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Inauguration.
Le monastère de Saint-Antoine le grand, dressé sur la mer
Rouge, ouvre enfin ses portes aux visiteurs après des
travaux de restauration qui ont duré 5 ans.
Retour d’un pan de l’histoire copte
«
Le monastère de Saint-Antoine est le premier du genre en
Egypte, voire au monde entier. Il est aussi le plus riche
dans ses éléments architecturaux », affirme l’évêque Maxime
Al-Antoni, collaborateur du projet de restauration et de
préservation effectué par le Conseil Suprême des Antiquités
(CSA). D’une superficie de 18 feddans et dressé
majestueusement au pied de la montagne Al-Qalzam, à 67 km au
sud de la ville de Zaafarane, le monastère de Saint-Antoine
le grand a été officiellement inauguré par Zahi Hawas,
secrétaire général du CSA. Une inauguration impatiemment
attendue par les touristes et les visiteurs à cause des
opérations de restauration qui ont duré cinq ans de travail
continu. Tous les éléments architecturaux que comprend le
monastère ont été restaurés ainsi que les différentes
décorations et icônes. Au cours de ces opérations, les
experts ont mis au jour de rares éléments qui augmentent la
valeur historique du monastère.
Selon
l’évêque, la restauration était un projet exhaustif qui a
commencé en 2003 et a pris fin en 2008. Un travail qui a
couvert tous les anciens bâtiments du monastère qui étaient
dans un état lamentable. A cet égard, citons à titre
d’exemple une forteresse qui date du VIe siècle, les deux
anciennes églises : celle de l’évêque Antoine ainsi que
celle des 4 créatures appelées les 4 vivants de l’Apocalypse,
et ce sans oublier les murailles entourant le monastère, le
moulin, les greniers, le réfectoire, le pressoir d’olives et
bien d’autres édifices. Le monastère de Saint-Antoine le
grand est ainsi considéré comme une cité complète dressée au
cœur du désert. « Aussi ont été consolidées les fondations
des différents édifices ainsi que les sols des ermitages
avec les matériaux locaux adéquats. D’ailleurs, il y a eu
des restaurations fines des iconostases et des scènes coptes
qui ornent les murs des autels des anciennes églises, et ce
sans oublier le déplacement de quelques activités de
l’église comme ateliers et autres hors de l’enceinte
archéologique », explique l’évêque. En même temps, les
travaux ont compris l’installation de deux réseaux
électriques et d’un réseau d’eau potable.
Ces
travaux ont permis de dégager plusieurs éléments
archéologiques d’une extrême importance. Parmi ces
découvertes, on cite un ermitage trouvé sous l’ancienne
église de Saint-Antoine. Composé de trois pièces, cet
ermitage date du IVe siècle. « C’est la même époque où
résidait encore l’évêque Antoine qui a vécu entre 251 et 356
de notre ère », explique Dr Loay Mahmoud Saïd, directeur du
département de documentation et d’enregistrement des
monuments coptes au CSA. Selon lui, il est très probable que
l’évêque lui-même ait fondé cet ermitage, redoublant ainsi
la valeur archéologique de cet édifice, considéré déjà comme
l’un des plus anciens de toute l’Egypte, voire du monde
entier. Impressionnant qu’il soit, cet ermitage se distingue
par ses éléments architecturaux complets et bien préservés.
Il est niché et était clos d’une porte en brique crue. Cet
édifice comprend trois pièces : la première est celle des
services où ont été trouvés deux fours et un récipient sur
lequel des traces d’huile existent encore. Elle comprend
aussi une niche qui contenait une lampe à huile et dont le
dépôt d’huile est creusé au fond de la niche. « Cette
méthode d’éclairage est très rare dans les constructions et
témoigne en fait de l’ancienneté du bâtiment », précise
l’évêque. Quant au sol, il est couvert de pierres colorées
découpées des montagnes des alentours. La pièce des services
s’ouvre sur deux autres salles. L’une d’elles est consacrée
à la prière et un de ses murs est couvert d’inscriptions
coptes comprenant des prières accompagnées de la forme
classique de la croix. Ces inscriptions sont considérées
comme les plus anciennes jamais connues, redoublant ainsi la
valeur de l’ermitage.
