Palestine.
Les discussions menées au Caire par le Hamas et le Fatah
achoppent notamment sur la question du programme du prochain
gouvernement, tandis que des progrès ont été enregistrés sur
d’autres dossiers épineux.
Des négociations en dents de scie

Les
cinq groupes de travail mis en place le 26 février pour
traiter des principaux sujets de désaccords entre le Fatah
et le Hamas poursuivent toujours leurs discussions au Caire.
Les cinq commissions qui travaillent à huis clos, sous le
patronage de l’Egypte, portent sur la création d’un
gouvernement d’entente, la réconciliation, la refonte des
services de sécurité, la réorganisation de l’Organisation de
Libération de la Palestine (OLP) et la préparation des
élections présidentielles et législatives. Elles devraient
soumettre les résultats de leurs discussions à l’arbitrage
d’un comité directeur qui inclurait des responsables
égyptiens. Elles doivent aboutir d’ici le 22 mars, date
prévue selon plusieurs négociateurs palestiniens au Caire
pour la conclusion d’un document final sur cette
réconciliation.
Des discussions qui traînent en longueur malgré l’échéance
de la fin du mois au maximum, signe d’un climat relativement
tendu et de négociations difficiles. En effet, on assiste
tantôt à la naissance d’un brin d’espoir, tantôt à la
disparition de cet espoir. Car les divergences sont
profondes. Et touchent à de nombreuses questions épineuses.
Pour l’heure, les progrès enregistrés concernent la
réconciliation et les élections. « Mais des divergences
subsistent sur la composition et le programme d’un
gouvernement d’entente nationale », a dit lundi à l’AFP
Abdel-Rahim Mellouh, membre de l’exécutif de l’OLP.
Pour ce qui est des points d’accords, plusieurs
participants, dont le député indépendant Moustapha
Barghouthi, ont fait part de la conclusion d’un accord
dimanche soir sur la tenue des législatives et de la
présidentielle avant fin janvier 2010. Selon Wassil
Abou-Youssef, secrétaire général du Front Populaire de
Libération de la Palestine (FPLP) dont les propos ont été
repris par l’agence égyptienne Mena, les délégués ont fixé
le 25 janvier 2010 comme date butoir. Le Hamas refuse
jusqu’ici la tenue de nouvelles législatives avant la fin du
mandat du Parlement actuel, qu’il domine, en janvier 2010.
Il exige en revanche un scrutin présidentiel, faisant valoir
que le mandat de M. Abbass à la tête de l’Autorité
palestinienne s’achevait normalement le 8 janvier 2009, ce
que le Fatah conteste.
En revanche, les divergences portent, selon M. Mellouh, sur
les engagements que devrait prendre le gouvernement pour
s’ouvrir à la communauté internationale et sur la
composition du gouvernement. Deux questions de grande
importance. Le Hamas est appelé dans ce contexte à
reconnaître les accords conclus par l’OLP, qui a accepté la
création d’un Etat palestinien aux côtés de l’Etat hébreu et
a renoncé à la violence, en vue de sa participation à un
gouvernement d’entente nationale. Un tel engagement, exigé
également par la communauté internationale, notamment les
Etats-Unis et l’Europe, signifierait une reconnaissance,
bien qu’indirecte, d’Israël par le Hamas. Le Fatah insiste
pour que son rival islamiste « se conforme aux » accords
déjà conclus avec Israël, mais le Hamas refuse de s’engager
sur ce point. Ce dernier a proposé de modifier la
formulation, en employant le verbe « respecter » au lieu de
« se conformer à ». Mais cette proposition ne satisfait ni
les Etats-Unis, ni Israël, ni leurs alliés occidentaux. A
cet effet, le porte-parole du mouvement islamiste
palestinien, Fawzi Barhoum, a déclaré : « Le Fatah doit
tirer les conclusions de plusieurs années de négociations
avec Israël au cours desquelles ce mouvement a appliqué à la
lettre ses engagements sans contrepartie de la part de l’Etat
hébreu ».
Divergences sur le gouvernement
Outre cette question essentielle non seulement pour la
réconciliation nationale, mais aussi pour le conflit
israélo-palestinien, les rivaux palestiniens sont aussi en
désaccord sur la question cruciale de la formation d’un
futur gouvernement d’entente nationale qui serait chargé
notamment de préparer ces scrutins. Les deux parties ne
s’accordent pas pour décider si le futur gouvernement doit
être composé de représentants des divers groupes politiques
ou de technocrates non partisans, comme le souhaitent l’Egypte
et les pays occidentaux. Ils ne sont pas parvenus non plus à
s’entendre sur une loi électorale, que ce soit sur le mode
de scrutin ou les circonscriptions, ont déclaré Abou-Youssef
et Walid Al-Aouad, représentant du Parti communiste
palestinien.
Walid Al-Aouad, représentant du Parti Communiste
palestinien, a précisé que le PC palestinien avait suggéré
un compromis selon lequel le futur premier ministre et six
ministres, ceux des Affaires étrangères, de l’Intérieur, de
l’Information, de l’Education, de la Reconstruction de Gaza
et des Finances reviendraient à des personnalités
indépendantes. Les autres seraient attribués en fonction de
critères politiques.
Or, les deux questions semblent étroitement liées. « Le
problème est le programme du gouvernement », a dit le
porte-parole du mouvement islamiste Fawzi Barhoum. Le Fatah
a demandé au Hamas, en vue de sa participation au
gouvernement, de « s’engager à reconnaître les accords
conclus » par l’OLP, qui a accepté la création d’un Etat
palestinien aux côtés de l’Etat hébreu et renoncé à la
violence. « Nous devons former un gouvernement palestinien
qui n’a rien à voir avec les conditions des Etats-Unis ou
d’Israël », a dit M. Barhoum qui a réitéré le refus de son
mouvement de s’engager à respecter les accords passés avec
Israël par les gouvernements dirigés par le Fatah et par
l’OLP. Tout en ajoutant : « Pourquoi devons-nous former un
gouvernement sur la base des critères dictés par les
Etats-Unis et Israël ? ».
Abir
Taleb