Palestine.
Israël a décidé dimanche d’octroyer des subventions
supplémentaires aux colonies, pourtant censées être sujettes
à une suspension.
Les
contradictions d’Israël
Les agressions des colons
israéliens contre les Palestiniens ont repris de plus belle.
Mais cette fois, les colons ont opté pour des actes
blasphématoires. Le week-end dernier, c’était au tour de la
principale mosquée du village de Kafr Yassuf, près de
Naplouse en Cisjordanie, d’être la cible de leurs attaques.
Le résultat est déplorable : des livres de prières et des
Corans brûlés, un tapis incendié et des graffitis sur les
murs de la mosquée.
La réaction d’Israël ne
s’est pas fait attendre. Dans un communiqué officiel,
Benjamin Netanyahu, premier ministre israélien, a dénoncé «
l’agression contre la mosquée » et a déclaré avoir « donné
l’ordre aux forces de sécurité d’agir avec détermination
pour trouver les coupables et les traduire en justice ».
Mais les Palestiniens le savent bien : ces promesses restent
purement rhétoriques ; les coupables ne risquent ni de faire
l’objet d’une enquête sérieuse et encore moins d’être
condamnés. D’ailleurs, de leur point de vue, c’est bien
l’armée et le gouvernement israéliens qui portent la
responsabilité de ces agressions en laissant les colons
extrémistes agir contre les Palestiniens, depuis des
décennies et en toute impunité. Il y a à peine deux semaines,
dans un autre village situé également près de Naplouse, les
colons juifs avaient incendié une maison et trois véhicules
appartenant à des Palestiniens sans que les autorités
israéliennes ne prennent des mesures contre ces extrémistes.
« Zones de priorité nationales »
Le président palestinien a
donc lancé un appel au gouvernement israélien pour « stopper
les attaques des colons » qui risquent de s’intensifier. Les
colons n’ont pas caché leur intention de multiplier les
agressions contre des cibles palestiniennes pour protester
contre la récente décision de Netanyahu de suspendre
temporairement la construction de colonies en Cisjordanie.
Et ce en dépit du fait que la décision en question ne
concerne qu’une suspension temporaire de dix mois.
Plus encore, elle ne concerne pas la majeure partie des
colonies à l’intérieur ou à l’extérieur de la ville sainte
qui pourtant englobe une grande partie de la Cisjordanie, ni
même les 3 000 logements en cours de construction.
Mais les contradictions
israéliennes ne s’arrêtent pas là. Dimanche dernier, l’Etat
hébreu a déclaré son intention d’octroyer des subventions
supplémentaires à des colonies en Cisjordanie en leur
accordant le statut de « zones de priorité nationales ».
Quelque 110 000 colons pourront désormais bénéficier d’une
importante aide économique et d’une aide financière qui
s’élève à environ 28 000 dollars.
Cette décision inquiète
dans la mesure où le plan concerne des colonies comme Ariel,
Kiryat Arbat à Hébron, ou encore Itamar, Betar Illit, Elon
Moreh, qui sont en fait dispersées en Cisjordanie. Elles ne
font pas partie du très controversé « Grand Jérusalem »
puisqu’elles ne sont pas rattachées au grand bloc de
colonies Maale Adoumim et Goush Etzion que les Israéliens
ont déclaré vouloir annexer. En cas d’un accord de paix avec
les Palestiniens, elles auraient même pu être les premières
démantelées. Mais pour le moment, le processus de paix ne
semble pas faire partie de l’agenda israélien. D’ailleurs,
ces colonies qui sont devenues des « zones de priorité
nationales » sont en fait censées être concernées par la
suspension temporaire décrétée le mois dernier par le
gouvernement israélien. Ainsi, d’un côté, les Israéliens
déclarent geler les activités coloniales dans certaines
implantations et d’un autre, ils décident de développer ces
mêmes colonies ...
Pourquoi une telle
contradiction ? Netanyahu en décidant un gel partiel de
certaines colonies voulait apparaître aux yeux de la
communauté internationale comme le parti qui fait des
concessions aux Palestiniens. Mais en aucun cas, le
premier ministre israélien ne comptait mettre fin à sa
politique de fait accompli sur le terrain. Au contraire, la
construction des 3 000 nouveaux logements va permettre à 10
000 colons juifs supplémentaires de venir y habiter. C’est
en tout cas ce que vient de déclarer Benyamin Begin,
ministre israélien sans portefeuille et fils de l’ancien
premier ministre israélien Menahem Begin. Une provocation
envers les Palestiniens, certes. Mais qui a surtout pour but
d’apaiser les colons israéliens qui ont protesté contre
toute suspension d’activité coloniale. Et pour les
Israéliens, l’avis des colons passe avant celui de la
communauté internationale qui, en règle générale, ne fait
que protester verbalement sans prendre de mesure qui
pourrait dissuader les Israéliens de modifier leur
politique. Pour les Palestiniens, le plan israélien ne fait
que confirmer ce qu’ils savaient déjà : le moratoire annoncé
par Israël n’était qu’en fait une « nouvelle comédie »
israélienne.
Heba
Zaghloul