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Richard Labévière
EDITO
Sur la défensive
La recrudescence de la violence dans la capitale jette un doute sur la capacité du premier ministre
iraqien, Nouri Al-Maliki, à maintenir
la sécurité dans le pays à trois mois
des élections législatives,
prévues le 16 janvier. Après
le double attentat qui a fait 155 morts
et un demi-millier de blessés, Maliki se trouve en position délicate, cible des critiques de ses anciens alliés chiites avec lesquels il a rompu pour créer sa propre
liste en vue des prochaines législatives.
Se posant
comme l’homme ayant rétabli la sécurité après des années de
chaos et de violence, Maliki
a une fois de plus accusé les pays voisins de laisser les ennemis du régime iraqien préparer des attentats depuis leurs territoires.
Ses adversaires
jugent cependant facile de
se défausser ainsi. L’attaque la plus vive est venue
des partis chiites : le Conseil Suprême
Islamique d’Iraq (CSII) et
la formation du chef radical Moqtada
Sadr, regroupés dans l’Alliance Nationale Iraqienne (ANI).
L’Iraqien de la rue
a tendance à imputer la montée de la violence à la persistance des luttes politiques intestines à l’approche de cette échéance électorale cruciale et craint
que le pire de la violence ne soit encore à venir. Plusieurs
Iraqiens font ainsi clairement le lien entre la
violence dans la rue et l’approche
des élections, qui ont donné lieu à des affrontements politiques au Parlement au sujet de la loi électorale, notamment à Kirkouk,
grande ville du nord à
population mixte. Pour eux,
le message est clair : la multiplication des attentats
hautement meurtriers vise à décrédibiliser le premier ministre chiite qui a fait de l’amélioration de la sécurité ces derniers mois
son cheval de bataille pour le prochain
scrutin.
Les élections
de janvier doivent notamment porter sur les progrès réalisés par le gouvernement Maliki en matière de sécurité après près de sept ans
de guerre, ainsi que sur les questions lancinantes des
coupures de courant et du partage des richesses pétrolières. De
nouveaux attentats sont prévisibles de la part des groupes
extrémistes désireux de perturber les législatives à l’approche de ce second scrutin
d’ampleur nationale depuis l’invasion de 2003, qui attise les rivalités politiques.
Même si celle-ci n’est
pas aussi grave qu’au lendemain de l’invasion anglo-américaine en 2003, la sécurité
reste précaire et les responsables iraqiens craignent que les attentats, comme ceux de la semaine dernière, ne fassent replonger
le pays dans des affrontements
intercommunautaires.