cette dichotomie. Ce retrait du néo-Wafd de la Coalition peut amener les partis islamistes à se regrouper sur une même liste électorale avec tout le danger que cela représente pour l’avenir de la démocratie en Egypte. Surtout que ces partis s’emploient dans leurs campagnes électorales à mettre en question la validité de la foi de leurs concurrents, qu’ils soient ou non musulmans.

Ajoutons à cela que la cristallisation d’un bloc islamiste important au sein du nouveau Parlement risque de saper le processus de démocratisation au cas où, se sentant menacées, d’autres forces sollicitent l’intervention de l’armée pour barrer la route aux islamistes. Ce serait une réédition de ce qui s’est produit en Algérie en 1991, quand le Front islamique du salut a raflé la mise aux élections municipales, des élections que l’armée a annulées, inaugurant ainsi une décennie de guerre civile sanglante.

Ce scénario n’est pas plausible en Egypte et la possibilité pour le courant islamiste d’obtenir une majorité parlementaire des deux tiers (qui lui permettrait de monopoliser l’élaboration de la Constitution) semble très peu probable.

A vrai dire, le vrai danger que représente cette polarisation entre les laïcs et les religieux réside dans le fait qu’elle peut être exploitée par l’armée pour sortir de cette phase de transition avec un maximum d’indépendance politique et financière vis-à-vis de l’autorité civile élue. Une ambition qui a été ouvertement exprimée par le général Mamdouh Chahine, membre du Conseil militaire l

Samer Soliman

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