Al-Ahram Hebdo, Opinion
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 Semaine du 1er au 7 avril 2009, numéro 760

 

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Opinion

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Edito

Reniement

Le reniement par Israël du processus de paix d’Annapolis, voué à la création d’un Etat palestinien, pose un vrai défi pour le président américain, Barack Obama, qui s’était engagé à le relancer rapidement.

Dès sa prise de fonctions, le nouveau chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, a abruptement posé les conditions de l’Etat hébreu, en contradiction avec ses précédents engagements : seule la Feuille de route de 2003 engage l’Etat hébreu, qui l’a acceptée, tout comme l’Autorité palestinienne. Ce plan, mis au point par le Quartette international sur le Proche-Orient composé des Etats-Unis, de la Russie, de l’Onu et de l’Union européenne, subordonne notamment la création d’un Etat palestinien à la mise au pas des groupes armés palestiniens. La conférence d’Annapolis, en novembre 2007 aux Etats-Unis, avait confirmé la validité de la Feuille de route mais lancé des négociations directes visant à la création d’un Etat palestinien indépendant et viable. L’ancien premier ministre Ehud Olmert et le président palestinien, Mahmoud Abbass, avaient alors promis à George Bush de tout faire pour atteindre cet objectif avant la fin de son mandat, en janvier 2009.

C’est cet engagement pris devant le président des Etats-Unis qu’Avigdor Lieberman, chef du parti d’extrême droite Israël Beiteinou, a déclaré « invalide » parce que, rappelle-t-il, il n’est ratifié ni par le gouvernement israélien ni par la Knesset. Ce retour à la ligne suivie par les gouvernements d’Ariel Sharon et d’Olmert, à ses débuts, a été avalisé par le nouveau premier ministre, Benyamin Netanyahu. Il ne constitue pas de bonne nouvelle pour Barack Obama, qui s’était engagé à œuvrer vigoureusement pour la solution des deux Etats.

La volte-face israélienne signifie qu’il n’y aura pas de négociations sérieuses dans un avenir immédiat. La Feuille de route de 2003 impliquerait en effet que le président Abbass soit en mesure — mais il en est loin — de reprendre le contrôle de la bande de Gaza, d’où ses forces ont été chassées par le Hamas en juin 2007. Avigdor Lieberman subordonne tout progrès vers la paix au désarmement des militants du Hamas à Gaza.

Les positions de Lieberman semblent destinées à permettre à l’Etat hébreu d’éluder ses obligations. Le plan de paix international exige notamment d’Israël un « gel » de ses activités de colonisation, or ni Lieberman ni Netanyahu n’y sont favorables. Mais, in fine, en présentant la Feuille de route comme l’unique référence du gouvernement, Lieberman lie Israël sur un point que n’a cessé d’éluder Netanyahu : l’objectif ultime d’un Etat palestinien. Le document demande en effet à Israël une déclaration sans équivoque affirmant son attachement à une vision de deux Etats : un Etat palestinien souverain, viable et indépendant vivant dans la paix et la sécurité aux côtés d’Israël.

 




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