Nouvelles.
Sadisme du jeune bloggueur et
psychiatre Mohamad Al-Ghazali (Dar
Oktob, 2009) est un best-seller,
après un succès remarquable au Salon du livre du Caire.
Arrivé à sa deuxième édition au bout de 3 semaines, Sadisme
met sous la loupe peur, faiblesse, complexe et maladie.
La bête humaine dénudée
Au-delà
du titre de l’ouvrage, il ne s’agit pas d’un livre sexuel,
ni d’une version moderne des livres du Marquis de Sade.
Sadisme est un recueil de nouvelles sorties pendant le Salon
du livre du Caire 2009 et depuis ne cesse de faire un succès
foudroyant. Mohamad Al-Ghazali, chercheur en psychologie à
l’Université de Aïn-Chams, y expose toute son expérience,
ses études depuis des années et avant tout son caractère.
D’après Ghazali, il ne faut pas se ruer sur les psychologues
dès que l’on traverse une crise qu’on ne peut affronter, il
faut plutôt essayer de parler ouvertement à un
professionnel. « C’est le rôle que joue l’analyste
psychologique, il est plutôt là pour écouter sans juger et
donner un avis neutre. C’est mon travail et ce qui m’a
poussé à écrire ce livre », réplique-t-il.
Dans les huit nouvelles qui composent le recueil : Khetet
Napoléon (plan de Napoléon), Ressala men onsa (lettre d’une
femelle), Al-Badeel (le remplaçant), Al-Faracha (le
papillon), Sadisme, Asser, Tabaane ana molhed (bien sûr je
suis athée) et Al-Badine (l’obèse), des cas différents
dressent chacun sa propre histoire, quelquefois en la
racontant à la première personne du singulier et d’autres
fois en étant les protagonistes d’un récit narré. On y note
une importante prégnance religieuse et une réflexion des
goûts de Ghazali. « La religion fait partie de ma vie »,
déclare-t-il. « Ce n’est donc pas étrange de la trouver dans
mes écrits ». Une chose qui rassurera sûrement ceux qui
comptaient le critiquer pour sa nouvelle Tabaane ana molhed.
Les jeunes gens sont les essentiels protagonistes des
nouvelles, une jeune femme, un jeune joueur d’échecs, des
jeunes étudiants à l’université, Ghazali expose les
problèmes de son âge et les crises psychologiques qu’il
suscite. Pour la plupart des caractères, les complexes
qu’ils ont sont le résultat d’une mauvaise expérience et
constituent le motif expliquant leurs comportements, même
les plus extravagants d’entre eux, à l’exception du
caractère de Chérif, personnage principal de Sadisme, la
nouvelle qui donne son titre au recueil. « Lui, il est
malade par définition et c’est une maladie grave qui
nécessite une surveillance et une assistance professionnelle
», explique Ghazali. « Les autres protagonistes des 7 autres
nouvelles sont, eux, des gens normaux qu’on croise tous les
jours. Car il faut bien le mentionner, toute personne
normale passe à un moment donné par une crise psychologique
», ajoute-t-il.
Dans un style zolaien, Ghazali raconte des histoires
commençant toujours par leurs fins, où les faits sont
accomplis et les conclusions sont déjà tirées. Dans un texte
composé essentiellement de dialogue entre personnages ou
interne, il établit constamment un parallélisme entre la vie
réelle avec ses détails les plus banals et le dialogue
interne de l’être humain, qui reflète tous ses complexes,
toutes ses peurs et ses faiblesses.
Le dialogue peut être sous forme d’hallucinations, de
poèmes, de contes et va même jusqu’à ressembler à une scène
de théâtre comme dans Al-Faracha où les personnages sont
guidés par le narrateur qui lui-même finit par faire partie
de la scène et joue.
Une expérience audacieuse de la part de son auteur et de la
maison d’édition Oktob qui est le refuge des jeunes
écrivains indépendants et des bloggeurs qui souhaitent
publier leur travail. Une chose que la maison d’édition n’a
sûrement pas regrettée, puisque le livre est à sa seconde
édition un mois après sa sortie.
Dina
Abdel-Hakim