Survie
Le
fragile gouvernement de transition somalien lutte pour
sa survie face aux insurgés islamistes, après les morts
du ministre de la Sécurité intérieure et du commandant
de la police de Mogadiscio.
Les
islamistes radicaux somaliens des Shebab ont revendiqué,
jeudi dernier, un attentat suicide à Beledweyne (environ
300 km au nord de Mogadiscio) qui a fait 30 blessés et
20 morts, dont le ministre Omar Hashi Aden, plus haut
responsable somalien tué dans les violences en Somalie
depuis l’élection en janvier à la tête du pays de
l’islamiste modéré Sheikh Sharif Ahmed. Mercredi, 26
personnes, dont le commandant de la police de Mogadiscio
et de sa région, le colonel Ali Said Hassan, avaient été
tuées dans des affrontements dans la capitale Mogadiscio
où, depuis le 22 mai, les forces gouvernementales mènent,
avec des succès mitigés, une contre-offensive face aux
insurgés. Depuis début mai, ces combats ont fait environ
300 morts (civils et combattants). Selon l’Onu, plus de
122 000 personnes ont également été déplacées.
Cependant, le gouvernement jure de poursuivre son
offensive contre les insurgés, forts du soutien d’un
influent mouvement musulman soufi, Ahlu sunna wal-jamaa.
Celui-ci a promis de prendre les armes contre les
insurgés. Ahlu sunna wal-jamaa ne s’engage
traditionnellement pas dans des affrontements armés. Le
groupe s’était toutefois opposé militairement, fin
janvier dernier dans l’ouest du pays, aux islamistes des
Shebab, dont l’idéologie est plus proche de la branche
rigoriste wahhabite de l’Arabie saoudite.
Le 7
mai dernier, les insurgés avaient lancé une offensive
sans précédent, menée par les Shebab et la milice Hezb
al-islamiya, pour renverser le président, Sharif Cheikh
Ahmed. Les forces gouvernementales sont passées à la
contre-offensive le 22 mai, tout en accusant l’Erythrée
d’armer et de financer les insurgés islamistes, qui ont
reçu ces derniers mois le renfort de centaines de
combattants étrangers. Relayant les accusations de
Mogadiscio, l’Union Africaine (UA) a demandé aux
Nations-Unies de prendre des sanctions contre Asmara,
qui nie toute participation au conflit.
Depuis, le ministre somalien de la Défense, Mohammed
Abdi Gandi, affirme que 14 des 16 districts de la
capitale étaient désormais sous contrôle des forces
gouvernementales, sans qu’aucune source indépendante ne
le confirme. De fait, les batailles pour le contrôle des
districts se concentrent le plus souvent sur des points
stratégiques, tels que le commissariat de la zone, sans
qu’aucun des deux camps ne puisse véritablement clamer
son emprise sur le quartier tout entier.