Afrique.
Une
politique
arabe faible
et
indifférente, notamment
au cours de la
dernière
décennie, a permis
à l’Etat
hébreu
d’étendre son influence dans
le continent et d’en
bénéficier
économiquement et politiquement.
Comment Israël a
conquis
l’Afrique
«
Un pays ami »,
c’est ainsi
qu’Israël se
présente aux pays
africains.
Personne ne
peut nier
que les relations
entre
l’Etat hébreu
et le continent noir
sont
aujourd’hui florissantes.
Une
coopération qui se déroule
sur tous
les plans et
à tous les
niveaux.
L’indice
le plus spectaculaire
c’est le
nombre de représentations
diplomatiques
israéliennes en
Afrique.
Celui-ci a
bondi de 6 missions en 1960 à
23 missions en 1961, pour atteindre
32 en 1972.
Ce nombre a
augmenté
aussi après la signature de Camp David et a
atteint son
comble après l’accord
d’Oslo, pour
devenir
aujourd’hui 46 pays africains,
sur un total de 53 pays,
entretenant des liens
diplomatiques avec
Israël.
A savoir
aussi que
les missions
diplomatiques israéliennes
en Afrique
représentent 48 % des missions
israéliennes dans le
monde entier.
La
tournée
récente d’Avigdor
Lieberman, le vice-premier ministre
israélien et
ministre des Affaires
étrangères, en
Afrique a
eu comme but de
restaurer
l’âge d’or de la
coopération
israélo-africaine des premiers temps de
l’indépendance
africaine.
Celui-ci est
accompagné
d’une délégation
d’hommes
d’affaires, des investissements
israéliens
dans les domaines de
l’agriculture, de
l’hydraulique, de
l’énergie,
du tourisme et de la
médecine.
En fait,
le continent noir occupe,
dès le début de la
création de
l’Etat hébreu,
une place
privilégiée dans son
agenda politique.
Certains
analystes font
remonter à
bien avant
cette
préoccupation israélienne
de l’Afrique.
C’est
Théodor Hertzl qui a
parlé en 1905 de
l’importance
d’entretenir des relations
entre les
juifs et
l’Afrique.
Il y avait
aussi parmi
ces plans
l’idée d’édifier un foyer
national juif en
Ouganda pour
contrôler le
Bassin du
Nil.
En plus,
les sionistes
voulaient
propager un
leurre,
celui de rapprocher
entre la
persécution des juifs et
la traite
négrière, idée qui a été
longtemps
caressée par les pères
fondateurs
du sionisme
désireux de fonder avec les
peuples
africains une
communauté des
persécutés. Golda
Meir,
ancienne premier ministre
israélienne, a
plaidé en
faveur d’un tel
projet. Le mot
d’ordre Back to Africa (retour
en Afrique),
lancé par Marcus Garvey en 1920,
avait
d’ailleurs été
perçu, à
l’époque, par bon
nombre
d’observateurs comme
l’équivalent
africain du
mot d’ordre
sioniste « Retour
à Sion
».
Le
sionisme
dévoilé
Un
mensonge qui
n’a pas
duré pour longtemps. Les
pays africains
ont saisi
le sens
véritable de l’intention
sioniste.
Israël s’est
rangé
systématiquement
durant la
période de la
décolonisation
du côté
occidental. C’est-à-dire
dans le camp de
ceux qui
étaient perçus par les
Africains
comme des oppresseurs
coloniaux,
allant même
jusqu’à
concevoir avec la France et le
Royaume-Uni une «
expédition punitive »
contre
l’Egypte en 1956, en vue
de briser la base
arrière de
soutien à la
Révolution
algérienne. Cela a
été le
cas
aussi avec l’Afrique
du Sud,
où l’Etat
hébreu, au
mépris de sa
philosophie
affichée, a été un des
principaux
soutiens au régime d’apartheid,
engageant
même avec lui
une
coopération nucléaire.
Et c’est
entre 1958 et 1973
que date la rupture collective
des relations entre
Israël et
l’Afrique. Mais
Israël n’a
pas perdu
l’espoir et a tout fait
pour que la rupture
ne soit
pas totale.
Entre
1973 et 1980, le commerce
africain
d’Israël a été
multiplié par
quatre en
valeur et une
trentaine de pays
africains
commerçaient avec Israël.
Les plus notables étant le
Nigeria, le Kenya, l’Ethiopie,
la Tanzanie
et la Côte-d’Ivoire. A la place
des ambassades
fermées, des
représentations
commerciales
permettaient
d’entretenir les relations.
