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Edito Purification ethnique
La critique est venue cette
fois-ci, non pas du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, taxé d’antisémite
par Israël et les pays occidentaux, mais d’une lauréate du prix Nobel de la
paix en 1976 : Mairead Maguire.
La militante pacifiste et
féministe nord-irlandaise a clairement accusé la semaine dernière les autorités
israéliennes de pratiquer une politique de « purification ethnique » à
Jérusalem-Est, où la municipalité prévoit la démolition de dizaines de maisons
arabes. « Les politiques du gouvernement israélien vont contre les lois
internationales, contre les droits de l’homme et contre la dignité du peuple
palestinien », a-t-elle souligné lors d’une conférence de presse du Comité de
défense des habitants d’Al-Boustan. Ce lotissement, situé dans le quartier de
Silwan de Jérusalem-Est, dans la partie de la ville annexée en 1967 par Israël,
est visé par un ordre de démolition de 88 maisons émis par la municipalité
israélienne de la ville. Les ordres de démolition ont été émis en 2003.
Mi-février 2009, le nouveau maire de la ville, Nir Barkat, avait rappelé à
leurs habitants qu’il avait l’intention de les appliquer. Selon l’organisation
israélienne B’Tselem pour la défense des droits de l’Homme, depuis 2004, les
autorités israéliennes ont démoli plus de 400 maisons à Jérusalem-Est.
Pour les Palestiniens, le but de
ces démolitions est de les chasser de Jérusalem-Est, qu’ils considèrent comme
la capitale de leur futur Etat. Leur destruction, au motif qu’elles ont été
construites ou agrandies sans permis israélien, jetterait à la rue quelque 1
500 personnes, selon le Comité de défense, soit l’expulsion la plus importante
depuis que le secteur oriental de la ville sainte a été occupé par Israël en
1967. Les habitants d’Al-Boustan conviennent qu’ils ont construit ou agrandi
des maisons sans permis, mais ils font valoir qu’il leur est pratiquement
impossible d’en obtenir. Silwan, où vivent plus de 10 000 Palestiniens, est le
site présumé de l’antique « cité de David ». Soixante familles juives y vivent
actuellement.
Considérée comme illégale par la
communauté internationale, la politique israélienne de démolition de maisons
palestiniennes dans la partie orientale de la ville sainte est critiquée tant
par l’Europe que par les Etats-Unis, principaux alliés d’Israël. La secrétaire
d’Etat américaine, Hillary Clinton, avait critiqué le 4 mars la décision de la
municipalité de Jérusalem d’appliquer les ordres de démolition. Mais rien n’y
fait. L’Etat juif poursuit imperturbablement ses plans destructeurs, au moment
où le processus de paix au Proche-Orient semble encore plus mal en point depuis
l’investiture, le 31 mars, du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu.
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