L’aveu d’Obama
Massoud Al-Hennawi
Le
fait que le président américain Barak Obama a avoué être
incapable de résoudre le problème du Moyen-Orient a été en
soi choquant. Cela a suscité de nombreux doutes, suspicions
et déceptions dans les milieux politiques et médiatiques.
Cependant, cela n’a absolument rien changé dans la
diplomatie arabe.
Deux
mois après avoir reçu le prix Nobel de la paix pour ses
promesses illusoires concernant la cause palestinienne,
Obama a reconnu avec courage et franchise avoir surestimé
ses capacités de convaincre les Israéliens et les
Palestiniens de reprendre le processus de paix et
sous-estimé la difficulté de résoudre le conflit dans la
région. Le plus étonnant est que cet aveu est survenu alors
que son envoyé spécial pour la paix au Moyen-Orient effectue
une tournée, probablement la 10e, dans la région sans
réaliser un quelconque résultat. Cet aveu a été accompagné
d’une confirmation que cet échec ne l’empêcherait pas de
poursuivre ses efforts pour réaliser l’objectif suprême
d’instaurer les deux Etats.
Cependant, les efforts qu’Obama fait et l’intention de
poursuivre n’aboutiront à rien s’il continue à se plier aux
tergiversations d’Israël et aux pressions du lobby sioniste
et si son administration continue à chercher le contentement
de Tel-Aviv à chaque fois qu’est prononcée une déclaration
suggérant des pressions sur Israël.
La
position américaine est peut-être justifiée. Cependant, je
ne vois aucune justification à ce silence arabe honteux face
à cet aveu d’Obama. Aucune action diplomatique n’a été prise,
aucun commentaire arabe n’a été prononcé comme si la
question ne nous concernait pas.
La
question ne nécessite ni miracle ni génie. Elle a plutôt
besoin d’une franchise et d’une volonté après l’aveu
américain. Les alternatives sont claires devant nous et
pourtant, nous ne voulons pas les voir. A mon avis, elles se
résument en deux points :
— Ou
Washington change sa politique actuelle et sort ses griffes
pour imposer la paix, ou qu’elle laisse ce dossier épineux
après son échec flagrant tout au long des dernières années.
— Ou les
Arabes cherchent une autre alternative que cette paix qu’ils
ont adoptée comme choix stratégique depuis dix ans. Ils ont
aussi le choix d’accepter de continuer à vivre cette comédie
absurde appelée les efforts de paix et qu’ils s’arrêtent
alors de tromper leurs peuples.