Israël
regagne du
terrain
En plus,
trois mille
experts israéliens,
soit les
deux tiers des effectifs
israéliens en mission
dans le tiers-monde,
étaient
affectés au continent noir. Ce
rapprochement entre
Israël et
l’Afrique a lieu au temps
où la
coopération arabe
faisait
marche arrière de plus en
plus.
Les
accords de Camp David en 1978 ont
été
accueillis avec soulagement
par maintes
capitales africaines, qui
ont
consécutivement ouvert
les ambassades
israéliennes
fermées.
Un
sentiment de déception face au
monde arabe
régnait en ce temps
parmi les pays
africains.
Il
suffit de savoir
que les
échanges commerciaux
entre les pays
arabes et
l’Afrique atteint
seulement 5 % de
leur taux
d’échanges avec le monde
entier. Et
c’est
exactement de ce point
qu’Israël a
commencé son jeu. Il se
dresse
comme un ami qui
veut tendre
la main aux pays africains qui
souffrent de
sécheresse, famine,
croissance de la
dette et
n’ont d’autre option
que celle
d’améliorer le rapprochement
avec Israël. «
Sortir ces
pays de la crise
alimentaire et
économique
comme argument du
retour des relations
diplomatiques
entre eux
», dit
Abdallah Abdel-Razeq,
politologue
à l’Institut des
études
africaines.
L’Etat
hébreu
présente une assistance
technique dans le
domaine
agricole. Des
dizaines de
centres d’entraînement
israéliens se
propagent partout en
Afrique. A
titre
d’exemples
: le centre Le mont
du Carmen,
dans la ville de
Haïfa, se
consacre à
donner des
cours aux femmes africaines
dans le
domaine du
développement.
Un autre
centre nommé
L’étude de
colonisation offre des
entraînement
dans les
recherches agricoles.
Mais
tous ces
efforts israéliens
n’étaient pas
du tout
gratuits.
En fait, les
richesses africaines
suscitent la
convoitise
israélienne.
L’Afrique
est
le premier exportateur
mondial
d’or, de platine, de
diamant, de bauxite et de
manganèse. Le second
pour le
cuivre et le pétrole
brut. Elle est
en outre le premier
producteur
mondial de cacao, de thé,
de tabac, le second pour le
sisal et le coton.
L’échange commercial
entre
Israël et l’Afrique
atteint 1,7
milliard de dollars. C’est le
secteur
privé israélien qui
modèle les relations
actuelles avec le continent,
entre
importateurs de diamants,
compagnies de
sécurité plus
ou moins
liées au
pouvoir et experts en
tous genres.
Une dizaine
de grandes
sociétés israéliennes,
comme Solel
Bonet, Koor
Industries, Meïr Brothers et
Agridno
sont présentes
dans
l’économie africaine
à travers
des investissements directs et
des prêts
consentis par la Bank Leumi
et la Japhet Bank.
L’Afrique
du Sud
est
le premier partenaire commercial
d’Israël
sur le continent, avec des
échanges en augmentation de plus de 500 %
depuis la fin de
l’apartheid.
Mais
ce
n’est pas
seulement les richesses
naturelles qui
attirent
Israël. L’Afrique
est
aussi un bon
marché
d’armement pour Israël.
Ce commerce des
armes,
Israël le pratique
toujours avec
nombre de régimes
africains,
dont l’Ouganda, le
Zaïre et,
bien
entendu, le régime de Pretoria
avant sa chute.
Israël a
approvisionné
aussi en
armement des groupes de
l’opposition.
Certains rapports
sur le commerce
d’armes
israéliennes avaient, au
début des années 90,
noté le
chiffre de 800 000 dollars par an pour les
seuls
échanges avec Pretoria, tandis
que
d’autres parlaient de la
somme de
deux milliards annuellement
pour l’ensemble des pays
africains. Sans
oublier que
ces
échanges ont
permis aux
gouvernements israéliens
d’obtenir
l’uranium nécessaire
à la fabrication des bombes
atomiques et
d’autres et,
aussi, un
espace d’expérimentation
des armes
nucléaires dans le
désert de Kalahari. De plus, les
voix
africaines représentent
aussi beaucoup
d’importance pour
l’Etat
hébreu. Le Nigeria, par exemple,
qui vend beaucoup de pétrole
à l’Etat
hébreu et
reçoit de plus en plus
d’ingénieurs
israéliens,
n’a pas voté la
résolution des Nations-Unies
contre le
mur de séparation en
2006.
Aliaa
Al-Korachi