Poisson.
Une de nos lectrices exprime sa peur bleue de consommer du
poisson lors de Cham Al-Nessim. Cause : la catastrophe du
Basa importé …
Le fessikh toxique aussi ?
Il
ne reste que quelques jours pour fêter Cham Al-Nessim. A
cette occasion, les Egyptiens se gavent de poissons de
toutes sortes, notamment le fessikh (le poisson salé). Mais,
cette fois-ci, les préparatifs sont lents, car ils craignent
l’achat du poisson à la suite de la publication d’articles
sur le Basa vietnamien vendu dans les marchés à un prix
modéré (8 L.E. le kilo). De nombreux citoyens en ont
consommé en ignorant qu’il est toxique par la présence de
mélamine et de monoxyde de carbone. L’affaire nous a choqués
et a bouleversé notre vie.
Des questions se posent : comment ce genre de poisson a-t-il
été importé depuis trois ans ? Où est le ministère de la
Santé ? Où sont les services de contrôle ? Est-ce que le
fessikh sur le marché est propre à la consommation ?
On ne sait pas où donner de la tête !
Galila Mohamed,
Cité du 6 Octobre.
L’incrédulité des autres ne légifère pas la nôtre
C’est avec un intérêt particulier que je lis les différentes
réactions émises çà et là en vue de dénoncer le mandat
d’arrêt de la Cour Pénale Internationale (CPI) à l’endroit
du président soudanais en exercice, Omar Al-Béchir.
En effet, on peut observer un soutien tous azimuts de la
part de la communauté arabo-musulmane et même au-delà à
l’égard du président soudanais, soutien qui, à mon avis,
reste dénué de tout esprit d’analyse, encore moins
d’objectivité. Les détracteurs de la CPI justifient leur
prise de position par le fait que ladite cour aurait agi
sous la pression de Washington, dont la soif de pétrole ne
cesse de faire des dégâts : le dernier en date est celui de
l’Iraq. Et donc que le président Béchir, pro-chinois, serait
un obstacle pour les Américains qui cherchent à tout prix à
s’emparer du pétrole au Soudan.
Mais qui a dit que l’incrédulité et les erreurs des autres
légiféraient les nôtres ? Peut-on affirmer avec force et
sans scrupule que le président soudanais est tout à fait
innocent de tous les chefs d’accusation qui lui sont
reprochés ? Au risque même de faire preuve d’indifférence à
la pléthore des victimes qu’a enregistrées ce conflit
jusqu’à nos jours ? Je crois, à mon avis, qu’il va falloir
faire face à ce conflit aussi gravissime, se poser des
questions de fond et les poser avec acuité. La subjectivité
des uns et des autres ne ferait que renforcer des gens dont
le seul intérêt à leurs yeux est celui de s’enrichir et de
s’engraisser. Ces gens, dont la seule philosophie est celle
de « le chien aboie, la caravane passe », peu importe si
cette caravane laisse derrière elle cris, pleurs et autres
cris de détresse. La honte pour eux est une valeur, une
gloire, une vertu. Du regard des autres ils s’en moquent.
ils n’ont que faire du qu’en-dira-t-on ?
Comment comprendre qu’un président de la République dont
l’une des missions régaliennes consiste à protéger la
population dont il en a la charge, de façon à la mettre hors
de tout danger, puisse entretenir des milices ? L’armée
républicaine n’est-elle pas la seule légitime dans un pays
qui se veut responsable ? Et lorsque l’on entretient des
milices, pourriez-vous nous dire qui ces milices combattent
?
Je finirai mon propos par ce constat que l’on pourrait
assimiler à de la simple hypocrisie des pays de la Ligue
arabe à l’égard du président soudanais. En effet, si vous
l’avez remarqué, aucun pays arabe n’a demandé l’annulation
pure et simple du mandat d’arrêt, mais tous, sans exception,
ont réclamé un ajournement, voire un report du mandat. Allez
savoir pourquoi !!!!!
Bruce Moussavou Mouaga,
France.
De quelle liberté parlons-nous ?
Je ne vais pas parler de la liberté en général, mais plutôt
de la liberté d’expression pour les jeunes. Est-ce que les
jeunes ont le droit de parler ?
Chaque jeune a besoin de donner son avis personnel. La
première dame d’Egypte, Suzanne Moubarak, a réalisé notre
rêve. Elle a dit que la liberté d’expression est l’un des
droits essentiels pour les jeunes et elle en a parlé, mais
malheureusement, cela n’a pas été appliqué.
Tout d’abord, chacun d’entre nous a des rêves et des visions
qu’il veut exprimer. Je vais vous donner un simple exemple.
