En
attendant le plan d’Obama
Atef Al-Ghamri
La
scène actuelle à Washington porte de nombreux indices
optimistes. Cependant, l’optimisme est entouré d’un brin de
pessimisme, la scène n’étant pas encore complète.
L’optimisme émane de l’initiative d’Obama qui a conféré une
troisième dimension au règlement palestinien, le considérant
comme un problème américain et non pas seulement un problème
entre Israël et les Palestiniens.
Le
pessimisme vient des comportements actuels du gouvernement
d’Israël et depuis de longues années. Il fait tout son
possible pour saboter la paix. Ce qui nous pousse à nous
mettre sur nos gardes. En effet, on ne peut écarter
l’éventualité qu’Israël entreprenne une action impulsive
mais étudiée pour détourner l’intérêt de la cause
palestinienne vers un autre problème qui occupera tout le
monde, comme une opération militaire contre l’Iran, le Liban
ou toute autre partie dans la région.
Les
prémices de la position américaine sont apparus avec les
nouvelles qui courent que le président Obama enverra des
lettres paraphées aux Israéliens et aux Palestiniens. Dans
ces lettres, il déclarera sa position des conditions
auxquelles parviendront les négociations et où il
déterminera les questions du statut final qui doivent être
résolues par les négociations.
Ceci
intervient dans le cadre de la qualification de la
résolution du problème comme un intérêt stratégique pour les
Etats-Unis et sa non-résolution comme une entrave à leurs
intérêts stratégiques. Tout ceci lié aux dires d’Obama que
sa résolution représente un intérêt pour la sécurité
nationale américaine.
Ce
discours, en plus de la participation des Etats-Unis en tant
que partie dans les négociations et dans la résolution, a
fait renaître l’expression des problèmes du statut final.
Les problèmes que le gouvernement d’Israël avait essayé
d’effacer des préparatifs de la paix alors qu’ils
représentent les principaux fondements du processus de paix
dès le départ. Ces problèmes, qui sont Jérusalem, les
réfugiés et les frontières, devront être résolus par les
négociations entre les deux parties israélienne et
palestinienne.
Le terme
du statut final a également été réutilisé par l’émissaire
américain, Georges Mitchell, dans un entretien avec le
célèbre présentateur Charlie Rose où il a déclaré : «
L’administration d’Obama pense que les négociations du
statut final ne doivent pas durer plus de 2 ans ».
De plus,
le général James Jones, conseiller de la Sécurité nationale
d’Obama, a déclaré devant un rassemblement de juifs
américains que le problème entre Israël et les Palestiniens
représente une question centrale pour les défis
qu’affrontent les Etats-Unis et que sa résolution est
importante pour atténuer d’autres tensions internationales.
Cette
description n’est pas très éloignée de ce qu’a dit
dernièrement le général Petreaus, dirigeant de la direction
centrale au Moyen-Orient, devant le Congrès, que la non
résolution du problème entre Israël et les Palestiniens
représente un danger pour les soldats américains au Moyen-Orient
dont le nombre s’élève à 200 000. Par la suite, des sources
américaines ont déclaré que le lobby juif n’a pas eu le
courage de critiquer Petreaus à cause de sa popularité parmi
les Américains et de crainte de soulever le mécontentement
de l’institution militaire.
Les
indices encourageants qui apparaissent à l’horizon américain
demeurent jusqu’à maintenant de petits pas sur une longue
voie. Ils demeurent soumis à la nature du régime politique
américain qui donne libre cours à toutes les forces
possédant des intérêts contradictoires dans toute décision
politique d’employer toutes leurs capacités pour orienter la
décision dans la direction voulue. C’est ce qu’ils appellent
l’équilibre dans la production de la décision.
La
direction finale de ces pas se déterminera selon les outils
de pression et d’influence que possède chaque partie à
travers de longues négociations et avant celles-ci, un
conflit se produira pour absorber complètement l’énergie de
ces pas ou pour minimiser ces forces motrices. Ceci aura
lieu de la manière décrite par Kessinger en disant que la
gestion de la politique étrangère à Washington ressemble à
la manière des gladiateurs romains.
Le
processus de paix concerne les Arabes en premier lieu. Ils
sont la principale partie dans un problème tripartite dont
les deux autres parties sont les Etats-Unis et Israël. Ces
deux parties gèrent leurs rôles dans le problème selon leurs
intérêts. Où est donc le rôle de la principale partie ?
Quels sont ses objectifs, les comptes de ses intérêts et les
outils de la gestion de son rôle dans le problème ?
Les pays
arabes ont opté depuis Madrid 1991 pour le processus de paix
et se sont engagés à respecter leurs engagements en
supposant qu’ils se sont engagés avec un gouvernement
responsable. Cependant, ceux qui gouvernent Israël ont
prouvé aujourd’hui qu’ils ne respectent aucun critère fixe
et convenu dans les comportements et les politiques des
pays.
Le monde
a affaire aujourd’hui à un organisme idéologique davantage
qu’à un représentant du gouvernement d’un Etat. Est-il donc
possible de le traiter avec les mêmes critères politiques
suivis entre les pays ?
Ceci
n’oblige-t-il pas les Arabes à réviser leurs positions, non
pas en refusant la paix, mais en gérant le processus de paix
de manière différente qui prenne en considération la réalité
de la situation, ses éventualités ainsi que les opportunités
et les dangers éventuels.