Là aussi
« a été découvert un grand récipient d’argile enseveli à
moitié. Cette fois, nous y avons découvert de l’eau »,
reprend-il. Ainsi, les ermites évitaient la perte de l’eau à
travers l’argile et en même temps garantissaient de boire de
l’eau fraîche tout au long de l’année. Actuellement,
l’ancien ermitage est couvert d’un verre transparent pour
l’exposer aux visiteurs et aux jeunes moines. Toutes les
pièces sont illuminées indirectement afin d’éviter tout
effet nocif. Ajoutons que l’ermitage comprend de même une
ancienne bibliothèque qui renferme 1 438 manuscrits. Un
trésor incomparable et ce sans oublier les icônes et les
scènes coptes qui décorent les murs des églises. De
celles-ci surgit une scène représentative de Jésus assis sur
le trône et entouré de deux anges ailés.
Le
monastère de Saint-Antoine le grand va attirer les touristes,
étudiants, amateurs de l’art copte et tous les intéressés.
L’inauguration officielle va enfin placer le monastère sur
la carte touristique locale et mondiale.
Doaa
Elhami
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Qui est saint
Antoine ? |
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Il
a vécu entre
251 et 356 de notre
ère.
C’est-à-dire entre les
IIIe et
IVe siècles.
Il est
né en Haute-Egypte
et a mené une
vie aisée,
puisqu’il était
très riche à
son époque. Dès son
âge prématuré,
Antoine a été
connu par sa
dévotion. Il
est le premier qui
s’est basé
sur l’Evangile
et surtout sur
les versets 19 et 21 de
l’Evangile de Mathieu « qui
incitent les
dévots à
abandonner toute
aisance de vie et
distribuer leur
fortune aux pauvres
afin d’obtenir
le trésor
céleste. Il
s’est
débarrassé de sa fortune en
la distribuant aux
pauvres des
alentours. Il a aussi
amené sa
sœur à
l’une des
maisons des religieuses,
assurant ainsi
l’existence de
ce genre de maisons
à cet
âge prématuré
», explique Dr
Loäy Mahmoud
Saïd, directeur
du département
de documentation et
d’enregistrement des monuments
coptes. Selon
lui, avant
Antoine, il
n’y avait
pas de vraie vie
monastique. Avis
partagé par Ahmad
Qadri,
archéologue des monuments coptes
et islamiques.
Pour lui, avant
cette époque,
il y
avait des ermites
individuels à
l’instar de
Abou-Nofal Al-Sayeh. Le motif
essentiel de
leur convergence vers le
désert et
la dévotion
était leur
refus du
caractère cruel de
leur vie. Or,
ce
n’était pas le cas
d’Antoine qui a
installé les bases de la vie
monastique « suivant en fait
les versets de
l’Evangile », reprend-il.
Ainsi
s’est-il dirigé
vers
l’emplacement de l’actuel
monastère
Maymoun à
Béni-Souef.
Là-bas,
sa
dévotion s’est
répandue dans
les alentours,
attirant plusieurs
ermites.
Rassemblant
peu d’amis,
« Antoine avait
quitté son abri en 285 et
s’est dirigé
vers le désert
oriental. Ensuite,
il
est parti
avec une tribu
nomade vers
la mer Rouge et
à la base de la montagne Al-Qalzam,
où se dresse
actuellement le
monastère de Saint-Antoine, et il
s’y est
installé »,
raconte Ahmad Qadri.
Selon
l’archéologue, les aides et
les soins
d’Antoine aux membres de la
tribu avaient
continué. Sa
bienfaisance
s’est répandue partout,
attirant un
nombre considérable
d’ermites qui
avaient appris la vie
monastique.
Raison pour laquelle les
archéologues
supposent que
l’ancien
ermitage trouvé
sous l’église
de Saint-Antoine pourrait
être bâti
par l’évêque
lui-même.
D’ailleurs,
beaucoup d’ermitages y
ont été
bâtis, «
expliquant ainsi la
présence
d’anciens ermitages
sur le site »,
reprend Qadri. Antoine
est
devenu leur
père d’âme
et l’évêque des
jeunes moines qui y a
été enseveli
d’après les documents
ecclésiastiques.
Doaa
Elhami |
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Comment s’y
rendre ?
Le
seul moyen
pour s’y rendre
est par
auto. Prenez la route
Aïn Al-Sokhna
jusqu’à la
ville de
Zaafarana.
Prenez la
route parallèle
à la mer Rouge
jusqu’à la station de
gaz Wataniya.
De ce
point, il faut
faire 17 km au sein de la
montagne.
Rien
n’est difficile.
A cet
endroit, vous
trouverez un
écriteau indiquant la
direction qui mène au
monastère de Saint-Antoine le grand. |
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