De temps à autre, je prends un papier pour m’exprimer et
juste après quelques mots, je m’arrête, pas parce que je
n’ai rien, mais j’imagine la réaction des autres. «
Qu’est-ce qu’ils vont dire ? ». Et à la fin, l’idée
commence, se prolonge et se termine dans l’imagination sans
être exprimée. Pour évoluer et aller toujours vers l’avant,
il faut s’exprimer et donner notre opinion. Je suis un
membre utile dans la société qui a des devoirs et a le droit
de parler librement.
Nous sommes en 2009, il faut réinventer le monde pour
arriver à ce que l’on veut. Avoir le courage de se battre
pour ses convictions tout en respectant celles des autres
pour résoudre nos problèmes. Dire « NON », ce n’est ni chose
compliquée ni difficile, mais je ne pense pas qu’il faut
s’éloigner des traditions et des coutumes, mais plutôt être
indépendant, avoir beaucoup de principes et pouvoir
distinguer ce qui est juste de ce qui est faux.
Puis, on peut aller vers une autre planète, créer et
construire une autre vie avec un air frais et rendre
compatible la terre avec l’espace. Nous serons dans un monde
formidable, deviendrons des créateurs et capterons l’espace,
et pourquoi pas le temps ?
Finalement, ce n’est pas seulement mon rêve, mais c’est
aussi celui de tous les jeunes. Il faut réaliser le bien
dans notre vie à la recherche du succès en donnant notre
point de vue personnel et en nous exprimant librement pour
conquérir l’avenir.
Mariam Ahmed,
Le Caire.
Que reste-t-il de Camp David ?
Tout d’abord, je présente mes sincères salutations à toute
l’équipe d’Al-Ahram Hebdo pour les grands efforts fournis.
Beaucoup de variétés dans les sujets, le choix des sujets et
aussi les photos. Permettez-moi de commenter l’article nommé
« Le prix de la paix », publié dans le numéro 759 de votre
journal.
Le 30e anniversaire de la signature des accords de paix
égypto-israéliens, le 26 mars 1979, intervient dans un
contexte régional qui fait raviver le débat autour de cet
épisode problématique dans l’histoire égyptienne et arabe.
Une commémoration à l’image d’une paix caractérisée depuis
toujours comme « froide ». Cet anniversaire des accords de
paix égypto-israéliens intervient alors qu’Israël se dote
d’un gouvernement basculant vers l’extrême droite.
L’Egypte serait-elle prête à « oublier » les remarques
insultantes d’Avigdor Lieberman, ministre des Affaires
étrangères, qui a déclaré récemment que le président
égyptien pourrait « aller au diable » s’il continuait à
refuser de visiter Israël ? Il a menacé aussi par le passé
de bombarder le Haut-Barrage d’Assouan.
Lors de la plus forte offensive israélienne meurtrière
contre Gaza fin 2008, plusieurs députés affiliés à la
Confrérie des Frères musulmans ont appelé le régime égyptien
à déclarer comme caducs les accords de paix avec Israël. Je
pense que l’Egypte est bien capable d’assumer les
conséquences de l’annulation de ces accords.
La plus grande majorité des Egyptiens n’ont jamais été
favorables à la signature de ces accords ; aujourd’hui, peu
sont ceux qui sont pour l’ère sadatienne.
Après la guerre de 1973 qui a permis aux Egyptiens de se
laver de l’affront de la Naksa, ces derniers peuvent
désormais entamer des pourparlers d’égal à égal avec leurs
voisins israéliens. Une solution négociée permettrait à
l’Egypte de libérer son territoire, de rétablir son
leadership érodé dans le monde arabe et de relancer
l’économie en s’ouvrant aux investissements étrangers.
Son succès de récupérer le Sinaï occupé depuis 1967 lui a
valu d’être accusé par ses pairs arabes de « traître » qui a
conclu un accord séparé avec l’ennemi.
En effet, depuis son accession au pouvoir en 1981, le
président Moubarak a choisi de respecter les engagements de
son prédécesseur et les accords de paix, même si, pour
absorber un mécontentement populaire évident, il a choisi de
limiter au minimum le champ des relations bilatérales, ou du
moins leurs aspects les plus manifestes. Le choix de la
paix, lui, est au-dessus de toutes divergences.
L’Egypte a évité de nouvelles guerres, mais c’est aussi vrai
que ces accords l’ont mise dans la position du perdant qui
fait tout ce que lui demande le vainqueur.
Cela dit, les deux opposants sont d’accord sur le fait qu’il
n’est pas question aujourd’hui de parler d’une « annulation
» des accords de paix avec Israël. Ce qu’ils souhaitent en
revanche, c’est que l’Egypte s’exempte de certains
engagements « cachés » impliqués par ces accords, notamment
l’exportation du gaz naturel vers Israël.
Mohamad Hassan,
Damiette.