Discorde
Processus de paix au Proche-Orient, colonies
israéliennes en Cisjordanie, menace iranienne : la
première rencontre, le 18 mai, entre le président
américain, Barack Obama, et le premier ministre
israélien, Benyamin Netanyahu, n’a pas manqué de sujets
de discorde et de tension.
Netanyahu, qui a refusé jusqu’ici de soutenir
publiquement la création d’un Etat palestinien, veut
d’abord régler la question iranienne et estime que les
Palestiniens ne sont pas prêts pour une solution à deux
Etats, soutenue par la communauté internationale. Le
président américain voit, lui, dans l’avancée des
négociations sur un futur Etat palestinien une façon de
rallier des pays arabes contre l’Iran. A en croire
l’ambassadrice des Etats-Unis à l’Onu, Susan Rice,
l’Administration américaine est déterminée à ne pas
temporiser pour obtenir une solution au Proche-Orient
basée sur le principe des deux Etats.
Le
président américain a également évoqué les colonies
israéliennes en Cisjordanie, l’un des obstacles majeurs
au processus de paix. Le dirigeant israélien a répliqué
en insistant sur le droit d’Israël à poursuivre la
construction dans les blocs de colonies existantes de
Cisjordanie afin de soutenir leur « croissance naturelle
». Cette position crée un nouveau contentieux entre
Netanyahu, un « faucon », et l’Administration américaine
qui a récemment appelé Israël à arrêter la colonisation
en Cisjordanie. Le premier ministre de l’Etat hébreu
s’est évertué à rappeler à son interlocuteur que le
précédent président américain, George W. Bush, avait
reconnu, dans une lettre à l’ancien premier ministre
israélien, Ariel Sharon, que les grandes colonies juives
resteraient sous contrôle israélien en cas d’accord de
paix avec les Palestiniens. Washington cependant
démenti avoir approuvé l’extension des colonies. Près de
300 000 colons israéliens se sont installés en
Cisjordanie depuis son occupation en juin 1967. A
Jérusalem-Est, 190 000 Israéliens vivent dans une
douzaine de quartiers de colonisation.
Dès
son investiture, Barack Obama a souhaité la relance
rapide du processus de paix, mais Benyamin Netanyahu a
jusqu’ici refusé de soutenir publiquement la solution de
deux Etats. Il a au contraire évoqué l’ouverture de
discussions avec les Palestiniens axées sur
l’amélioration de leurs conditions de vie et leur
développement économique. Une initiative qui va à
l’encontre du plan de paix que prépare l’Administration
américaine pour le Proche-Orient, dont le roi de
Jordanie a fait dernièrement état. D’après le souverain
hachémite, qui s’est rendu à Washington en avril dernier
pour rencontrer le président Obama, ce plan impliquerait
une solution où la totalité du monde musulman (57 Etats)
reconnaîtrait Israël. Cette initiative de paix sera
probablement au centre du grand discours au monde
musulman que le président américain doit prononcer en
Egypte le 4 juin prochain.