Sur
la défensive
La
recrudescence de la violence dans
la capitale
jette un
doute
sur la capacité
du premier
ministre
iraqien,
Nouri Al-Maliki,
à
maintenir la sécurité
dans le pays
à trois
mois des
élections
législatives,
prévues le 16
janvier. Après le double
attentat qui a fait 155
morts et
un demi-millier de
blessés,
Maliki se
trouve en position
délicate,
cible des critiques de
ses
anciens alliés
chiites avec
lesquels
il a
rompu pour créer
sa
propre liste en
vue des
prochaines législatives.
Se
posant
comme l’homme
ayant
rétabli la sécurité
après des années de chaos
et de violence,
Maliki a
une
fois de plus accusé
les pays voisins de
laisser les
ennemis
du régime iraqien
préparer des
attentats
depuis
leurs territoires.
Ses
adversaires
jugent
cependant facile de se
défausser ainsi.
L’attaque la plus vive
est venue des
partis
chiites
: le Conseil
Suprême
Islamique d’Iraq
(CSII) et la formation du
chef radical Moqtada
Sadr,
regroupés dans
l’Alliance
Nationale
Iraqienne (ANI).
L’Iraqien
de la rue a tendance
à imputer la
montée de la violence
à la
persistance des luttes
politiques intestines
à
l’approche de cette
échéance
électorale
cruciale
et craint
que le
pire de la violence ne
soit encore
à venir.
Plusieurs
Iraqiens font
ainsi
clairement le lien entre
la violence dans la rue et
l’approche des
élections, qui
ont
donné lieu à des
affrontements
politiques au
Parlement au
sujet de la
loi
électorale, notamment
à
Kirkouk, grande
ville
du nord
à population
mixte. Pour
eux, le message
est
clair
: la multiplication des
attentats hautement
meurtriers vise
à
décrédibiliser le premier
ministre chiite qui a
fait de l’amélioration de la
sécurité
ces
derniers mois son
cheval de bataille pour le
prochain
scrutin.
Les
élections de
janvier
doivent notamment
porter sur les
progrès
réalisés par le gouvernement
Maliki en
matière de
sécurité après
près de
sept ans de guerre,
ainsi
que sur les questions
lancinantes des
coupures de courant
et du
partage des
richesses
pétrolières. De nouveaux
attentats
sont
prévisibles de la part des
groupes extrémistes
désireux de
perturber les
législatives
à
l’approche de
ce second
scrutin
d’ampleur nationale
depuis
l’invasion de 2003, qui
attise les rivalités
politiques.
Même
si
celle-ci n’est pas
aussi grave
qu’au
lendemain de l’invasion
anglo-américaine en 2003, la
sécurité
reste
précaire et les
responsables
iraqiens
craignent
que les
attentats, comme
ceux de la
semaine
dernière, ne
fassent
replonger le pays dans
des affrontements
intercommunautaires.