Palestine .
Avec l’appui de
Washington, Israël
accentue la
pression pour une reprise
des négociations
directes sans
pour autant donner la
moindre
garantie ni faire la
moindre concession.
La
polémique vide de
sens
Dix
ans après les accords d’Oslo,
le processus de
paix s’est
réduit à
une seule
question :
effectuer des négociations
directes ou
indirectes. Au lieu de
discuter des questions-clés
dont le
règlement est un
préalable
obligatoire à
toute solution finale
incluant la
création d’un Etat
palestinien,
telles que
les frontières,
Jérusalem, les
réfugiés ou
encore le partage de
l’eau, le
différend se limite
désormais à
la simple question de la modalité
des négociations.
Fidèle
à
sa
politique de tergiversation,
Israël a tout fait pour réduire
la polémique
à cette
question. En se montrant prêt
à reprendre
les négociations
directes et
en rendant les
Palestiniens
responsables de la non reprise
de ces discussions en raison de
leur refus,
Israël
tente de gagner un point
en faveur. Plus encore, Tel-Aviv
renverse la situation en passant
pour le bon élève
et en
pointant du
doigt le «
mauvais comportement »
des Palestiniens.
Ainsi,
concernant la question des colonies, le premier
ministre
israélien Benyamin
Netanyahu a regretté
que le
moratoire sur les
constructions de colonies en
Cisjordanie occupée
n’ait pas
permis, jusqu’à
maintenant,
d’amener les Palestiniens
à reprendre
des discussions directes pour la
paix. Si
le dirigeant
israélien
n’a pas dit
clairement
qu’il n’y
aurait pas
d’entraves à
l’érection de
nouvelles constructions
à l’issue
du
moratoire qui expire le 26
septembre, tout porte
cependant à
croire que
la construction de colonies reprendra.
« J’ai
décidé, contrairement
à tous
les gouvernements
précédents, de
geler les constructions
dans les
nouvelles colonies pour une
durée de
dix
mois, afin
d’encourager les
Palestiniens
à entamer
des discussions sur la
paix », a
dit le premier ministre
israélien,
faisant porter la responsabilité
du blocage
actuel aux
Palestiniens.
Alors
que les
Palestiniens et les Etats-Unis
estiment
que les colonies israéliennes
sont des obstacles
à la paix,
le moratoire
est mal
vécu par les membres de
son parti, le
Likoud et des
partis de
sa coalition gouvernementale
qui défendent
une
politique dure
envers
l’Autorité
palestinienne. Le
ministre israélien de la
Culture et des Sports, Limor
Livnat, a
ainsi indiqué
qu’il n’y
avait pas « le
moindre
doute » que la
construction reprendra
dans les colonies de
Cisjordanie
occupée à
l’issue du
moratoire.
Bloquées
depuis
l’offensive israélienne
contre la
bande de Gaza de l’hiver
2008-2009, les discussions ont
repris le 9
mai sous la
forme de discussions
indirectes,
dites de « proximité »,
par l’intermédiaire de
l’émissaire
américain George Mitchell.
Autre
tergiversation, M. Netanyahu a indiqué
qu’il était
prêt à faire des concessions aux
Palestiniens.
Pourtant,
dans la réalité des
faits,
aucune concession n’est
accordée
côté israélien
et, quand
bien même
ces
négociations reprendraient,
elles ne
risquent pas
d’aboutir à
des résultats
positifs
concrets. Pour preuve, le
premier ministre
ne s’est
pas prononcé
franchement
sur une prolongation
du gel des colonies. Or, sans
cela,
il ne
faut pas
espérer une reprise des
pourparlers.
Pour les
Palestiniens, en
effet, des
progrès dans les
discussions de proximité
sont
nécessaires avant
d’engager les discussions
directes
souhaitées par Israël,
mais aussi
par les Etats-Unis,
l’allié
éternel de l’Etat
hébreu. «
Nous disons
que s’il
y a des progrès,
nous
entamerons des discussions
directes. S’il
n’y a aucun
progrès,
quel serait le
bénéfice de
négociations qui seront
futiles et
inutiles
? », a dit
le président
palestinien
Mahmoud Abbass.
Ce dernier a
souligné
que les Palestiniens
souhaitaient des discussions
indirectes pour
progresser
sur deux
dossiers : les dispositions de
sécurité et les
frontières de
l’Etat que
les Palestiniens
entendent fonder en
Cisjordanie,
dans la
bande de Gaza et à
Jérusalem-Est.
La
semaine dernière,
lors de
sa
visite à Washington, M.
Netanyahu a réussi
à obtenir
le soutien
du président
américain,
Barack Obama,
sur cette
question. Ce dernier a
exhorté les
deux parties à
reprendre des discussions
directes
d’ici septembre.
Il a
également assuré,
vendredi, le chef de
l’Autorité
palestinienne de son engagement en
faveur de
l’établissement d’un Etat
palestinien.
Un engagement qui, même
émanant du
président
du principal parrain
du
processus de paix et de
la plus grande puissance
mondiale,
ne garantit
absolument
rien aux Palestiniens.
Abir Taleb