Al-Ahram Hebdo, Opinion
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 16 au 22 décembre 2009, numéro 797

 

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Opinion

Abdel-Moneim Saïd

Richard Labévière

Hussein Ramzi
 

Gamal Moustapha


Edito

Edulcoration 

L’Union Européenne (UE) accuse Israël d’essayer de diviser ses 27 membres pour revenir sur une résolution adoptée la semaine dernière appelant à faire de Jérusalem la capitale partagée d’Israël et d’un futur Etat palestinien. L’adoption de cette résolution avait provoqué une vive réaction de l’Etat hébreu, qui considère l’ensemble de Jérusalem, y compris sa partie orientale — occupée lors de la guerre des Six jours en 1967 — comme sa capitale éternelle et indivisible. La communauté internationale n’a jamais reconnu cette annexion. Les Palestiniens revendiquent la partie Est de la ville comme capitale de leur futur Etat.

Un responsable européen a affirmé qu’Israël avait mené un lobbying intensif auprès des ministres des Affaires étrangères des 27 pour adoucir une version précédente du texte qui prévoyait explicitement de faire de Jérusalem-Est la capitale d’un futur Etat palestinien. Au final, les chefs de la diplomatie des Vingt-Sept ont abandonné cette formulation dans leur déclaration finale, tout en réitérant les positions de principe européennes, notamment qu’il n’était pas question de reconnaître l’annexion de Jérusalem-Est par Israël. Ils ont confirmé leur refus d’accepter les changements de frontières survenus après cette date, « autres que ceux acceptés par les deux parties ». Une manière de laisser la porte ouverte à une modification de sa position dans le cadre d’un éventuel accord de paix global, et d’apaiser Israël. Ces formules ont fait l’objet d’intenses tractations pendant plusieurs jours entre pays européens, divisés entre eux sur la question et mis sous pression par des protestations préventives israéliennes. Début décembre, Israël avait sèchement mis en garde l’UE contre une reconnaissance de Jérusalem-Est comme capitale d’un futur Etat palestinien, avertissant qu’une telle initiative mettrait à mal la crédibilité de l’UE en tant que médiateur dans le conflit du Proche-Orient.

L’initiative du texte avait été lancée par la présidence suédoise de l’UE. Mais contrairement à ce que souhaitait Stockholm à l’origine, les ministres européens ont refusé d’être plus explicites sur les contours d’un futur Etat palestinien. Alors qu’un premier projet de texte suédois précisait clairement que le futur Etat palestinien devait être composé de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est, la version finale indique simplement que le futur Etat palestinien doit être « contigu (à Israël) et viable ».

Plusieurs pays, dont l’Allemagne, l’Italie et la République tchèque, ne souhaitaient pas qu’on impose une solution à Israël. D’autres ministres européens auraient voulu que l’UE, principal bailleur de fonds des Palestiniens et traditionnellement plus à l’écoute de leurs préoccupations que les Etats-Unis, se montre plus directe sur ce sujet délicat. Il s’agit notamment de la France, de la Finlande, du Portugal et de Luxembourg.

 

 

 




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